TRIBUNAUX CONSULAIRES
Les nécessités de leur mag-istrature judiciaire faisaient un devoir aux consuls des corporations de sièg-er dans le voisinage immédiat du Capitole, d'autant plus que le sénateur était le jug:e en appel des différends dont ils connaissaient. Jadis, au reste, les statuts leur imposaient de rendre la justice au pied de la tour du marché. C'est pourquoi, dès que fut construit l'édifice qui devint le palais des conservateurs, les consuls s'y établirent pour y tenir leurs audiences. Dans une bulle du pape Grég-oire XII, datée de 1407 et adressée à la corporation des bouviers, il estdit: «/« r"!"' \,^-^i5iH'f<^^*"'":*W'^ lovio dicte artissito in opposito
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Fig. 37. — Le Capitole.
(D'après une gravure du Cabinet des Estampes.)
palatii Capitolii^ ». Les bottiers y avaient ég-alement une salle dès le xv siècle. Dans le cadastre de l'archiconfraternité Saticta Sanctorum, se trouve cette délimitation d'un terrain : « Domum terreneam et tegulatam positam in Mercato, ubi consueti sunt réside re Calsorarii. Inter hos fines ^ ab uno... domus quôd Gregorii de Margatiis, ante
via publica que dicitur « Lo Mercato » et ab alto via per quam itiir ad domos olim Banderensium *. »
Une décision du conseil communal, en date du 28 avril iSôç, accorde aux consuls des marchands d'aromates la salle occupée antérieurement par la corporation des ag-riculteurs, moyennant le versement d'une somme de cent cinquante écus'. Ottavio Vestri, qui publia son livre en 1609, parle des tribunaux consulaires .déjà nombreux établis au Capitole *. Les noms des diverses corporations qui se voient encore gravés au-dessus des portes donnant sur la g-alerie du palais des conservateurs indiquent l'emplacement exact de ces tribunaux qui devaient ressembler aux petites boutiques dans lesquelles les consuls, leur audience achevée, revenaient travailler; on y relève les indications suivantes en
I. statua delV Aorricoltura, éd. 1878, p. m, 235. — 2. Camillo Re, // Campidoiflio. nitllettino deïla Coin. Arch. (\wi., an. X, 1^2, p. ii3. — 3. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 2-|, fui. 37. — ^. Gatti, Bull. Comm., an. iV(j.\, p. 36o.
i66 LE CAPITOLE ROMAIN.
partant de la droite : VNIVERSITATIS FABRORVM ; VNI- VERSITAS TABERNARIORVM ; VNIVERSITAT. CAR- PENTARIOR.; VNIVERSITA DE MACELLARI ; COLLECl. DE S.S. iMERCANTI; COLLEGIO DE FONDACO DI S. MI- CHELE ARC; AROMATARIORVM COLLEGIVM*. Le longdès degrés qui mènent au portique de Vig-nole, du côté du mont Tarpéien, d'autres corporations avaient leurs tribunaux, à savoir les aubergfistes, les maçons; les boulangers, les tailleurs. On lit sur l'architrave d'une porte : \^NnTRSITATIS ALBERGA- TORVM; un peu plus loin, sur une autre porte : HIC EST CONSV MVRATOR, avec les emblèmes de la corporation, le compas, le marteau, le fil à plomb, la truelle et l'équerre. Audessus d'une quatrième porte se voient gravées sur une plaque de marbre les armes des boulangers, quatre pains au milieu d'une couronne de lavande. Au bout de l'escalier, près du portique, est inscrit sur un linteau : VNIVERSITAS SVTORVM ; à côté les bustes des deux apôtres, saint Pierre et saint Paul, avec une paire de ciseaux au milieu. Du côté opposé, on distingue des emblèmes qui peuvent être ceux des charpentiers *.
En 1671, le pape autorisa, par un chirographe en date du 2,5 janvier, les arts de la soie et de la laine à se réunir dans le « nouveau palais », c'est-à-dire dans celui qui venait d'être construit en face de celui des conservateurs '. Les notaires y avaient également des salles ♦. En 1697, un certain nombre de corporations sollicitèrent la permission d'abandonner les salles qu'elles occupaient dans l'ancien palais pour se transporter dans celui qui venait d'être achevé, s'engageant à prendre à leur charge tous les frais qui résulteraient de ce déplacement; le conseil communal agréa cette requête -^
Lorsque les tribunaux ecclésiastiques eurent attiré à eux toutes les causes et anéanti les autres juridictions, ce qui eut lieu dans le courant du xviii* siècle, les justices consulaires s'éteignirent peu à peu et les corporations utilisèrent de leur mieux les salles où leurs consuls n'avaient plus à se rendre faute d'affaires à juger. Les unes les louèrent à des boutiquiers, d'autres en firent des logements. Ce ne fut pas toutefois sans scandale. Le 27 avril 1741, le conseil communal, devenu congrégation, décida de retirer les clés de leur salle aux ferronniers qui en avaient cédé la jouissance à des étrangers <5. Dans sa séance du 3i août 1744, la con-
I. Cf. Bernardixi, Descrizione ciel nitovo Ripartimento, Rome, 1744, p. 171. — 2. Gatti, Statuti dei Mercanti, p. xlvi; Vestri, Pratica, Rome, i6:.6, p. 38. —
3. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 4, fol. 89. Copie du chirographe. —
4. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 4, fol. 97. — 5. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 4, fol. 126. — 5. IHd., Cred. VII, vol. 100, fol. 2^.