‹ Le Carburant ForestierChapitre 45 sur 99 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

A. Ressources en bois et en carburant. — L'Italie n’est pas un grand pays forestier. Elle ne possède que 4 millions d'hectares de forêts, soit 13 % de la superficie totale.

Elle consomme par contre une grande quantité de bois de feu et surtout de charbon de bois, dont l’usage est encore extrêmement répandu dans le sud de la péninsule tant pour le chauffage que pour la cuisson des aliments.

En 1929, l’excédent d'importation de bois de feu était de 408.000 tonnes, représentant 42 millions de lires ; celui de charbon de bois était alors de 115.000 tonnes, représentant une valeur de 31 millions de lires.

L'importance de ces chiffres s’explique d’ailleurs en partie par le fait que, pour des raisons d’économie et de commodité, on préférait importer du bois de feu que d’exploiter les forêts italiennes.

A partir de 1931, l'Italie est, comme la France, atteinte par la crise des bois de feu. A la séance du 22 février 1933 de la Chambre des Députés d'Italie, au cours dela discussion du Budget de l’Agriculture, le prince Rodolphe Borghèse prononce un important discours où, après avoir dénoncé comme causes de la crise des bois de feu le poids des charges fiscales, la concurrence étrangère et celle des autres sources d’énergie, il envisage comme principal remède le développement des gazogènes.

C’est cependant moins par un souci d’aide à l’agriculture que pour des raisons militaires que l’emploi des carburants forestiers a été très rapidement poussé depuis 1928.

L'Italie, comme la France, est presque totalement dépourvue de gisements pétrolifères. Elle possède cependant dans le Sud d’assez abondantes ressources de gaz naturels. Mais elle est par contre très pauvre en houille. Sa situation en Méditerranée permet de lui couper facilement tout ravitaillement par mer en produits pétroliers.

Le régime fasciste s’est par suite efforcé de mettre la main sur les gisements proches de l’Italie. C’est une des raisons essentielles qui l’ont poussé à établir une sorte de protectorat occulte sur l’Albanie, laquelle est pourvue de quelques gisements importants.

La guerre d’'Abyssinie, en faisant peser pendant de longs mois sur l'Italie la grave menace des sanctions, devait l’orienter définitivement dans la voie de l’autarchie. Tous les efforts des savants et des ingénieurs étaient désormais tendus, sous l’impulsion du gouvernement, vers la réalisation, en le temps le plus bref, de l’indépendance totale du pays en carburants.

Ces efforts étaient d’ailleurs secondés par le haut prix de l’essence, qui atteignit 4 et même 5 lires durant la guerre d’Abyssinie.

À l'heure actuelle, on estime que la dépense de carburant par CV. à l’heure s'établit ainsi :

0,18 lire pour le bois,

0,24 lire pour le charbon de bois, 0,32 lire pour le mazout.

1,16 lire pour la benzine.

Sous l’impulsion du Consiglio Nazionale delle Richerchi, l’utilisation de toutes les ressources de carburants était développée de façon intensive, si bien qu’au cours de 1937, le chef du gouvernement prévoyait qu’en 1938 la consommation annuelle de

l'Italie en carburants, estimée à 600.000 tonnes (1), pourrait être ainsi assurée :

Huiles minérales nationales ............ 390.000 tonnes dont 100.000 provenant des calcaires et schistes bitumeux.

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