LES EXECUTIONS AU XVI- SIÈCLE
Les pendaisons dont Infessura reg-rettait en son temps le petit nombre, comme on a vu, ne tardèrent pas à recommencer, et il y en eut de nombreuses au Capitole pendant le xvr siècle et dans les quelques années qui précédèrent.
En la seule année 1497, furent pendus aux fenêtres du Capitole : Matteo di Andréa, Francesco di Giacomo, Pietro Santi, Ciiordano délia Scarpa. En même temps, on pendait au g-ibet du mont Caprino-.
Les frais des exécutions étaient g-énéralement payés par le g-ouverneur, qui prélevait les sommes nécessaires sur le fonds des amendes, taxœ maleficiorum^. A la date du i3 juillet i5i5, le bourreau reçut trois jules, environ cent sols, pour avoir coupé la tête à un domestique, Gio. Batta: il recevait, en outre, un salaire de trois ducats d'or par mois. Le pi*ix des pendaisons était le même que celui des décapitations, trois jules*. Il n'en coûtait pas plus pour faire brûler le criminel après qu'il avait été pendu ^.
I. FoRCELLA, n. 382. — 2. Afcliiv. di Stato, Archivio di s. Giovanni Decollato, Busta XXIV, vol. 2. Cette confrérie avait pour mission d'assister les criminels; il était tenu registre des exécutions auxquelles les frères de l'ordre avaient été présents. — 3. Aussi est-ce sur le registre de ces taxes que se trouvent inscrites ces dépenses. Archiv. di Stato, Taxœ Maleficiorum, Busta I, vol. i et suiv. — 4. Jtid., vol. I, p. 48. « Carnifcx habiiit jiilios très fro suspendendo Petriim Augustinum assassiniim. » 3o août i5i5. — 5. llHd., p. 219. « Carnifex hatuit julios très pro suspendendo et igné creniando qiiemdam falsalorem monetarum. ■
LES EXÉCUTIONS. tC3
Cependant on remboursait, à ce qu'il semble, le bois, les chaînes, l'échafaud quand le criminel avait été brûle vivant ; l'exécution d'un faussaire était payée dix-huit carlins '. Le bourreau se faisait compter six carlins pour fustiger*.
Les cordes qui avaient servi à pendre les suppliciés appartejiaient à la confraternité de S. Giovjitni DccoIIjIo. Kn i5io, elle décida qu'elles ne seraient plus enterrées avec le cadavre, comme cela se pratiquait depuis quelque temps, mais qu'on en revien-
((iravure de Palda.)
drait à l'ancien usafje qui était qu'on brillait toutes les cordes ensemble en {grande pompe le jour de la fête du patron de la confrérie.
Il est fait mention en i5ii, pour la première fois, d'un cadavre livré aux médecins pour être étudié'. ~
I. It-U. • Pro jnstiHj Miixelli (le Vicov^rofilsalorismonetarumquiluitlgae t:l-<niJlus,YiJelkclproUgiits./iinis,callien3,JiirCfi,el veclura preMclarumrerum Cari. XVni. . — 2. /«,(. ' Cjrni/ex hjtail CjrUnoi sex fro fruslandis per urtem tribus jui liidebanl cum cjrlts /jlsis. CJNCtlhrtus ISurisetti habuit toi. XXXV. pro mitrtls et fUBis, et elUm noanuUis aliis ncccssjrih pro susfea- JenJo Mjtlhtjia Peroclum. • IbU. • Cjrni/ex hj^alt jiiUos sex pro ampaiJuJo maiiumel caput cujuidam HomicUe. Jutlos tivs pro amputando caput cuidim de Vello. JuUos Ires pro suspendeiido quemiaia assasslHwn j.f Turrim None. fjini/ex luNill Jttllos VIpro suspendendoelignecremanJo Maglslramjohin- «em Mspauum chlrurgum. Cjrl, iS pro frustando per «rfeiB qaemjim /nrem. Carnifex hahiit jullos Ires pro jmputandn caput Julio Délia Fossa. ■ — a. ArcMrin di Htalo, Rcgiatri dcllc Giustitic, viil. III, p. iî. \x» autopsies ùlaicnl entourées par le pouvoir pontilica], de funnaliliis nombreuses. lUml on a le détail dans notre ouvrage sur tes Corporations ouvrières di lioiae, Corpo-
i64 LE CAPITOLE ROMAIN.
Sous le pontificat de Léon X, qui fut paisible cependant, il y eut un pfrand nombre d'exécutions au Capitole, tant au gibet du mont Caprino que sur la place du palais*. On y écartela un homme en l'année 1542*.
La dernière exécution qui eut lieu sur la place du Capitole fut celle de trois prétendus conspirateurs, le comte Antonio^ Canossa, Taddeo Manfredi et Benedetto Accolti, fils du cardinal d'Ancona, qu'on promena par la ville attachés à la queue d'un cheval et qu'on égorgea « comme des vaches » sur la place du Capitole (i565)'.
Quand on ne supplicia plus au Capitole, on y exposa devant les prisons les têtes des suppliciés ; par exemple, celle du nlarquis Manzoli décapité dans la prison de la torre di Nonaii636)*. C'ette même année, on coupa la main d'un condamné devant le palais des conservateurs, après quoi il fut pendu sur la place Giudea*.
Le supplice de l'estrapade fut appliqué au Capitole jusqu'à la Révolution. En 1768, comme on voulait l'infliger à un malfaiteur, on s'aperçut que l'appareil de fer nécessaire, exposé au coin du palais, fiel cantojie del pala^Tf^o Senatorio, se trouvait hors d'usage; ordre fut donné en conséquence de le mettre en état'*». Cet appareil fut détruit, avec les autres instruments de torture, à l'entrée des troupes françaises à Rome.
I. Rcgcistres de S. Giovanni Decollato, vol. III, IV, V. — 2. Août 1542 : Ciiuli i5 a Benedetto da Bologna fer la riparazionc délie forche. Duc. 2 al Ministro di Giusticia, Marchetto, fer sua mercede di avère strascinato et imficcato Federigo d'Abruzzo. Al deito carolini 10 fer il cavallo e quello che la vienava fer strascinare Fedej'igo d'Abruzzo (p. 75). Al detto giuli i5 fer avère frustati due e fosti alla berlina. {Archiv. di Stato, Mand. Camer. Urbis, 1542, fol. 55). Puis encore pour les années 1544, 1557, fol. 8: Duc. 3: 5o a maestro Stazio funaro fer una corda da dar tormenti dalla corte di Camfidoglio; fol. 22: Al Maestro di giustizia se. 1 :5o fer avère afficato e bruciato Ilieronimo francioso luterano; fol. 3i : liol. 75 al maestro di giustizia fer avère frustato e tagliato l'orecchio ad uno. — 3. Rc^. di S. (îio. Decollato, vol. X, 3o^>. La confraternité dépensa 57 baiocchi en malvoisie, vin grec, confetti et échaudés oflcrts aux condamnés; le chapelain, qui s'était surmené, eut 25 bai. — 4. 1" sept. i636. iSentenza contro Francesco Manzoli dei Bentivogli di Bologna olim Cam. Af. clericum confessum ijuod dictaverit, comfosuit libruvi iniitulatiim • Ricordi del rnarchesc Manzoli » net quale sono maldicenze contro il fontifice ed altri. Fiie condannato al taglio delta testa fer delitto di lésa maesta contro Urbano VIII. {Archiv. di Stato, Sentenze criminali del Senatore, vol. 11, busta 944, fol. 255). On s'était servi d'une sorte de guillotine pour celte exécution ; celui qui copia la sentence en a retracé le modèle en marge ; au milieu d'un cadre de bois est suspendue par une corde une lourde pièce de bois à laquelle est fixé un couperet semi-circulaire; au-dessous se trouve un billot rectangulaire. La sentence fui une erreur judiciaire, ainsi qu'on le constata en revisant le procès à la demande des héritiers qui n'avaient, d'ailleurs, d'autre but que d'éviter la conliscalion des biens du condamné. (Diariodi Mons.Sfaday Cod. Barberiniano, LIV, 61 ad an.) — 5. Archiv. di Stato, Archiv. di S. (îiovanni Decollato, vol. XXII, fol. 256. —6. Archiv. Stor. Capit., Cred. X\', vol. i, fol. 73.
TRIBUNArX CONSULAIRES.