LES BESOINS DE LA FRANCE
Ces produits qui se présentent sous des formes très diverses soit liquides, soit solides, soit même gazeuses, sont destinés aux usages les plus variés.
Le Fuel oil constitue un combustible liquide très usité pour la chauffe des navires, des fours et des chaudières de chauffage central. Tandis que les White spirits sont surtout des solvants utilisés dans l’industrie des peintures et des vernis, les huiles lampantes, appelées vulgairement pétroles dans le langage domestique, sont employées pour l’éclairage. Le butane est utilisé pour l'éclairage, le chauffage et surtout la cuisine. La faveur dont il jouit est marquée par l’extension de sa consommation qui est passée de 232 tonnes en 1932, à près de 30.000 en 1937.
La proportion de ces divers produits diffère suivant la qualité du pétrole. Mais pour un même pétrole, elle est variable suivant les désirs du raffineur. Le procédé du «cracking », qui est un chauffage sous pression, permet en particulier d’augmenter le rendement en essence.
Ainsi toutes les matières extraites du pétrole brut trouvent leur emploi.
Les produits pétroliers utilisés comme carburants sont cependant de beaucoup les plus importants. L’essence, à elle seule, entre en compte pour plus de la moitié de la consommation française.
D’après l’Argus de l’ Automobile, les 36,6 millions d’hectolitres d’essence (1) consommés en 1937, se répartissaient sensiblement ainsi :
Motoeyelettes...::.7%00.- 933.478 hectos PROD ENOTOTROLTICES M MAT. F0 147.190 — 0,40 AVI ATIOMECINIIEE.... nee 236.225 — 0,63 Canots et moteurs fixes .. 365.000 — 0,99 Usages domestiques ...... 419.050 — TETE Véhicules industriels ...... 14.532.947 — 39,71 Voitures à passager ...... 19.993::085: — 54,61 36.627.579 — 100 DAS
(1) Dont 2.552.000 hectolitres d’alcool mélangés.
La consommation d'essence dépend donc presque uniquement de la circulation automobile. Leurs développements sont parallèles (1).
CIRCULATION D ES Essence consommée Voitures Camions (hectolitres) — =
IR RE ES TU SRE 15.902.000 642.744 306.452 LIRB ET STARTER 19.502.000 757.668 331.588 FORTS EN ONE 22.436.000 930.160 366.007 ROLL ssh Re 25.584.000 1.109.006 411.495 RUE à RTE 28.931.000 4.251.538 437.867 RIRE su vom 30.093.000 4.279.142 433.758 LS ES ARE RE RE LE 32.282.000 1.397.053 438.000 à HS ENS OP CE x 51.516.000 1.479.573 438.000 : RE LRO RARE D 30.898.000 4.547.077 435.000 RUE RS 30.908.000 1.638.300 430.000 LS 5 7 a AR PEU PES 34.073.000 1.720.542 415.000
Pour avoir une idée complète des besoins en carburants de la circulation automobile, il faut ajouter qu'une large part des 360.000 tonnes de gaz oil est utilisée par les camions Diésel dont le nombre a augmenté de 7.000 en 1932 à 32.000 en 1937.
Bien que par suite du ralentissement de l’activité économique du pays, la production automobile française ait été récemment dépassée par celle de l'Angleterre et de l'Allemagne, la France tient encore le troisième rang dans le monde quant au nombre des autos en circulation, et le second, quant au rapport de ce nombre avec celui de la population.
Aussi, n'est-il pas étonnant qu'elle tienne le troisième rang pour la consommation en carburants pétroliers et que le pro-. blème du ravitaillement se pose pour elle-même avec une importance particulière.
(1) Argus automobile du 22 mai 1938.
II. — Comment est assuré actuellement le ravitaillement de la France en carburant.
L’approvisionnement de la France en hydrocarbures est assuré presque totalement par l’importation. Les recherches faites en France n’ont donné que des résultats insignifiants et ne font guère espérer la découverte de nouveaux gisements. En dehors des petits gisements de Gabian, dans l'Hérault, et de Vaux-en- Bugey, la France ne possède qu’une exploitation importante, celle de Pechelbronn, en Alsace, qui produit environ 70.000 tonnes de pétrole par an.
A. Les importations pétrolières. — a) Importance et nature. — En 1936, les importations de produits pétroliers en France ont atteint 7.311.232 tonnes et 7.757.636 en 1937 (1).
Le fait qu’elles dépassent largement la consommation annuelle s'explique par deux raisons :
Tout d’abord, dans un motif de sécurité nationale, les Pouvoirs publics obligent les raffineurs et les importateurs à constituer des stocks importants qui doivent atteindre un pourcentage élevé des produits importés.
D'autre part, la France vend à l’étranger du pétrole raffiné : 513.635 tonnes en 1936 et 592.837 en 1937 (1).
Ces exportations s’expliquent par le développement en France d’une industrie du raffinage.
Les Pouvoirs publics, partant de cette idée qu’il est plus facile de se procurer du pétrole brut que des produits raffinés, et que la création d’une industrie du pétrole en France présente ainsi un intérêt de défense nationale en même temps qu’elle est une source d’activité économique, ont accordé aux raffineurs des avantages fiscaux appréciables.
Aussi, tandis qu’en 1928 la France n’importait guère que du
(1) Guide du pétrole, 1938.
Muzopier. Carburant. 3
pétrole raffiné, en 1937 elle achète à l'étranger 6.100.000 tonnes de pétrole brut, et seulement 1.600.000 tonnes de raffinés.
b) Provenance. — En 1936, les importations françaises de pétrole se répartissaient ainsi :
Tonnes %