IMPRIMERIE DU PEUPLE
Il y avait déjà quelque cent ans que les imprimeurs allemands Hahn, Schweinheim et Pannartz avaient apporté à Rome l'art de la typographie qui n'y prospéra guère, quand le pape Paul IV songea à créer dans sa capitale une imprimerie destinée à publier, d'après les textes acceptés par l'Église, les œuvres théologiques que les luthériens d'Allemagne éditaient alors dans un tout autre esprit. Dans cette vue, il fit appel à Paul Manuce, le fils du fameux Aide Manuce, que ses éditions classiques rendaient particulièrement apte à remplir la mission qu'il voulait lui confier. Une rémunération annuelle de cinq cents écus d'or lui était assurée, ainsi que bien d'autre& avantages •"*.
I. Archiv. Stor. Capit., Crcd. I, vol. 22, fol. 119. — 2. Ibki., vol. 25, fol. 170. — ?>. Séance du 3o septembre 15^3. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 3ii, fol. 485. — 4. Séance du 11 mai i5î^3. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, v. 28, f. 278. ^ 5. Mo- RONi, Dis. di Ertid., LXIX, 228; Renouard, Annales de l'Imprimerie des Aides, Paris, 1834, p. 188; Brunet, Supplément, p. loii ; Nouvelle Biographie générale, article Manuce, par Ambroise Firmin-Didot ; Grande Encyclopédie, art. Paul Manuce. Les indications de ces diverses sources ne sont pas, d'ailleurs, en parfaite concordance; dans l'article d'Ambroise Firmin-Didot, il est dit, au commencement, que Paul Manuce mourut à Venise, et à la fin, qu'il mourut à Rome. De fait, ce fut à Rome qu'il mourut. Cf. Mémoire de Fabrizio Galletti (voir plus loin) au conseil communal. Délibération du conseil concernant l'allocation des cinq cents écus. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 24, fol. 226. Paul Manuce avait, ce semble, une imprimerie personnelle; plusieurs ouvrages parus à cette époque portent la mention : Romœ apud Paulum Manutiiim, Aldi F. Renouard, Annales des Aides, en donne la nomenclature. Le premier fut De Concilio liber Regiftaldi Poli Cardinalis, M. D. LXII. Le protecteur de Manuce, Paul IV, était mortfin août iSSg, ce qui avait dû retarder le commencement des impressions et peut-être l'arrivée de Manuce, car ses biographes la fixent au 7 juin i56i. Il existait à Rome d'autres imprimeries; celle de Blado, fort ancienne (elle fonctionnait déjà vers i536; Brunet, IV, 787), en était la plus
Son atelier fut établi dans une maison voisine de la fontaine de Trevi et reçut au début le nom d'Imprimerie apostolique; mais comme la maison appartenait cà la communes les volumes sortis de ses presses portèrent la mention : « In JEdibus Populi Romani *. » C'est ce qui a donné à croire à plusieurs auteurs que l'imprimerie du peuple avait été transportée à une certaine époque au Capitole, dans le palais des conserv^ateurs ; une sorte de tradition s'est même établie dans ce sens ^ ; mais, outre qu'il n'y a pas trace d'une semblable installation et qu'aucun texte n'en fait mention, tous les documents relatifs à l'imprimerie tendent au contraire à démentir cette hypothèse; il semble donc certain que rimprimerie demeura dans le lieu où elle avait été d'abord créée *.
importante; les ouvrages sortis de ses presses ont été catalogués par Fuma- CALLi, Calaloçro dellc edicioni romane di A. Blado, Rome, 1891; ils sont au nombre de 666. De i56(j à 1567, le frontispice porte : Romœ, apud Anto7îium lUadum, Imptessorem Cameralem ; puis, à partir de cette date, Blado étant mort : Romœ, apud heredes Antonii liladii Impressore? Camerales. Blado recevait, avant la création de l'imprimerie du peuple, un salaire mensuel de quatre ducats (Mand. Camer., i552-i554, fol. 106, 14 août i553). « Solvatis Antonio Blado JmpressoriApos. Duc. XVI aiiri de Cam. pro sua quatuorniensium ordinaria provisione. » A partir de iSçS, le nom de Blado disparaît complètement et les imprimés, livres ou édits, sortis de son imprimerie, ne portent plus que la mention : Apud Impressores Cavierales. Il laissait un fils ou un parent qui, le 2 septembre précédent, avait été emprisonné pour crime de sodomie {Cod. Urt. I j/., 1060); en 1578, il avait été appelé, comme on verra, à diriger l'imprimerie du Peuple. A côté des deux grandes imprimeries de Manuce et de Blado, il en existait quantité de moindre importance; on rencontre sur les ouvrages parus à Rome à cette époque les noms de Accolto (iSôj), Eliano (i573), De Rubeis (1574), Domenico Basa, qui publia le Kalendarium gre^orianum perpetuum (i582), Giliotto (i5{i3), qui tous deux furent intéressés à l'imprimerie du Peuple; Bonfodino (i585), Francesco Zanetti(i585), qui eut affaire également avec l'imprimerie du Peuple ; Bartplomeo Grassi (1587), De Dianis (i588), Giorgio Ferrari (iSço), Franceschi (1598), Facchetti (1600). Le cardinal de Médicis, qui devint, en 1687, grand-duc de Toscane sous le nom de Ferdinand I", créa une imprimerie destinée spécialement à reproduire les ouvrages en caractères orientaux; Gio. Batta Raimondi de Crémone fut chargé d'y diriger les impressions. En 1592, cette imprimerie publia un alphabet arabe, Alphabelum Arabicum, 1592, in lypographia Medicea, M. D. XCII. — 1. L'achat en avait été fait en i562. Conseil du 10 janvier i562. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 87, foi. 99. La maison fut effectivement achetée 6i5o écus. /^id, fol. 148. Les armes du peuple furent placées sur la maison en juillet. IlHd., fol. i53. — 2. Les premiers ouvrages, celui de Franciscus Vargas, Catholicas Maiestatis rerum Status, par exemple, portent la mention Apud Paulum Manutium Aldi, In /Edibtis Po. Ro. Ce ne fut qu'après 1567 qu'elle disparut à la suite de la rupture enfre Manuce et le conseil communal. — 3. Moroxe, loc. cit.; Renolard, Annales de l'Imprimerie des Aides, Paris, 1834, p. 184; Filippo de Boni, Biografia degli Artisti, Venise, 1840, p. 6c)8. Au contraire, Michel Mettaire, Annales typogr., III, ir, 5[2, racontant la vie de Manuce, ne fait nulle allusion à l'établissement de l'imprimerie du Peuple au Capitole. —4. C'est aussi le sentiment du savant directeur des Archives capitolines, le Doct. Coletti, qui prépare un travail particulier sur ce point et qui a bien voulu, avec une rare abnégation, l'aciliter nos recherches
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Ce fut une mauvaise aiïairc dès le début. Le pape avait dote l'imprimerie de nombreux et beaux caractères' et accorde l'cxemp-
FiR. .«. - I,f Cnritt.lc ïii Ju F.irum.
tion des (fruits d'entrtc pnur le papier, l'encre et les caractères nouveaux: malfvrc ces avantages, l'exploitation était si onéreuse
pcrsonncIlcH. Si l'on s'oc<;upc dcrimprimciic du Peuple dons ccUc ctudc du Capîtnic, c'est en rnison du lien trùs iiilime i|iiL o\ist.i cnirc tlte ol le pillais Capitiilin el auh.si du préjugé dont il vient d'être qiicsllnii. — i. IMclliiituiii.' .U géogrJ!'lii^ 0j-sin.\},\ii), siiito du Hhiskt. toi. iii,i.
que, dès i563, le pape fit supplier le conseil communal, par la bouche du cardinal Vitellozo-Vitelli, de prendre l'imprimerie à sa charge et de consacrer à son entretien au moins deux cents écus pris sur la g-abelle des Études (droit d'entrée sur les vins étrang-ers) ; il lui représentait que c'était « une chose nécessaire pour la religion, utile et honorable pour la cité ». iMais le conseil répliqua qu'il ne voyait pas l'avantage qu'aurait la commune à faire les frais d'une entreprise dont le bénéfice serait pour d'autres. Le conseil public, auquel le conseil secret soumit la question, donna la même réponse *. Au fond cependant, les Romains souhaitaient que le Saint-Siège donnât suite à son offre. Comme au mois de février suivant, le Motu proprio ratifiant la donation n'avait pas été encore remis aux conservateurs, le conseil s'inquiéta; il lui fut expliqué que l'acte se trouvait entre les mains des cardinaux, lesquels voulaient y faire introduire des conditions très dures, telles que l'obligation de dépenser dix à douze mille écus pour réinstaller l'imprimerie, l'engagement de consacrer trois cents écus par mois à son entretien et de ne publier aucun ouvrage sans leur consentement ou sans le consentement de « leurs ministres ». En sorte, répondirent les conseillers après avoir entendu ces propositions, que le peuple romain n'aurait le droit que de payer '^. Sur quoi le pape confia la gestion de l'imprimerie à Paul Manuce qui en avait été jusqu'alors, à ce qu'il semble, le directeur technique. Quand les cardinaux Amulio et Vitelli annoncèrent aux délégués du conseil la décision du pape, ceux-ci se récrièrent, soutenant que le souverain pontife avait fait don de l'imprimerie au peuple; mais il leur fut répliqué que le peuple ne l'avait pas acceptée, et Paul Manuce introduit exhiba le bref qui l'en rendait maître ; les délégués apprirent même que le pape exigerait du conseil la continuation de la subvention de soixante écus qu'il fournissait mensuellement à l'imprimerie; ils insistèrent alors pour être entendus du pape lui-même, qui leur répéta que, s'il avait concédé l'imprimerie à d'autres, c'était par suite de leurs atermoiements ; toutefois il leur promit de faire au peuple avant peu un don plus important 5. Cependant la protestation des représentants du conseil et du conseil lui-même porta fruit, à ce qu'il semble, car une convention intervint entre Paul iManuce et le peuple, aux termes de laquelle iManuce consentait que la donation fût octroyée au peuple romain à condition que les bénéfices fussent partagés par moitié ♦.
I. Séance du 29 novembre i5()3. Archiv. Stor. Capit., Cred. ï, vol. 22, fol. 26.- 2. Séance du 17 février i5ô4. ItU., fol. 45. — 3. Consilium ordinariiim convo cattim fer Mandatarios del 16 Maggio 1564. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 22, fol. 68. —4. Séances du 11 août et du 3 septembre i5o5. ItU., fol. 127, i35.
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Manuce ne tint pour sa part aucun de ses eng-agements * ; le conseil, en retour, lui supprima la subvention convenue*; à quoi xManuce répondit en fermant les portes de l'imprimerie aux délégués du conseil et en refusant de produire ses comptes '. Un procès s'engagea, et le premier acte du conseil communal fut de réclamer la restitution de la maison où était l'imprimerie, sous le prétexte qu'elle avait grand besoin d'entretien et même de réparations (i566)*; puis il décida, aj^ant eu gain de cause sur ce point, que ladite maison serait vendue et que la somme que produirait la vente serait placée à intérêts au Mont-de-Piété, afin qu'on pût l'employer plus tard à subvenir aux frais de l'imprimerie; un « dépositaire » et un « computiste », sorte de teneur de livres, furent désignés pour suivre l'opération (7 mai i566) ^. La maison fut vendue à Lelio da Ceri, qui acheva de la payer en 1068^. Le conseil n'avait pas renoncé pour cela à surveiller son imprimerie qui demeurait, semble-t-il, dans le même local; il nommait chaque année des commissaires « ad gubernium slampae »; mais, comme cette surveillance était pénible, les commissaires se démettaient à tout instant de leurs fonctions'. En 1070, l'imprimerie allant « de mal en pis », il fut décidé qu'on en modifierait l'organisation «. Boccapaduli et deux autres citoyens romains eurent mission de négocier une convention avec un libraire du nom de Fabrizio Galletti qui s'occupait déjà, à ce qu'il semble, de l'imprimerie et qui reçut le titre de « gouverneur^ »; l'une des conditions du contrat était que les livres sortis de ses presses continueraient à porter la mention : In Mdibiis Po. Romani. Il devait faire fonctionner huit presses et dépenser, pour remettre l'iniprimerie en état, huit mille écus*<*. Ce fut cette année, le 3o mars, que Marcello Alberini, dont il a été parlé en tant que fermierde la prison du Capitole, fut élu directeur de l'Imprimerie, enmôme temps queTommasoCavalieriet AscanioCaffarelli **.
Supernegotio stampœ et motu proprio obtinendo in confirmationeSocietatis inile inter Po. Romanum et Paulum Manutium. — i. Manuce semble s'être partagé entre l'imprimerie de Rome et celle de sa famille à Venise ; son volume Epistolx et Prœfationes fut publié à Venise en i55iJ; les éditions suivantes de i50o, i50r, i569, sont également imprimées à Venise. On ne connaît qu'un livre de lui imprimé à Komc, Antiquitatum romanorum Palllii ^ilx-svcw liter de (Hvitate romana, Romx ab Aldo typis Francisci Zanelti. — 2. Séance du i3 décembre i565. Arch Stor. Capit., Cred. I, vol. 6, p. 65. — 3. Elezione di Deputati a prendere il possesso di una casa posseduta da Paolo Maniizio net Riime Colonna. Conseil du 22 décembre i5<)5. Ibid., fol. 70 sqq. — 4. Séances du 6 et du 26 avril i^h. Ibid.y Cred. I, vol. 22, fol. lOo, 184. — 5. Conseil du 7 mai i5(/). Ibid., fol. if)o. — 6. Conseil du 9 juillet i5(Aî. Ibid., vol. 38, fol. iV). — j. Jbid., vol. 24, fol. 81. — 8. Ibid.y vol. 24, fol. 148. Séance du 3i janvier 1570. —9. Décret de nomination, 3 février 1570; Biccr, Storia délia Famiglia Boccapaduli, Rome, 1762, p. 123. — 10. Arch. Stor. Capit., Cre^. I, vol. 24, fol. 149; vol. 38, fol. 190, séance du i6 mars 1570. — 11. Bicci. Notizia délia Famiglia Boccapaduli, p. 134.
Le conseil se montrait d'autant plus disposé à céder la g-cstion de son imprimerie, que les ouvriers typog^raphes réclamaient le payement de leur salaire dont Manuce avait négligé de leur remettre régulièrement le montant, dette qui fut d'ailleurs réglée par le conseil, malgré l'opposition des commissaires *.
Cependant l'imprimerie continuait à végéter; elle semble avoir servi à publier les ouvrages des écrivains, des magistrats ou des ecclésiastiques, à qui le conseil voulait rendre service. Le 19 décembre 1.570, il décida l'impression, aux frais du peuple romain, d'une dissertation de l'avocat du peuple, Gabriele Bari, intitulée : « De laudibus Romanorum et linguœ latinx*. »
L'introduction de Galletti comme « gouverneur » de l'imprimerie ne mit pas fin aux embarras qu'elle suscitait au conseil communal, loin de là; un procès s'engagea entre Galletti et un autre libraire, Domenico Basa, qui se prétendait des droits sur l'imprimerie, et le conseil se vit contraint d'intervenir; Cesare Gentile de Foligno plaidait avec Basa. D'autre part, Paul iNlanuce prétendait avoir cédé la moitié de ses droits à la subvention de la commune au nouveau titulaire et réclamait un dédommagement ^. L'affaire se compliquait encore d'une réclamation de Galletti qui prétendait que le conseil avait employé les fonds destinés k l'imprimerie au payement de travaux d'adduction d'eau sur le Capitole.
Cependant Paul Manuce avait abandonné toute ingérence dans l'imprimerie; il quitta môme Rome et regagna Venise, mais pour un temps; revenu à Rome, où le pape Grégoire XIII l'accueillit, et où il publia quelques ouvrages tout en travaillant à son Commentaire sur Cicéron, il y mourut le 6 avril 1579*.
Après bien des pourparlers, Galletti signa un bail, s'engageant à payer à la Ville une redevance annuelle de quatorze cents écus •"', et, à la .suite d'un inventaire minutieux, le matériel de l'imprimerie fut évalué à 102.26 : 63 écus 6. Basa toutefois ne laissa pas le nouveau gouverneur jouir en paix de son privilège ; il suggéra aux libraires de Rome l'idée de se réunir en syndicat pour créer une imprimerie". Ce n'était qu'une menace; la corporation des libraires n'avait pas les capitaux nécessaires pour engager une semblable entreprise. Il semble même que Basa se réconcilia avec Galletti et devint directeur technique de l'imprimerie.
I. Archiv. Stor. Capit., Crcd. I, vol. 24, fol. i56, 154 — 2. Ibi.i., vol. 30, fol. 2.45. Autre document : Itid., vol. 38, fol. lïk). — ?>. lbid.,\o\. 2.\, îo\. 22^. Réclamation de Galletti en date du 2 septembre 1570. — 4. Articles cités plus haut et Epistolarum Pauli Manutii Libri XII; Lettere di Paolo Mantizio... Paris, Renouard, 1H34. — .'^. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, v. 24, fol. 170. Séance du 8 mars 1570. Cf. ce qui est dit dans le document du 27 avril 1571, mentionné ci-dessous. — 6. Ibid., v. 24, f. iHS. Séance du 1 1 avril 1670. — 7. Conseil du 27 avril 167 1 : Ibid., vol. 38, fol. 280, et vol. 25, fol. 60, même texte.
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En l'année 1672 tout fut remis en question parce que le pape Grég'oire XIII, nouvellement élu (19 mai), n'avait pas conservé à l'imprimerie du peuple le monopole de l'impression des bréviaires; le conseil déclara que l'imprimerie cesserait de fonctionner si l'on n'en revenait pas aux anciennes traditions. Durant toute Tannée, le pape et le conseil restèrent en conflit *.
Le conseil nommait toujours quatre commissaires dont les fonctions duraient deux ans et qui se renouvelaient par moitié. Le jurisconsulte Luca Peto, le rédacteur des statuts de la ville de i58o, fut, en 1572, élu commissaire*. On en nommait encore en 1578/. A cette époque la veuve de Blado prit possession de l'imprimerie; le conseil lui accorda un crédit de deux cents écus*.
Le pape Sixte-Quint donna en i587 un grand développement à l'imprimerie vaticane dont il confia la direction à Domenico Basa, en mettant à sa disposition vingt mille écus. Or l'imprimerie vaticane, qui devint bientôt l'imprimerie de la Propagande, devait remplir le môme office que les papes précédents avaient assigné à l'imprimerie du peuple, publier selon la saine doctrine € les œuvres des Pères de l'Église, les livres saints, les Vies, les actes et les miracles, afin de soutenir les faibles, de guérir les malades, d'arracher aux ténèbres ceux qui y marchaient » ^.
Cette substitution porta le dernier coupa l'imprimerie du peuple qui s'achemina vers sa ruine. Les commissaires désignés par le conseil le constataient désespérément et se retiraient les uns après les autres 6.
En i58o, on y avait imprimé les statuts de la ville : en i586, le conseil vota l'impression d'une Vie de saint Pie V qui parut cependant cette même année avec le nom deVincenzo Accolti comme imprimeur'.
Le dernier volume sorti des presses du peuple semble avoir été celui des Statuta nobili Artis Agriculturse, imprimé en iS^S ^.
I. Ibii., vol. 25, fol. 224, 226, 239. Séances du 11 et du 25 août, du i" décembre 1572. — 2. Le 22 avril. Itid., vol. 25, fol. 204.. — 3. Itid., vol. 2q, fol. .37. — 4. Conseil du 23 juin 1578. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 27, fol. 10. On s'occupait de publier les livres que l'opinion réclamait. Conseil du 16 mai 1576. De certis libris imprimendis. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 27, fol. 37. — De Imprimendis Testibus canonicis. Icid., fol. 5i. — 5. Bulle • Eam semper * du 27 avril iSfij.Erectio typographiœ Vaticanœ. Cf. Moroni, Diz. di Erud., LXIX, 23i, qui cite une autre bulle « Romani Pontificis Providentia » en date du i" février i589, laquelle ne se trouve pas au Magnum Bullarium. — En 1590, Clément VIII confia à Aide Manuce le Jeune, pour lui venir en aide, la direction de ^cette imprimerie. Aide Manuce avait exercé àRome de i562 à i565, sous la direction de son père. Il mourut à Rome le 28 octobre 1597. ~- ^- Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 29, fol. 37; vol. i5, fol. 204, etc. — 7. Séance du i5 janvier i586. Arch. Stor. Capit., Cred. I, vol. 29, fol. 18, Le titre du volume est: G. Catena, Vita di Pio V- Roma, nella Stamperia di Vencenzo Accolti, iZOù, in-4*. — 8. L'édition de i5^j6 porte simplement « Romsc »: celle de 1573 : « In ^dibiis Popiili Romani » ; celle de 1718 : • Nella iStamperia délia R. C ^1. » {Reverenda Caméra Apostolica).
Se*--
LE CAPITULE AU XVir SIÈCLE