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V. — Gazogènes fixes

Ce sont les mêmes raisons : facilités d’approvisionnement, marche continue et régulière du moteur, qui doivent pousser au développement du gazogène fixe (1).

Le constructeur n’est plus gêné par la nécessité de fabriquer un gazogène léger d’encombrement réduit. Il peut le construire économiquement en matériaux solides. Il peut lui donner une capacité assez grande pour espacer les rechargements.

De simples particuliers, quelque peu bricoleurs, peuvent fabriquer à peu de frais des appareils susceptibles d’alimenter des moteurs.

L'usage du gazogène fixe rendrait surtout de grands services aux entreprises utilisant du bois comme au paysan :

A. Entreprises utilisant du bois. — Les chantiers forestiers et les scieries ont besoin d’une force motrice qui leur est souvent fournie par les huiles minérales ou par l'électricité. Celleci, certes, a l’avantage d’être à la fois un produit peu coûteux et un produit national. Mais la distribution peut comporter des arrêts qui amènent l'interruption momentanée de l’exploitation. Aussi le chef d'entreprise désire-t-il souvent produire lui-même l'énergie dont il a besoin.

Le bois dont il dispose lui permettra d’alimenter de façon tout à fait économique le ou les gazogènes qui, par l’intermédiaire d’un groupe électrogène fourniront à l’entreprise lumière, chaleur et force motrice.

La plupart des grandes entreprises utilisent du bois pour la fabrication des produits finis (automobiles, par exemple). L’installation de gazogènes doit leur permettre de tirer meilleur parti des déchets de bois.

(1) On entend par gazogène fixe tout gazogène qui n’est pas utilisé pour la traction, c’est-à-dire aussi bien le gazogène démontable et transportable que le gazogène établi à demeure.

B. Paysans. — Le travail agricole tend à se moderniser de plus en plus. En particulier, les appareils mécaniques se généralisent heureusement pour de nombreuses tâches : fabrication du fromage, battage, travaux domestiques, etc. La force motrice devient donc peu à peu nécessaire à la ferme. Or, l’essence est chère et l'installation électrique, conçue pour l’éclairage, n’est pas toujours suffisante pour fournir une force motrice appréciable.

Or, le paysan dispose presque toujours de quantitésede bois importantes : bois mort utilisé pour le chauffage, bois pour les piquets de clôture, pour la réparation des granges, la confection de parcs d’animaux.

Dès lors, l'installation de gazogènes démontables, faciles à déplacer, doit lui procurer à bon marché la force motrice nécessaire.

Pour lui, pas de difficultés d’approvisionnement qui gênent le développement de l’utilisation du gaz des forêts.

Pendant les longues soirées d’hiver, il peut tout à loisir débiter le bois ; dans ses granges ou ses hangars il dispose de toute la place voulue pour le faire sécher.

Il y a là des possibilités de développement considérables.

Le carburant forestier doit en effet être surtout un carburant paysan. En lui apportant une nouvelle source de bien-être, en le rendant plus indépendant dans ses achats, le carburant forestier doit faire sentir au paysan que le travail du sol demeure la grande source de richesse et, par suite, en l’attachant davantage à sa terre, l’inciter à en utiliser toujours mieux les ressources.

Une petite industrie artisanale et campagnarde pourrait naître ainsi à peu de frais, et aider à une décentralisation, souhaitable pour l’avenir de la nation comme pour le sort des habitants.

Au terme de cette étude sur les possibilités économiques du gaz des forêts, il est permis de se montrer optimiste.

Le carburant forestier est facile à produire en quantités abondantes.

Si la revalorisation du bois de feu, qui est un des buts de son

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utilisation, doit amener une certaine hausse sur leurs prix actuels, le bois et le charbon de bois carburants, parce qu’ils sont d’une fabrication facile et parce qu’ils utilisent une matière très répandue, resteront toujours des produits peu coûteux.

Enfin les progrès techniques réalisés permettent leur utilisation pratique dans la plupart des cas où le besoin de force motrice se fait sentir.

L'emploi du bois comme carburant doit amener en même temps un renouveau de ses utilisations anciennes. C’est ainsi qu’il devrait entraîner un retour à la cuisson du pain au bois. Malgré qu'il soit prouvé que le pain cuit au bois est le meilleur, le chauffage des fours au mazout s’est développé depuis la guerre (1). Tous les fours seront à nouveau chauffés au bois le jour.où les boulangers s’apercevront qu’il y a là pour eux une source d'économies, grâce à l’utilisation de la braisette produite pour l’alimentation de leurs camionnettes de livraison.

(1) Il existe en France environ 6.000 fours au mazout sur 40.000.

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