‹ Le Carburant ForestierChapitre 3 sur 99 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

En réalité, il faut attendre le xix® siècle pour voir l'apparition d’une économie véritablement mondiale.

Elle n’est alors rendue possible que par la coexistence d’un fait et d’une doctrine.

Le fait, c’est l'extension foudroyante du machinisme qui permet de produire en grandes quantités des objets et de les écouler grâce à la rapidité accrue des transports. La doctrine, c’est celle de la Révolution Française : le libéralisme, l’individualisme, l’idée que l'individu est la base et la raison d’être de la vie économique comme de la vie sociale.

Pendant tout le xix® siècle, grâce aux débouchés immenses qu'offre à l’Europe le reste du monde, l’économie mondiale se constitue et se développe.

Les Etats se spécialisent. Leurs productions deviennent complémentaires. Quelques grandes Bourses fixent chaque jour les prix mondiaux des principaux produits. La société anonyme permet la constitution de groupements puissants, rayonnant sur le monde entier. La négociabilité des valeurs mobilières permet aux possédants de désolidariser leurs intérêts de leur patrie et crée la classe internationale des capitalistes. L'adoption successive de l’étalon-or par toutes les grandes nations crée enfin une monnaie universelle, sûre, commode et de bon aloi.

Ce mécanisme délicat et complexe, merveilleux et fragile, n’a pas résisté à la Guerre et à la Crise Economique qui l’a suivie.

À vrai dire, l’une et l’autre n’ont fait que précipiter une évolution qu’il était possible de discerner dès les premières années du xxe siècle.

Mais il ne s’agit pas ici d'étudier les causes de destruction de l’ancien équilibre économique, et de discuter si ce déclin n’est que la conséquence fatale de l’évolution du capitalisme, ou s’il est dû aux erreurs des hommes quin’ont plus voulu en respecter les lois.

Du moins, le fait est là : lorsque la crise est venue mettre en péril les finances, les monnaies, les niveaux de vie, toutes les mesures qu'ont instinctivement réclamées l’Opinion et prises les Pouvoirs publics ont eu essentiellement pour but de protéger les économies nationales des répercussions extérieures.

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