INSCRIPTIONS COMMÉMORANT LA VISITE DK PERSONNAGES CÉLÈBRES
On continua au xviir siècle à rappeler par des inscriptions le passagre des personnages célèbres. Frédéric-Aug-uste II qui vint en 1738*; Marie-Antoinette Walpurg-e de Bavière, femme de Frédéric-Christian, électeur de Saxe, en 1771'; Maximilien et Marie-Christine de Saxe, enfants de François I", empereur d'Allemaprne, en 1776*; leur sœur, Marie-Amélie, femme de Ferdinand I*% duc de Parfne, en 1783 ^ ; Ferdinand IV et Marie-Caroline, souverains du royaume des Deux-Siciles, en 1791^; enfin François P, empereur d'Autriche, en 1819", furent honorés de la sorte.
Le 7 septembre 172$ le g-ouvernement pontifical publia un édit défendant in perpetuum le jeu du loto ; les peines dont étaient menacés les infracteurs étaient des plus dures, les galères et mille écus d'amende à ceux qui organiseraient le jeu, trois cents
I. On répéta le distique suivant dans lequel il est fait allusion à l'expulsion des courtisanes par le pape saint Pie V :
Plaudite, lascivœ. Quintus vos expulit Urte Sut sexto refcrt serta Corilla Pio.
Dans l'ouvrage d'ERNESTo Masi, La Vita, i Tempi e i^li Amici di Francesco Albergali, se trouvent quelques lettres qui donnent la contre-partie des descriptions pompeuses des amis de la poétesse. On y lit : • Corilla fù condotta in Campidoglio nella carrozza del principe Gonzaga in compagnia di tre patrizie alquanto scadenti; notte tempo e sgaiottolando per straduccie solitarie. Sali al palazzo Senatorio non per la via maestra, ma per i rompicolli di Campo \'accino; la coronazione andô per le brevi; ed il principe Gonzaga, temendo per la sua protetta, la fece riaccompagnare da alcuni stioi travacci armali, i qiiali presero a legnate certe atatucoli, che col favore délie ténèbre davan la baja alla poetessa laureata. » Le pape lui fit quitter la ville et défendit la vente de ses portraits. — 2. Forcella, I, n. 242. — ?>. Forcella, I,n. 266. —4. Forcella, I,n. 268. — 5. P^ORCELLA, I, n. 270. — 6. Forcella, I, n. 271. — 7. Forcella» I, n. 284.
écus d'amende plus des peines corporelles pouvant aller jusqu'à celle des g-alères aux joueurs; pour les femmes, la prison*. Deux ans après, Benoît XIII crut devoir renouveler sa prohibition par un bref daté du 12 août 1727 et qui a pour incipit: Creditœ Nobis divinitus^. Son successeur Clément XII fit afficher dans toutes les sacristies un avis annonçant qu'il confirmait les excommunications et autres peines portées contre ceux qui auraient joué au jeu du loto (7 juillet 1731)'.
Cependant le 7 janvier suivant (1732) un édit du trésorier pontifical, Carlo Maria Sacripante,. organisait le jeu du loto à Rome ♦. Il était prescrit que les tirag-es auraient lieu neuf fois par an à partir du 14 février prochain sur la place du Capitole*. Le choix de ce lieu était destiné vraisemblablement à accroître la foule des joueurs et des spectateurs. Ce fut, en effet, un événement considérable. Une tribune avait été élevée près de la statue de l'un des Dioscures, au haut du grand escalier du Capitole^^ ; elle était garnie de velours et de damas; des prélats de la Chambre ainsi qu'un commissaire et quelques magistrats y avaient pris place ; la boîte destinée à contenir les numéros était une urne de cuivre argenté ; les numéros, des boules d'ivoire, au nombre de quatrevingt-dix, y furent placés publiquement, et un enfant, choisi parmi les orphelins assistés et tout vêtu de blanc, en tira cinq ;
I. Diario del T j/esto, cf. Cascelliem^ MercatoeLagOy p. 244. L'édit rappelait les dispositions analogues prises depuis 1O60. En i663, Alexandre VII avait, à la requête du roi Philippe IV, interdit les loteries en Espagne, par sa bulle • Pastoralis officii • du 2 janvier. — 2. A ce moment parut une dissertation de (iiROLAMO Ercoli, intitulée Del gioco del Lotio che sia degno di essere fer tutto prohibito e che ghistamente sia stato vietato sotto pena di scomunica con una bolla di papa Benedetto XI IL Rome, 1728. — 3. Valesio : « Sabato 7 Luglio 1731. Oggi si è mandato biglietto per tulle le sagrestie di Roma in stampa, nel qiiale si fa sapere che S. B. conferma la scomunica e le altre pêne comminate ai giuocatori e prenditori del Lotto. » — 4. Les motifs de ce revirement ne se trouvent pas expliqués dans l'édit susdit; l'usage que le souverain pontife entendait faire et fit en effet, comme on verra, des sommes produites par le jeu du loto, justifia sans doute à ses yeux l'abandon de sa précédente attitude. — 5. Bando générale sopra il nuovo Lollo di Roma. « ... Oi'diniamo che il nuovo giuoco dei Lotli da farsi nove voltc l'anno... do\rà effettuarsi perla prima voila il 14 Febbr. prossimo nella piazza di Campidoglio. » Bibliothèque Casanatense, Collezione Bandi, 1732, n* 6. Un autre livre fut alors publié, cette fois en vers ; il était moins amer que le précédent et avait pour titre : In numerorum divinatores vulgo cabalistas, carmen; l'auteur en était le jésuite Cesare CoRDARA (1733). Il se trouve dans RaccoUa opusculi del Calogerà, vol. XII, p. 2i5. — 6. Si près même que la statue eut à souffrir les années suivantes et qu'il fallut la faire garder par un détachement de troupes. Archiv. Stor. Capit., Cred. \l, vol. 100, p. 216, séance du conseil communal du 10 décembre 1739. « Ad effetto che non restino ulteriormenle dannegiate le stalue dei Giganti dalle pcrsone in occasione delV estrazione del Lotto, il Conte Ottieri parti con Mons. Ricci Commissario délie armi perché nei giorni delV estrazione faccia custodire dai solda ti le dette statue. »
un homme connu pour sa voix sonore criait les numéros ; il était habillé de violet. L'opération dura deux heures. Le bénéfice fait par le gouvernement pontifical pendant la première année dépassa cinq cent mille écus* !
Cependant l'autorité défendait la publicité : elle empêcha les marchands d'afficher les listes des numéros sortis au tirage, de mettre en montre des affiches peintes ou imprimées*. D'autre part, on inscrivait sur des cartons barlongs les noms de quatrevingt-dix jeunes filles pauvres; sur chaque carton était un numéro et celles dont les noms se trouvaient sur les cinq numéros gagnants recevaient une dot de trente écus quand elles se mariaient ou quand elles entraient en religion '.
Le tirage au sort de la loterie fut transporté au bout de onze ans, en 1748, dans la grande loggia de la Curia Innocenziana (actuellement le palais du Parlement) *.
1. Ce bénéfice fut aussitôt réparti par le pape entre les associations charitables et les églises de la ville ; l'église del Bambin Gesù fut construite sur ce fonds, celles de S. Pancrazio,de S. Pietro in Montorio, de S. Lorenzo in Borgo reçurent des sommes variant entre trois cents et deux mille écus, qui furent employées à leur restauration ; on consacra cinq cents écus à l'achat de Uvres pour la bibliothèque vaticane et trente mille écus pour dévier le Ronco près de Ravenne. (Casanatense, MiscelL, in-fol. 140.) — 2. 11 mars 1732. Bibliothèque Casanatense, Colles. Bandit ut supra, n" 29. — 3. Procès-verbal dressé par le notaire Galosius qui présida, en 1733, au tirage de la loterie. Archiv. di Staio, Prot. 918, fol. 91, 219, 403. Extraclio quinque puellarum. Une association avait été chargée de surveiller l'organisation de la loterie ; elle en réglait le fonctionnement. Bibl. Casanat., Coll. Bandi, vol. 43, n* 14. — 4. Diario del Chracas, ad an., 2 février.
APPENDICE
L'ÉGLISE DE SANTA iMARIA ARACŒLI
LA coutume des premiers chrétiens d'élever sur l'emplacement des temples païens des ég-lises dédiées à des formes de la divinité rappelant d'aussi près que possible celles qu'on y honorait auparavant, les porta à consacrer à la Vierge l'ég-lise qui remplaça sur le mont Capitolin le temple dédié à Junon considérée comme Dea Virgo Celestis ou simplement Dea Celestis. On donnait aussi à cette déité le nom de Juno Moneta * : c'était la Junon conseillère, et ce rôle explique la légende qui se forma relativement à l'église du Capitole, car les superstitions, les imaginations du moyen âge sont presque toujours intimement liées avec les souvenirs et les réalités des époques précédentes *.
On pense que l'église Santa Maria fut construite sur les ruines du temple vers Sço, au temps de saint Grégoire le Grand ' mais la première mention qui en soit faite est de l'année 882 ; elle portait à cette époque le nom de Santa Maria in Capitolio et dépendait d'un couvent de bénédictins dont l'abbé s'intitulait Abbas CapiioUi*; ce fut à ces moines que l'antipape Anaclet fit la donation du mont Capitolin dont il a été parlé.
Le 26 juin 1260, le pape Innocent IV transféra l'abbaye et ses
I. Voir p. lî), 20. — 2. Homo, Lexique de Topo^^raphie romaine, ic/lk), p. 581. LiK^i BoRSARi, Topogî'aphia di Roma antica. Milan, i8<;7. G.\tti, (îiusepfe, Acad. Romana di Arch., Ser. Il, vol. VI, p. 33 1-349. On lit dans Cicéron, 7)e Divinatione, Liv. I, xlv : « Aique scripttim a multis esi, qutitn terrœ motus jacius essei : « Ut sue plena prociiralio fieret », vocem ab œde Junonis ex arce exstitisse; quocirca Junonem illam appellatam Monetam. » — 3. Armellini, Le Chiese di Roma, p. 540: Grisar, Roma alla fine del Mondo Anlico, 1", 336; NiBBY, Roma moderna, I, 341 ; F. Caslmero, Memorie istoriche délia (hiesa e convento di Hanta Maria in Araceli, Rome, 1K45. Il y a eu une première édition en 1736. D'après WADDiNCi, Annales Minorum, III, 25îj, ré<(Iise aurait été fondée sous Constantin le Grand, mais cette assertion paraît peu probable, étant que lors de l'invasion des Vandales en 455, les temples du Capitole étaient encore debout et qu'ils furent dépouillés par Genésric. Cf. J. Vetter, L'Ara Cn'li, Rome, iPiVj. — 4. Mabillox, Mus. Italie, II, 161; Nibby, loc. cit., p. 342; Armellini, p. 540.
dépendances aux frères mineurs de Saint-François par la bulle Lampas insignis cœlestiiim, dans laquelle il désig-ne l'abbaye sous le nom de Monasierium Sanctœ Mariœ de Capitolio *. Les Franciscains restaurèrent et embellirent l'église ; ils firent construire par Pietro Cavallini un ambon en mosaïque qui fut détruit par ordre de Pie IV, en i56i, pour permettre aux frères de se tenir dans le chœur. Cavallini représenta aussi, dit-on, en mosaïque la rencontre d' Auguste et de la Sibylle que l'on imaginait avoir eu lieu à cette place.
Ce fut en effet vers cette époque que s'accrédita la légende qui valut à l'église son nom d'Aracœli ; toutefois l'origine en est bien plus lointaine; elle eut pour cause première cette opinion que deux maîtres ne pouvaient régner en même temps sur la terre et que du moment que Jésus était apparu, le César romain devait lui céder la place ; Orose s'en fait l'interprète quand il dit, après avoir parlé de la naissance du Christ : Eodemque tempore hic, ad quem reriim omnium summa coiicesserat , dominum se hominum àdpellari non passus est; imo non ausus, quo verus dominus totius generis humant inter homines natus est^. Cette conviction prit deux formes en se propageant ; en Occident on se contenta de symboliser la dépossession du César, tandis qu'en Orient on y ajouta la substitution des nouveaux prophètes aux anciens, de la nouvelle divinité aux anciennes'. C'est de cette version que l'on
I. Wadding, II, 78; Calogera, Optisculi, XX, io3. Cette bulle n'est pas dans le Magnum Bullarium. La cession fut confirmée par le pape InnocentIV, en i25i, et par le pape Alexandre VI, en 1259. Muratori, R. Italie. Script., III', 692. Le Catalogo délie Attazie romane, dressé par Pietro xMallio et Giovanni Diacono sur la iin du xii* siècle, mentionne « 6\ Maria in Capitolio ubi est ara Filii Dei ».
— 2. A. Orosii, Historiarum adversus Paganos Litri VII, Mayence, i6i5, 1, VI, c. 22, p. 451. Cf. A. Graf, Roma nella memoria... del medio œvo, Turin, 1882, I, 3 10, qui a fait sur l'histoire de cette légende une étude des plus approfondies.
— 3. Jacques de N'oragine narre, dans la Légende dorée, c. VI, De Nativitate (édition de Lyon, i554, fol. 8; cf. Tn. Graesse, 1890), les deux légendes. « Cum ergo {Octavianiis) in die nativitatis domini consilitim super hac re convocasset et Sibylla sola in caméra imperatoris oraculis insisteret in die in medio circulus auretis apparuit circa soient, et in medio circuli virgo pulcherrima stans super aram pueriim gestans in gremio. Tune Sitylla hoc Cœsari ostendit. Cum autem imperator ad predictam visionem plurimum admiraretur, audivit vocem dicentem sibi: Hœc est ara Dei cœli. Dixitque ei Sybilla: Hic puer major te est, et ideo ipsum adora. Eadem autem caméra in honore sanctx Mariœ dedicata est, unde usqiie hoc dicitur sancta Maria ara cœli; intelligens enim imperator quod hic puer major se erat, ei thura obtulit : et Deus de castero vocari recusavit. De hoc autem Orosius ita dicit : Octaviani tempore hora circiter tertia cœlo repente liquido ac puero et sereno circulus ad speciem cœlestis arcus orbem salis ambivit quasi venturus esset, qui ipsum soient solum mundumque totum et fecisset et regeret. Hœc Orosius. Idem ait Eutropius. Refert quoque Timothœus historiografus se in antiquiis Romanorum historiis invenisse quod Octavianus XXXV regni sui anno capitolium ascendit, et quis post se rempublicam gubernaret a
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rencontre les Iraces les plus anciennes. AufiTiste, voulant savoir qui lui succédera, va trouver la Pythie qui d'abord ne lui répond rien, puis se décide enfin à lui dire qu'il lui faut quitter sa demeure parce qu'un enfant juif est né qui a soumis les dieux
et ordonne que les temples soient abandonnés, ce qu'entendant l'empereur fait élever sur le Capitole un autel avec cette inscription : autel du premier-né de Dieu, Ara Primogeniti Dci'.
dijs sollicite requlsivil. Et audtvlt vocem siH dlcentem : fiier «Ihercas ex Iko rirenle sine kmpore genilHS non mullum posl ex Inlemtrjla virgine Deus homo nasctliirus sine macuii; hocauJilo Itluram aJIficavll. cul hiinclllulum inscrif- SU : Hkc esl ira fillt Del vlvenlis. Secundo, etc. . Cf. Abnolii vos Habff, DIc fiiaerfahrt... 1407, Cologriie. 186". Itad. italienno, Arcli. Venelo. XI, [. p. \jfj. — I. JOANNE«ANTiocnENfs.dit Malau, écrivain du VI' .siècle; Hlsloi-ij Cliroiilij. puis CeriRExo, SmnAS, Nccèpiuire. Mai.ala cite TimolhSe, Cf. <i. B. nt Hll,^!I, liallclim' dl Archc-logij Chrisl., ifti,, p. R5.
La forme occidentale de la lég-ende se trouve dans les Mirabilia : « Les sénateurs voyant la beauté de l'empereur qui était telle qu'on ne pouvait le reg^arder en face, et sa prospérité sans seconde, g-râce à laquelle il avait soumis le monde à ses lois, lui dirent que tant d'avantag-es n'auraient pu lui être accordés s'il n'était pas un dieu ; il alla consulter sur ce point la sibylle de Tibur qui lui demanda trois jo\irs de réflexion pendant lesquels elle mit en œuvre ses arcanes opérations, après quoi elle dit à l'empereur qu'un roi était venu du ciel pour juger la terre dans les siècles et qu'il avait pris la forme humaine ; alors le ciel s'ouvrit et une splendeur apparut au milieu de laquelle l'empereur vit une vierg-e d'une beauté merveilleuse debout sur un autel et tenant un enfant dans ses bras ; comme il s'étonnait, une voix venue d'en haut se fit entendre à ses oreilles. « Cette Vierge, disait-elle, concevra le rédempteur du monde. » Puis encore : « Elle est la fille très chère de Dieu. » Aussitôt l'empereur se prosternant adora le Christ. Il rapporta sa vision aux sénateurs. Elle eut lieu dans sa chambre, à l'emplacement où se trouve actuellement l'église Santa Maria in Capitolio et c'est pourquoi on l'appelle S. Maria in Ara Cœli*. »
Dans la suite, cette version subit de curieuses transformations ; la sibylle prit le nom d'Ara Cœli ; Auguste convoque tous les sages; il agit par simple modestie ou par crainte qu'un plus puissant que lui devant lui succéder, les honneurs divins qu'on lui rendrait ne tournent plus tard à sa confusion *. On raconta aussi qu'un empereur avait édifié, en ce lieu, un temple qui devait durer, disaient les oracles, tant qu'une vierge n'accoucherait pas d'un enfant et qui croula au moment de la naissance de Jésus ^ ; c'est là une des formes de cette pensée d'ailleurs très juste et que l'on retrouve si souvent et si diversement exprimée au moyen âge, à savoir que l'avènement du christianisme devait forcément entraîner l'anéantissement du monde ancien.
Il est assez naturel que la légende existant sans que le lieu de
I. Mirabilis, éd. Parthcy, p. 33, 3^. Le récit de la Graphia reproduit celui-ci avec peu de variantes; il n'y est pas fait mention toutefois de l'élise. Il se termine par ces mots où se sent l'influence de la tradition orientale : « Alia vero die, dum fopultis dominum illiim vocare decrevisset, statim manu tt vultti repressit. Ncc etiam a filiis domimtm se appellari permisit, dicens : Cum sivi mortalis dominum vie dicere nolo. * Ed. C. L. Urlichs, 1871, p. 120, ligne 33. — 2. A. CiRAF, t. I, p. 3i5. — 3. Gregorovius, II, 497, 524, 525. Borsari, Topogr. dî Roma antica, p. 202 et Gatti, AUi delV Accad. Pontif. dei Ntiovi Lincei, an i({()6, p. 33r, estiment que le nom d'Aracœli vient de Ara Vinrinis Cœlestis, que l'on contractait en Ara CœlesHs, car la Juno Cœlestis s'appelait indifféremment, comme il a été dit, Virs^o cœlestis, Dea Virs^o Cœlestis ow simplement Cœlestis. On a même prétendu que Cœlestis avait pu se lire Cn'li est
APPENDICE. l4»
l'apparition ait été lixc, on l'ait situé dans le temple de la Virgo cœleslis, la première des divinités féminines de Rome et celle
qui avait charge d'à- ' ____^^^
vertir, de conseiller i ;
les Romains. Maintenant il se peut aussi que le nom d'Aracœli ne vienne pas de Ubi esl arajilii Dei mais de Arce, puisque le temple s'élevait sur cette partie du mont Capitolin appelée Arx, ou bien encore de Aurocœlo, nom donné à certaines églises, notamment à ime ég'lise de Pavie'.
Quoi qu'il en soit, le nom de S. Maria in Aracœli ou simplement Aracœli devint
le titre définitif de Pig. 40. — S. Maria Aracitli.
l'église du Capitule. (Gravure allemande du commencemoiit du siècle.) Une inscription archaïque gravée sur un autel de la chapelle de Sainte-Hélène, ' rappelait l'origine légendaire de celte appellation ;
LVMINIS HANC ALMAM MATRIS QVI SCANDIS AD AVLAM
CVNCTARVM PRIMA QVAE FVIT ORBE SITA
NOXAS QVOD CAESAR TVNC STRVXIT OCTAVIANUS
HANC ARA COELI SACRA PHOLES CVM PATET El'
L'église possédait une image de la Vierge attribuée à saint Luc, ce qui lui valut, durant la grande peste de 1348, d'abondantes offrandes avec lesquelles fut construit l'escalier qui lui donne accès; il compte cent vingt-quatre degrrés: Lorenzo di Simone Andreozzi le construisit avec des pierres enlevées du temple de Quirinus au Quirinal '. Vers 1460, le cardinal Oliviero Caraffa reconstruisit les voûtes des deux nefs latérales ; en i56i. Pic IV, renouvelant une prescription de Paul IV qui était demeurée inexécutée, fit enlever une partie des monuments funéraires dont l'église était encombrée*. Léon X fit de l'église
,. ARHEL...M, p. 54..-
2il2 LE CAPITOLE ROMAIN.
d'Aracœli un titre de cardinal. En 1564, fut ou\'erte la porte qui donne sur la place du Capitule par le portique de Vignole. Ce fut Alessandro iVlattei qui fit placer dans la lucarne qui est au-dessus de la porte la mosaïque représentant la Vierg-e entre deux ang-es qui s'y voit encore. Antérieurement on sortait par une porte qui occupait l'emplacement de la chapelle S. Matteo: elle s'ouvrait sur le cimetière et près de l'obélisque *. Grég-oire XIII ordonna à tous les propriétaires des chapelles de les restaurer, mais elles ne furent mises en état que sous ses successeurs. En souvenir de la victoire de Lépante (1571), un plafond doré fut exécuté non en cette même année comme on l'a écrit g-énéralement, mais dans les années suivantes*.
Ces embellissements étaient faits aux frais du peuple parce que le peuple était propriétaire de rég"lise. On a vu que les mag-istrats urbains siégèrent souvent, surtout au xv° siècle, dans le cloître du couvent et sous le porche de l'ég-lise. En l'année 1445, le pape Eug-ène IV avait reconnu les droits du peuple sur l'église et ses dépendances '.
core, et dont Forcella a relevé les inscriptions, se trouve celui de Biondi ou Blondi, ce descripteur de Rome dont on a eu l'occasion de citer l'ouvragre. Forcella, I, n, 519. P. Caslmiro, p. 28; Terribilini, Le Chiese di Rotna, Ms. de la Casanatense, 2i83, p. 120. — i. Boissardus, J. J., Romanœ Urtis Topog., p. 26. — 2. Séance du 20 novembre 1571. La bataille avait eu lieu le 7 septembre. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 38, fol. 847. Le 19 juin 1572, le pape Grégoire XIII autorisa, par un motu proprio, le conseil communal à prélever sur la gabelle des Études les fonds nécessaires à ce travail. « Cum,sicut accepimus, dilecH fllii... in memoriam gloriosissimœ victorix... laquear fatricari, ornari et decorari facere decreverunt.... » Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 38, fol. 38i. — 3. Par une bulle adressée aux sénateurs, conservateurs et caporioni, qu'il charge d'être à perpétuité les protecteurs du couvent et des religieux. La bulle ne figure pas dans le Magnum BulUritim ; Vitale, Storia diplom. de' Senatori di Roma, II, 413, la donne.