‹ Le Capitole romain antique et moderne: La Citadelle, les temples, le Palais sénatorial, leChapitre 5 sur 88 · UNE VISITE AU CAPITULE. IX · texte numérisé non relu

UNE VISITE AU CAPITULE. IX

tion idolâtre fût placée au-dessus des cloches (i585) (p. 147). Ce fut en 1804 que le conseil communal fit installer la pendule qui orne le campanile; elle coûta 260 écus (p. 222). Du haut du campanile, on jouit d'une vue incomparable sur la ville et la campagne de Rome.

Façade orientale. — La façade du côté oriental, donnant dans la ruelle qui conduit à Tare de Septime Sévère {Via delV Arco di Setttmio), est la plus intéressante partie de rédiflce ; près de la place s'élève la tour de Martin V ainsi dénommée parce que ce pape la fit restaurer en 1427 ; dans la partie inférieure, se voient à droite en haut, près dé Tarète de la tour, les armes du sénateur Nicolo Tolosano (1544-1545), au-dessous, celles de la famille Gualdi flanquées de deux inscriptions rappelant les noms de Galleotto et de son fils Francesco, sénateurs de Rome en i5io et en i53o; plus bas à gauche une inscription rappelant les travaux accomplis dans le palais sénatorial par le pape Innocent XII (1692); les quatre pendentifs qui sont au-dessous contiennent les armes des trois conservateurs et celles du prieur des caporioni en exercice au moment de l'apposition de la plaque commémorative ; plus à gauche, un groupe de bas-reliefs dont Tun était supposé représenter Teffigie de Scipion l'Africain ; un peu plus haut, à part, les armes du sénateur Giacomo Bovio (i5i4) sommées d'une fleur de lis (p. i25).

Plus bas s'ouvre une porte donnant actuellement sur une petite terrasse; elle était jadis au niveau du sol et servait d'entrée au grenier à sel qui était dans le Tabularium. On la nomme porte de Sixte IV car ce fut sous son pontificat, en 1477, qu'elle fut construite. Ses armes, le chêne des Délia Rovere^ sont gravées au-dessus ; celles du peuple sont à gauche, celles du cardinal d'Estouteville, camerlingue, à droite. Dans la frise sont trois petits écussons; ceux des extrémités sont surmontés d'un porc, armes de la famille Porcari, dont un membre, Bernardo Porcio, était alors chef de quartier ; l'attribution de l'écusson du centre est incertaine (p. 98, 218).

L'angle de cette façade et de la façade sud est formé

par la tour de Nicolas V ; on y voit ses armes tout près du faîte, à côté de celles du pape Innocent VIII et du cardinal Cibo, son neveu, placées un peu plus bas (p. 87).

Façade sud. — La façade tournée vers le Forum se compose de deux parties bien distinctes ; la partie inférieure qui est l'ancien Tabularium, seul vestige des monuments romains qui s'élevaient sur la colline capitoline, et la partie supérieure qui date du xvii® siècle sans doute. Le Tabularium servait de dépôt pour les documents publics; au moyen âge, il avait été transformé en grenier à sel ; les paiois en furent même corrodées à ce point que Ton dut, en 1604 et en 1612, consacrer des sommes importantes à des travaux de soutènements, car tout Tédifice et principalement la salle d'audience menaçaient ruine (p. 178). Les pierres qui forment la partie subsistante du Tabularium sont en péperin et mesurent de i'",io à i'",i5 de longueur; le mur a quatre mètres d'épaisseur. Les fenêtres qui donnent sur le Forum étaient, au moyen-âge, au niveau du sol ; Tune d'elles à droite avait même été élargie afin de servir de porte et c'est par* là que les bêtes de somme apportaient les sacs de sel débarqués sur la berge du Tibre (p. 70). Un long corridor règne dans toute la longueur du Tabularium et aboutit à la porte de Sixte IV dont il a été parlé et qui est actuellement condamnée. Un escalier relie cette galerie à l'étage supérieur. Jadis le Tabularium comprenait encore un étage qui a été rasé lors des invasions des barbares. C'est du Tabularium que part l'escalier conduisant au haut du campanile. On a fixé au mur de cet escalier des étalons de mesure linéaire et une inscription commémorant le don fait par l'empereur Frédéric II du char de guerre, du carroccio, des Milanais, pris par lui à la bataille de Cortenuova en 1287 (p. 86).

Façade occidentale. — On a accès au Tabularium par une haute porte carrée qui se trouve sur la façade occidentale du Capitole, dans la Via capitolina (p. loi). Un peu plus haut, entre les deux tours dites de Boniface IX (p. 74) est la porte des services municipaux qui sont établis

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dans les parties modernes du monument; c'était rentrée des prisons. Les exécutions se faisaient soit devant le palais, sur la place du Capitole, soit au gibet' élevé sur le sommet du Monte Tarpeo ; le sénateur était tenu d'y assister de la fenêtre qui se trouve dans la tour formant Tangle de la façade occidentale et de la façade septentrionale (p. 84, io3).

Intérieur du palais sénatorial. — L'intérieur du palais sénatorial, où l'on ne pénètre d'ailleurs qu'avec quelque peine, est peu intéressant; on n'y remarque guère que la grande salle où le sénateur tenait la justice et où avaient lieu Les cérémonies, couronnements poétiques, réceptions de grands personnages, installations de nouveaux magistrats. Les noms des papes Sixte-Quint et Paul V, qui lui donnèrent son aspect présent, sont inscrits sur le linteau des deux principales portes (p. i5i). On a encastré, dans le mur, des fragments de fresque trouvés dans les soubassements du palais et une représentation de la Madone, fort en vénération au moyen-âge et qui se trouvait audessus de l'escalier principal intérieur (p. 88, 219). Dans une salle voisine sont les étendards des anciens quartiers de Rome décorés de leurs armoiries.

Palais des Conservateurs. — A droite de la place s'élève le palais des conservateurs. Commencé avant la fin du xiv^ siècle, alors que les conservateurs, qui avaient succédé aux bannerets, étaient en passe de devenir les représentants effectifs du peuple, il prit de plus en plus d'importance en même temps que leur puissance s'accroissait. Il ne fut d'ailleurs achevé qu'à la fin du xvi^ siècle sous la direction de l'architecte Giovanni delDuca. Aux antiques arcades qui s'ouvraient sur la place et sur la cour intérieure où l'on en peut découvrir encore les traces, del Duca, se conformant au plan de Michel Ange, substitua la froide colonnade que l'on voit maintenant. Il ne modifia le plan du maître qu'en élargissant la fenêtre du milieu, ce qui lui fut reproché avec raison. Les inscriptions qu'on lit au-dessus de quelques-unes des portes ainsi que dans la

ruelle qui longe le palais et conduit au Monte Tarpeo, rappellent les corporations dont les consuls siégeaient autrefois comme juges dans les salles du rez-de-chaussée (p. ï66).

C'est dans ce palais que se trouvent les Archives capitolines (au fond de la cour) et une partie du musée. La décoration de la grande salle est due au chevalier d^Arpino, celle de la salle carrée qui y fait suite à Tommaso Laureti, celle de la éalle du coin, à Ripanda ; les autres sont attribués à Daniele da Volterra, à Carrache, au Perrugin (p. i5i).

NoutEAU Palais. — Le palais qui fait face à celui des conservateurs ne fut entrepris que longtemps après Tachèvemcnt du premier. Commencés en 1644, les travaux extérieurs furent terminés en i655 sous la direction de Carlo Rinaldi. Comme le trésor communal était vide, on dut 5upprimer, afin de trouver les fonds nécessaires à son édification, les appointements de la plupart des officiers municipaux et même ceux des maîtres d'école. Dans la cour en contre-bas de l'église d'Arecœli sont des inscriptions rappelant la part prise par Innocent X à son achèvement (p. 181).

Musées. -- L'origine des musées capitolins remonte à proprement parler au pontificat du pape Sixte IV qui donna au peuple, en 1471, plusieurs des objets qui sont encore parmi les plus précieux de la collection, entre autres la Louve de bronze, l'Hercule doré, un Camillus, une tète colossale de Néron. Vers i5og, le' musée établi dans le palais des conservateurs renfermait déjà de nombreuses statues, des inscriptions, des fragments et le conseil communal s'efi'orçait soit par des achats, soit par des échanges, quelquefois à titre d'amende, d'en accroître la richesse (p. 200).

Ce fut au commencement de ce siècle que l'on s'occupa de mettre quelque ordre dans les collections. Vers 1700, on profita de l'achèvement du nouveau palais pour y transporter une partie des objets entassés dans les salles de l'ancien palais. Benoît XIII et surtout Clément XII enrichi-

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rent ce musée de dons considérables. C'est à Benoît XIV (1749) que Ton doit la création de la galerie de tableaux qui n'a, à vrai dire, que peu de valeur (p. 216).

• Collections du palais des conservateurs. — Les collections du palais des conservateurs dont Tordre vient d'être profondément modifié et qui ne sont pas encore définitivement classées, comprennent les objets qui ont formé le noyau de la collection; la Louve se trouve dans une des salles du premier étage, dans la salle carrée décorée par Laureti; les oies ou plutôt les canards de bronze achetés au xvi^ siècle, sont dans une des petites salles en retour; le Tireur d'épine dans la dernière salle à gauche, au fond du couloir qui mène à la cour supérieure. Dans la même salle se trouve une tête colossale de bronze et, à côté une tensa. Au deuxième étage se trouve l'Hercule doré au fond du corridor, ainsi que le Camillus ; en outre, on y a placé récemment des mosaïques, des fresques et des bronzes antiques. Les. Fastes consulaires sont au premier étage dans la salle qui fait suite à celle décorée par Ripanda. Dans l'escalier ont été placés des bas-reliefs pris à l'église S.-Martina; dans la cour sont demeurés les fragments de statues colossales, têt^, doigts et pieds, appartenant en partie, croit-on, à une figure d'Auguste; là aussi, à côté de la porte conduisant aux archives, se voit un grand vase rectangulaire en granit qui servit à contenir les cendres de la première Agrippine, femme de Germanicus, morte en exil ; ce vase f^it utilisé au moyen-âge comme mesure à blé . Sur l'une deç faces se trouve la représentation d'un soldat des milices romains (p. 192). Au fond de la cour sont deux grandes statues d'esclaves en marbre gris (p. 211). Dans la cour supérieure, le plan de Rome, Forma Urbis, partiellement rétabli grâce à l'intelligente activité du Comm. Lanciani (p. 214), occupe tout un pan de muraille. Au' fond, est le groupe fameux formé d'un lion dévorant un cheval, assez médiocrement restauré. On asseyait au moyen âge les criminels sur le cheval qui était alors placé devant le palais sénatorial (p. 76).

Collections du nouveau Palais. — Dans la cour du nouveau palais, au fond, se voit le Marforio, statue représentant un fleuve, le Rhin, sans doute, sous les traits de Jupiter ; elle était dans une rue au bas du capitole et l'on y collait les réponses aux épigrammes de Pasquin. Elle allait' être transportée sur la place Navona, en 1692, quand le conseil communal la réclama « pour servir de fleuve audessus de la fontaine ». Elle fut placée en 1787 à Tendroit qu'elle occupe. Elle a été restaurée par Bescapé loïs de son transport au Capitole. Dans la galerie et dans les salles du rez-de-chaussée, se trouvent deux cinocépales (p. 199) et des statues égyptiennes venant en partie de la villa d'Hadrien (p. 214); au premier étage, le Gladiateur mourant, la table contenant la Lex Regia qui servit de texte au tribun Cola di Rienzo pour pousser les Romains à secouer le joug des nobles, le Satyre en marbre rouge, une Amazone blessée, THercule enfant et le Faune, les bustes des Philosophes et ceux des Empereurs dans deux salles spéciales ; ils avaient été réunis par le cardinal Alexandre Albani et donnés au musée en 1783, après sa mort, par le pape Clément XII. La salle des Colombes est ainsi appelée à cause d'une mosaïque remarquable par sa finesse (p. 216); dans le couloir, dans une sorte d'alcôve, se trouve la Vénus (p. 214).

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