‹ Le Capitole romain antique et moderne: La Citadelle, les temples, le Palais sénatorial, leChapitre 38 sur 88 · TRANSFORMATION DES PALAIS · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DES PALAIS

rence ; au rez-de-chaussée sont des arcades dans la première desquelles, à gauche, se voit la tête gigantesque de Domitien. Au milieu, de part et d'autre de l'entrée, sont les deux figures représentant des fleuves que l'on transporta successivement dans le courant du siècle au pied de l'escalier du palais sénatorial*, La Louve, donnée par Sixte IV, se trouvait toujours au-dessus de la porte, au centre de la façade*. Dans le plan de Pinardo (i555), dans celui^de Fabio Lici (i557) et même dans les plans postérieurs de Dosio et de Cartaro, le palais des conservateurs apparaît comme une demeure basse et sans architecture.

A l'une des extrémités de la déclivité qui va de l'église S. Maria Aracœli à la place, se dresse un obélisque posé sur quatre lions accroupis'. Des colonnes sont dispersées aux alentours qui vont également disparaître lors de la réfection de la place. A côté

I. Ces deux groupes, présent du pape Léon X, semblent être du temps des Antonins ; ils venaient du temple de Sérapis, situé sur le Quirinal ; on avait d'abord pensé qu'ils représentaient Saturne et Bacchus; en i5i3, Fulvio les vit encore au Quirinal» appelé alors Monte Cavallo à cause des statues des Dioscures qui s'y trouvaient; il les prit pour des représentations d'Achille et d'Istré, in quorum manibus stat pleno copia cornu. Voir Michaelis, art. cité, p. it sqq. Ce fut^n i5i7 qu'ils furent transportés au Capitole, moyennant le prix de quatre-vingts ducats. (Lanciani, Storia degli Scavi di Roma, p. i83). L'une des deux figures, celle qui représentait le Tigre, avait un tigre à ses côtés; on le remplaça par une louve et elle prit le nom de Tibre qui convenait mieux à la place qu'on lui destinait. Ce changement se fit vers le milieu du siècle. Gamucci parle encore d'un tigre, en i565, ainsi que Aldrovandi, qui écrit en i55o(p. 269); Vasari, d'une louve en i568; d'ailleurs, un texte illustrant une gravure de Cavalieri mentionne ce changement : • Antiqua statua Tygridis fluvii marmorea quant recentiores statuarii Tiberi accomodarunt.... » L'autre groupe représentait le Nil. MicHAELis, p. 29, cite un texte de 1649 qui semble prouver que ce l'ut vers ce temps que le transport des groupes devant le palais sénatorial eut lieu : « Hoggi amendue questi simulacri si tolgono da questo luogo per riporti davanti al palazio di Campidoglio e ne hanno gia tolto via uno. » Cependant Lucio Mauro, qui écrit en i556, dit, p. 11 : « Dinanzi la casa de conservatori su la piazza si veggono duo gran simulacri di marmo che sono duo fiumi il Nilo e Tigri pure la Nera e'I Teverone che amendue col Tevere si congiungono. » Aldrovandi dit : > A pie del palagio del Campidoglio sono duo gran simulacri marmorei di duo fiumi; l'uno è il Nilo.. .y l'altro è Tigre.... Non mancano già di quelli, che dicono, che queste statue siano de l'Aniene, e délia Nera.... » On sait qu'une statue du Nil se trouve au Vatican et une statue du Tibre au Louvre,, découvertes toutes deux sous le pontificat de Léon X, près de l'église S. Maria sopra Minerva ; elles provenaient apparemment du temple d'Isis.(HELBiG,n' 47.) — 2. « Eminet ante fores primoque in limine portas », dit Andréa Fulvio (i5i3) ; « ...Pro xdibus conservatorum * (1527). Ibid. ; «/« frontispicio ipsarum asdium » Marliani, dans Michaelis, p. 19. — 3. Il existait à cette place depuis longtemps. Antonio di Pietro en parle en l'année 1407 : « Vidi Dominum Nicolaum di Ursinis armatum, una cum dicto populo stantem equestrem cum multis aliis de gentibus armorum Pauli de Ursinis, stantem in platea Capitolii ante Gitliam

dicti Capitolii cum multis luminariis e:çpectantetn novam Muratori, R.

Italie. Script., XXl\\ç^4.

s'élevait le haut palmier qui fut longtemps Torgueil des Romains et qui fîg-ure sur toutes les représentations du Capitole.

Le plan de Kock, dessiné en i562, montre le palais sénatorial non encore modifié, mais l'une des statues a été placée au bas de Tescalier; le palais des conservateurs a déjà subi une première transformation ; au-dessus des arcades sont des fenêtres à croisillons surmontées d'un entablement; une troisième rangée de fenêtres s'ouvrent au-dessous du toit; à l'extrémité gauche se voit une espèce de loggia, rappelant celle du palais sénatorial et qui servait peut-être aussi de tribunal. La statue, de Marc- Aurèle figure au centre de la place.

En i565, sur le plan de Lafreri et dans le dessin reproduit par le professeur Lanciani, le palais sénatorial n'a pas .perdu tout à fait son aspect primitif, mais la loggia n'existe plus, l'escalier est construit, un mur de soutènement clôt la place du côté de l'église d'Aracœli.

Dans les représentations postérieures à cette époque, dans celle de Marcucci, par exemple, datant de 1625, le Capitole est figuré tel qu'il existe avec le campanile à trois étages qui ne fut élevé que dans les dernières années du siècle ; à droite se voit le palais des conservateurs achevé et à gauche le mur de soutènement, décoré alors d'une niche.

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