PLAN DE MICHEL-ANGE
L'annonce de l'arrivée à Rome de Charles-Quint y provoqua une fièvre de démolitions, de restaurations et de constructions Le forum avait été bouleversé, plus de deux cents maisons furent rasées; d'anciens édifices, des églises, abattus pour permettre aux Romains de faire à l'empereur, qui avait été causedu sac pitoyable de la ville quelque douze ans auparavant, une entrée dig-ne de lui; il convenait de ne pas laisser les palais municipaux dans l'état de délabrement où ils se trouvaient *. Ce fut à Âlichel-Ang-e que le conseil communal, désireux de faire montre de sa puissance, s'adressa pour les transformer.
Michel-Ange traça donc le plan d'un ensemble de travaux grâce auxquels, tout en respectant les anciennes constructions qu'il voilait d'une façade régulière, il faisait disparaître cet enchevêtrement de tours, de loggias, de réduits, d'escaliers, de toitures inégales qui étaient le résultat confus mais pittoresque de cinq siècles de transformations. Ce plan a été reproduit par Etienne du Pérac.
Michel-Ange * unissait par une façade percée de fenêtres rectangulaires les deux tours d'angle; un grand escalier double, dont le parapet était orné de statues, aboutissait par une loggia à la porte d'entrée principale donnant sur la salle d'audience du sénateur; les figures allégoriques du Nil et du Tibre en décoraient les côtés ; dans une niche ménagée au centre et entourée de pilastres, était une statue de Jupiter; le toit plat aurait été bordé d'une balustrade surmontée de statues ; un campanile d'un étage dominait le palais.
La Jaçade du palais des conservateurs, du même style que celle du palais du sénateur, mais moins élevée, était garnie de pilastres engagés; la loggia subsistait, toutefois les baies, au lieu d'être en arcades, avaient un entablement rectiligne ' ; toutes les fenêtres du premier étage devaient être égales, indication qui ne fut pas respectée; une balustrade et des statues en garnissaient le toit comme pour le palais principal. En face, au pied de l'église S. Maria Aracœli, s'élèverait un troisième palais, sem-
I. On verra que trente ans plus tard les palais, bien que restaurés, étaient à peine habitables. — 2. Description donnée par Vasari, Vita de Michelangelo, Florence, 1881, VII, 222. — 3. Les deux palais ne sont pas complètement d'équerre ; Burckhardt, Le Cicérone, Art Moderne, p. 246, voit dans cette inclinaison une habileté de Michel-Ange ; il y a là, plutôt, un hasard heureux, puisque le palais des conservateurs existait avant lui, et fut simplement modifié sur ses indications. Cf. p. i5i.