UNE VISITE AU CAPITULE
'\ Avant (V entreprendre Vhtstoire et de décrire les aspects
Z^ l successifs des monuments capitolins, il a paru utile de
z donner la description de Vétat actuel de la place et des trois
' palais qui l'entourent et d'^indiquer à qui en fait la visite
^ ce qui semble le plus digne d'' attention , >^
"^ T^LACE DU Capitole ET VOIES d'accès. — L'escalier monu- "^ r^ mental par lequel on accède de la place d'Aracœli au Capitole, est dû à Tarchitecte Giacomo délia Porta qui eut une grande part dans les travaux d'achèvement des palais capitolins. Il fut commencé en Tannée 1677 et promptement achevé (p. iSg). Les deux spfiinx que Ton voit au bas, de chaque côté, sont la reproduction de ceux qu'y fit placer Pie IV et qu'on avait découverts près de réglise Santa Maria supra Minerva ; les originaux se trouvent actuellement dans la cour du nouveau palais (celui de gauche), de chaque côté de la statue de Marforio. La substitution eut lieu en i885.
Le petit jardin triangulaire qui se trouve à gauche de Tescalier, entre celui-ci et Tescalier conduisant à l'égHse d'Aracœli fut, jusqu'en 1818, un dépôt d'immondices. On y voit actuellement une médiocre statue de Mazini représentant le tribun Cola di Rienzo et, un peu plus haut, une cage contenant des louves. Jadis les Romains conservaient un lion au Capitole (p. 175). A droite de l'escalier se trouve une rampe à quatre lacets par laquelle les voitures atteignent la place ; elle porte le nom de Via délie Tre Pile à cause des trois Piepates ou pots qui figurent
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dans les armes du pape Innocent XII, le créateur de cette ' voie, et qui sont représentés sur une borne assez élevée située au troisième tournant (p. 144).
Les deux groupes des Dioscures qui ornent le haut de Tescalier furent placés en cet endroit par les soins du pape Grégoire XIII, en i583 ; on les avait découverts une vingtaine d'années auparavant dans le ghetto et Valsoldo les avait restaurés. Michel-Ange, dans le projet de transformation du Capitole qu'il fit en i535 à Toccasion de la venue de l'empereur Charles-Quint, avait proposé de disposer deux groupes à cette place mais en long et se faisant face (p. 142).
La balustrade qui borde la place fut achevée en 1692 ; on y plaça, en iSgo, les trophées dits de Marius qui s'y voient encore; ils proviennent du « château de TAcqua Marcia » situé sur TÊsquilin (p. 142). A Tune des extrémités de la balustrade {Cordonata), fut disposée, vers la même époque, la borne milliaire qui marquait le premier mille sur la voie Appienne où elle avait été retrouvée en i583. Une autre borne milliaire, trouvée un peu plus loin, lui sert de pendant. Jadis une boule les surmontait Tune et l'autre (p. 142). Les deux statues de Constantin et de son fils Constance qui se voient entre les trophées et les colonnes ne furent amenées à cette place qu'en i653; elles étaient antérieurernent sur les degrés qui mènent de la place du Capitole à l'église d'Aracaeli. La base de la statue de Constantin existe encore à cette place; elle forme le coin de l'escalier et son nom s'y voit gravé. Une troisième statue, représentant le deuxième fils de l'empereur, figurait au même endroit; elle passa ensuite au musée du Capitole et se trouve actuellement au Latran où la fit transporter le pape Clément XII (1737). Ces trois statues avaient été découvertes dans les thermes de Constantin (p. 142, 199).
Cheval de Constantin. — Au centre de la place qui servit de marché jusqu'en l'année 1477, s'élève depuis i538, la statue équestre de Marc-Aurèle, érigée primitivement sur le Forum, puis amenée avant le ix^ siècle devant la
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basilique de Latran. On supposa longtemps qu'elle représentait l'empereur Constantin et que le sort de la ville était attaché à sa conservation. Ce fut ce qui en empêcha la destruction. Cette statue est un des plus beaux monuments de bronze qui nous soient parvenus. « Tous les autres chevaux de bronze doivent être les très humbles serviteurs de celui-là » disait le président De Brosses au xviii« siècle. D'aucuns assurent qu'en se plaçant en avant du cheval et un peu à gauche, on croit voir une chouette formée par les oreilles et une mèche de la crinière ; c'est à cette illusion qu'il faut sans doute attribuer l'étrange légende qu'on racontait au sujet de ce groupe (p. 128). L'idée d'en décorer le place du Capitôle est due à Michel Ange et ce fut la seule partie de son programme qui fut exécutée de son vivant. Thorwaldsen et l'architecte français Valadier y ont fait des restaurations en i836. Le bloc énorme qui lui sert de piédestal vient du forum de Trajan. Au xvii*^ siècle, le ' cheval de Constantin avait son gardien spécial (p. i36). Les degrés et le portique qui donnent accès d'une part au Monte Tarpeio et de l'autre à l'église Santa Maria Aracaeli, sont de Vignole (p. 189).
Palais sénatorial. — Le palais central est celui où le sénateur, magistrat judiciaire généralement étranger à la ville, rendait la justice civile et criminelle. Il s'élève à l'emplacement iqu'occupait au moyen âge le château fort dans lequel se réunissaient les représentants du peuple et que le pape Luce II tenta vainement de prendre d'assaut en 1145 (p. 63).
Façade. — La façade actuelle a été construite par Girolano Rinaldi sur les plans de Michel Ange et de Giacomo délia Porta; elle fut achevée sous le pontificat de Clément VIII, entre 1692 et i6o5. On l'a appliquée sur les anciennes constructions et l'on voit très nettement, de chaque côté, le point de suture (p. 149). L'escalier double qui mène à la grande porte date de 1682 ; la fontaine qui est au-dessous fut terminé en i588, non sans de grandes discussions entre le conseil communal qui voulait être
assuré qu'on y amènerait de Teau et le pape qui en avait proposé le plan. De fait, Teau n'y fut amenée que trente ans après, en 1619 (p. 148).
Les deux groupes qui ornent cette fontaine sont un présent du pape Léon X; ils paraissent dater du temps des Antonins et viennent du temple de Sérapis situé sur le mont Quirinal; ils furent transportés au Capitole en 1517. L'une des figures représentait le Tigre; on remplaça le tigré qui figurait à ses côtés par une louve et on en fit ainsi l'image du Tibre.
L'autre représente le Nil. Avant de décorer la façade du palais sénatorial, elles se trouvaient au pied du palais des conservateurs (p. 121). La statue de basalte rouge qui est au centre de la fontaine, était une Minerve ; on en a fait une représentation de Rome. Elle fut placée en cet endroit en 1692, remplaçant une statue plus grande. En 1614, on y fit certaines réparations; en i653, on lui refit le bras, le . nez, deux doigts ; plus tard, l'autre bras et presque tout le corps (p. 148).
Sur la façade, an-dessous du premier étage sont des plaques de marbre glorifiant la prise de Rome et portant les noms des soldats morts en cette circonstance, le 20 septembre 1870. Les plus basses remplacent des fenêtres par l'une desquelles, celle inférieure de droite, les prisonniers enfermés au Capitole, sollicitaient la charité des passants (p. 161).
Les fenétrçs du premier étage, construites en iSçS, éclairent la grande salle d'audience. A droite et à gauche de la grand'porte sont les armes du peuple et celles du royaume d'Italie; plus haut une inscription à la gloire de Clément VIII (1592-1605).
Campanile. — Le campanile que Michel Ange avait conçu peu élevé, a trois étages; il fut commencé en 1678 par Martino Lunghi dont le plan avait été adopté après concours, et terminé en deux ans. Le nom du pape, régnant, Grégoire XIII, se voit gravé an sommet, sur les quatre faces. La statue qui le surmonte fut enlevée durant le pontificat de Sixte-Quint qui ne voulait pas qu'une représenta-