LES BOIS DE FEU
Avant d'étudier la crise du bois de feu, il importe de préciser quelques définitions.
Il est évident que tout arbre, depuis sa racine jusqu’à l’extrémité de ses branches, peut être converti en bois de chauffage.
Comme l’écrivait, en 1932, M. Dutilloy, directeur de l’Association Nationale du Bois, dans un rapport très documenté sur la crise du bois de feu : « dire d’un bois rond, grume (1) ou branche, que c’est un bois de feu, c’est lui assigner un emploi, non le définir».
Suivant les années et les régions, des bois de même dimension et de même nature peuvent être destinés à des usages très différents. C’est dire que la notion de bois de feu manque de limites précises.
Cette réserve faite, il n’en reste pas moins que la distinction entre les «bois de feu » et les « bois d’œuvre » est fondamentale en matière forestière. Les statistiques des Eaux et Forêts de tous les pays en font état. F
Il importe donc de connaître d’où proviennent les bois de feu et quelles sont leurs différentes formes.
Les divers peuplements forestiers se répartissent entre «feui!lus » et « résineux ».
(1) On appelle grume le bois d'œuvre coupé qui a encore son écorce.
Par ailleurs, les statistiques forestières distinguent trois sortes d'exploitations : les «taillis simples », les «taillis sous futaies » et les «futaies ».
Si les résineux s’exploitent généralement en futaies, une forêt de feuillus peut connaître successivement les trois stades. Un exemple schématique fera comprendre le mécanisme de cette évolution.
Si l’on prend le cas d’une coupe à blanc, des rejets vont naître des souches et au bout d’une «révolution » de 12 à 25 ans suivant les cas, on a un «tfaillis ».
Si, au moment de faire la coupe, on a soin de laisser en «réserves » les «baliveaux » les plus droits et les mieux venus, au bout d’une nouvelle «révolution » le boisement comprendra des arbres qui émergeront du taillis. Si l’on procède aimsi à chaque nouvelle coupe, il y aura bientôt deux étages de peuplements d’âge différents et l’on aura un «taillis sous futaie ».
Si enfin, soit qu’on augmente les réserves, soit qu’on ne les exploite pas, les arbres deviennent de plus en plus nombreux, un jour arrivera où, l’étage inférieur disparu, on aura une « futaie ».
Naturellement, on peut arrêter l’évolution au stade que l’on désire.
Les futaies et les gros arbres des taillis sous futaies fournissent surtout des bois de fort diamètre qui sont employés comme bois d'œuvre, utilisés pour la construction et l’ameublement. Cependant, nombre de billes, en raison de tares ou de difformités sont transformées en bois de feu.
Parmi les moyens bois, qui proviennent également des futaies et des taillis sous futaies, une répartition s’opère suivant les circonstances économiques entre les bois de chauffage et ceux qui iront aux mines, aux papeteries, aux fabriques de manches, ete.
Enfin, si les taillis produisent des petits bois utilisés pour la fabrication de perches ou piquets, leur principal débouché consiste néanmoins en bois de chauffage.
Parmi les bois de feu, les statistiques distinguent en général, le rondin, la charbonnette, et les fagots ou houppiers :