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MANIFESTATIONS DE PROPAGANDE

nisé par les Régions économiques de Limoges (7€) et de Clermont- Ferrand (17€) avec le concours des Conseils Généraux, des Chambres de Commerce, des Chambres d'Agriculture et des Chambres de Métiers de France. Malgré son titre, ce Congrès a très vite pris une importance nationale, tant par le nombre et la qualité des congressistes que par l’intérêt soulevé. Durant quatre jours, les séances furent suivies avec assiduité par trois à quatre cents congressistes, représentant les milieux les plus divers, propriétaires forestiers, entrepreneurs de transports, fabricants de charbon de bois, marchands de bois, patrons de scieries, constructeurs de gazogènes et de voitures à gazogène, inspecteurs des Eaux et Forêts, représentants des associations automobiles, ete... La présence effective de plusieurs ministres, de nombreux parlementaires et d’un général délégué par le ministère de la guerre a marqué l'importance désormais nationale du carburant forestier. Ce fut d’ailleurs là-dessus qu’insistèrent tous les orateurs. Le succès fut dû en large partie à la parfaite organisation et à l’heureuse idée, qu’avaient eue les organisateurs, de partager judicieusement les jours entre les séances d’étude et les heures consacrées aux démonstrations de carbonisation, aux épreuves pratiques d’utilisation de gazogènes, ou tout simplement au transport en caravane dans une des plus belles régions de France. De Limoges à Clermont-Ferrand, en passant par Brive et Tulle, une caravane, longue parfois de plus de cent voitures dont un grand nombre équipées à gazogène, parcourut plus de 500 kilomètres par des chemins parfois très difficiles, sous un ciel très beau et dans latmosphère la plus cordiale.

Le 17 juillet, le Congrès s’arrêta quelques instants au Barrage de l’Aigle sur la Dordogne pour y célébrer la fin des travaux préparatoires qui vont permettre la construction même du barrage, montrant ainsi la solidarité entre le bois et l'électricité, tous deux carburants nationaux.

Enfin, le matin du 18 juillet eut lieu une épreuve de régularité et d'endurance à laquelle prirent part vingt-huit voitures à gazogène (quatorze camions et quatorze voitures de tourisme), entre Tulle et Clermont Ferrand (140 kilomètres).

Des manifestations locales moins importantes n’ont cessé de se développer ces temps derniers. On peut citer entre autres le Congrès Breton du gaz des forêts en 1937 et le Rallye Congrès organisé en mai 1938 à Tours par la Ligue de Défense des Carburants Français.

Tout récemment du 12 au 18 septembre 1938 un rallye de propagande, du Puy à Clamecy par Brioude, La Chaise Dieu et Vichy, a connu le plus vif succès.

b) Congrès internationaux. — La France n’a pas manqué de participer avec assiduité aux différents congrès et conférences internationales organisés, depuis 1930, tant par le Comité International du Carbone Carburant que par le Comité International du Bois, et où le gaz des forêts a fait l’objet de travaux de plus en plus étendus.

C. Foires et expositions. — Le même souci de propagande a amené à profiter de la tenue d’expositions ou de foires importantes pour y présenter les diverses utilisations du gaz des forêts.

C’est ainsi qu’au Salon de l’Automobile ont été d’abord timidement présentées quelques voitures à gazogène. En peu d’années, ce moyen de propagande s’est développé à tel point que le Salon 1937 a pu être présenté comme le Salon du gazogène.

Depuis 1936, une Exposition Nationale du Gaz des Forêts a lieu chaque année à la Porte de Versailles à Paris, en même temps que le Salon de la Machine Agricole.

Les stands présentant des gazogènes fixes ou mobiles occupent

par ailleurs une place chaque année plus importante à la Foire de Paris.

IT. — Action du Ministère de l'Agriculture.

À. Formes d'action et de propagande. — Parce qu’il ouvre un nouveau débouché au bois, le carburant forestier ne pouvait pas manquer d’intéresser tout de suite le Ministère de l’Agri-

culture, et particulièrement la Direction Générale des Eaux et Forêts.

Aussi, dès 1923, le Ministère de l'Agriculture instaurait ses propres expériences. Comme la plupart des appareils fonctionnaient alors au charbon de bois, il organisa en 1925 le concours de Sénart destiné à encourager l'emploi des appareils mobiles pour la carbonisation des bois en forêts.

En 1928, avec l’aide de l'Office National des Recherches et des Inventions, et l’appui de l'Office National des Combustibles Lignites, le Ministre de l’Agriculture organisait à Versailles une exposition dans un cadre élargi. Le matériel présenté concernait l’exploitation mécanique du bois, la carbonisation, et le fonctionnement des gazogènes fixes ou mobiles.

En 1929, le Ministère de l'Agriculture accordait son patronage à l'important Congrès du Carbone Végétal tenu à Lyon sous les auspices de la Compagnie P. L. M.

Désormais, il n’est plus de manifestations nationales ou locales de quelque importance où la Direction des Eaux et Forêts n'offre son concours.

En 1933, devant l’urgence de pallier à la mévente du bois de feu, le Ministère de l’Agriculture décide d’inciter les constructeurs à donner un nouvel essor au gazogène. Il s’agit de montrer que le gazogène est entré dans le domaine pratique. C’est pourquoi, en même temps que le rallye annuel des carburants nationaux, il y a pour la première fois un concours de voitures de tourisme à gazogène, doté de prix importants. Le premier prix de 100.000 fr. est gagné par une voiture à charbon de bois Panhard.

Mais la direction des Eaux et Forêts ne s’est pas bornée à organiser des rallyes ou à prendre part à des congrès. Elle n’a pas hésité à prêcher l'exemple en utilisant pour ses services des véhicules à gazogènes. Elle a organisé à Versailles un parc muni de véhicules divers, autocars, camions de propagande, qui sont prêtés bénévolement pour des manifestations commerciales.

En même temps, elle collaborait avec le Comité de Culture Mécanique à l’étude des applications du gaz des forêts à l’Agriculture.

Le laboratoire de la Station d’Essai de Machines, qui dépend

du Ministère de l'Agriculture, fit également de nombreuses expériences pour le perfectionnement du gazogène.

Cette action persévérante de la direction des Eaux et Forêts a été développée encore depuis la création en 1935 d’un soussecrétariat d'Etat à l'Agriculture, supprimé en mars 1938, et que dirigea pendant près de deux ans M. André Lyautey, député de la Haute-Saône.

L’appui porté par le Ministère de l’Agriculture au carburant forestier dépassa désormais le cadre des Eaux et Forêts et de nouveaux organismes furent créés dans la dépendance plus ou moins officielle du Sous-Secrétariat d'Etat. ù

La propagande ancienne a été développée sous les mêmes formes : organisation de rallyes, de foires expositions, de congrès.

En même temps, la Direction Générale des Eaux et Forêts continuait à acheter pour ses services un nombre important de véhicules à gazogène. C’est ainsi que, au début de 1937, elle possédait 19 voitures de tourisme, 26 camions, 2 fourgons, 1 autobus et 3 cars marchant au gaz des forêts (1). Depuis, ce rombre a encore augmenté.

La Direction des Eaux et Forêts emploie également des ensembles complets destinés à la confection des routes, tels que les groupes compresseurs d’air, rouleaux, goudronneuses, etc.

A l’occasion de l'Exposition Internationale de 1937, deux péniches ont été équipées au gaz des forêts et présentées sur la Seine.

De nombreuses conférences de propagande ont été faites par des Inspecteurs des Eaux et Forêts, en particulier dans les régions forestières.

Des films ont été édités dans le même but. Il y a lieu d’insister sur cette forme de propagande, qu’ils serait bon d’intensifier, car elle donne des résultats étonnants. La presse et même la radio

(1) Chiffres extraits du rapport présenté par M. LEBELLIER au nom de la Commission des Mines de la Chambre sur une proposition de résolution de M. RogerT SÉRoT et plusieurs de ses collègues. — J. O., Documents parlementaires, 1937, Annexe 2206. Î

ne touchent en effet aisément que les gens déjà au courant de la question, ou désireux de se renseigner. Le film, au contraire, s’impose véritablement à l'attention des spectateurs. Il importe pour cela qu’il soit court, attrayant, bien fait, afin de pouvoir être présenté comme documentaire dans les salles commerciales sans rebuter le spectateur qui est venu pour se distraire.

Le Car Exposition, de la Direction des Eaux et Forêts, fonctionnant au gaz des forêts, a fait de nombreuses tournées de propagande, non seulement en faveur du gazogène, mais également en faveur du chauffage au bois ou au charbon de bois.

Afin d’améliorer la distribution des carburants forestiers, le Ministère de l’Agriculture a créé des centres de carbonisation dans des régions qui en étaient dépourvues, et s’est abouché avec les distributeurs de pétrole pour organiser des dépôts de carburants forestiers.

Le besoin de chauffeurs expérimentés s’étant fait sentir pour la conduite des véhicules à gazogène, le Sous-Secrétaire d'Etat a créé deux centres d'instruction, l’un à Versailles, l’autre à Port-sur-Saône, en Haute-Saône. Un enseignement, à la fois théorique et pratique, est donné aux stagiaires par des moniteurs expérimentés. On l’a complété depuis par des séances de carbonisation à l’aide de fours mobiles. De nombreuses bourses peuvent être attribuées aux stagiaires. Récemment un troisième centre a été créé au Mans.

Afin de sanctionner ces études, un arrêté du 11 août 1937 a créé un certificat d'aptitude à la conduite des moteurs à gazogène, qui est décerné gratuitement. La seule condition exigée pour se présenter à l’examen est d’être titulaire du permis de conduire ordinaire décerné par l’autorité préfectorale. Plusieurs examens ont déjà eu lieu. Au dernier, qui a eu lieu le 2 mai 1938, 30 candidats ont obtenu le certificat d’aptitude.

L’Administration des Eaux et Forêts utilise volontiers pour ses services les candidats diplômés, ou les recommande aux propriétaires de véhicules à gazogènes.

Le train des équipages de l’armée forme de son côté chaque année un nombre important de conducteurs de gazogènes.

B. Organes d'action et de propagande. — Longtemps la Direction des Eaux et Forêts fut seule à s’occuper au Ministère de l'Agriculture de l’action en faveur du gaz des forêts. Mais, ces dernières années, ont été créés plusieurs organismes de coordination et de propagande, rattachés plus spécialement au Sous- Secrétariat d'Etat à l'Agriculture, tant que celui-ci a subsisté.

Conseil supérieur des carburants forestiers. — Ce Conseil n’est à vrai dire que la réincarnation du Comité National du Gaz des Forêts, créé par un arrêté du 22 mai 1935 (1). Ce dernier était «chargé de donner son avis sur les questions qui lui sont soumises par le Ministre de l'Agriculture, relatives notamment à l'emploi des véhicules à gazogène, au recrutement et à l’instruction du personnel nécessaire à leur utilisation, ainsi qu’à la fabrication, au conditionnement et à la distribution du carburant ».

En dehors de son Président, le Ministre de l’Agriculture, le Comité se composait à l’origine de 33 membres, soit choisis par le Ministre parmi les parlementaires, agents des Eaux et Forêts, personnalités forestières, constructeurs de gazogènes, soit représentants des divers autres ministères intéressés.

Un arrêté du 3 mars 1938 (2) a supprimé ce Comité et créé le Conseil Supérieur des Carburants Forestiers, dont le but est le même et dont la composition n’est guère différente.

Certains membres, au lieu d’être nommés par le Ministre, le sont désormais de droit. Ce sont essentiellement les Présidents des groupes forestiers de la Chambre et du Sénat, de hauts membres de la direction des Eaux et Forêts, et les Présidents des principales associations relatives au bois et au charbon de bois. De plus, six sénateurs, six députés, dix membres et un secrétaire sont nommés par le Ministre.

Durant les mois suivants, de nombreuses modifications ont d’ailleurs été apportées à cette composition, afin de satisfaire les réclamations d'intérêts divers qui estimaient avoir droit à une représentation.

(1) J. O. du 24 mai 1935.

(2) J. O. du 10 mars 1938.

Comité technique supérieur des carburants forestiers. — Ce comité a été créé par le Sous-Secrétaire d'Etat à l'Agriculture pour opérer la coordination des recherches techniques. Il se composait de techniciens, d’administrateurs, d'usagers. Bien que se réunissant au Ministère de l’Agriculture, il ne faisait pas partie de l'administration. Ce comité a disparu en même temps que le Sous-Secrétariat d'Etat.

Organisation d’un service d’archives de documentation et de renseignements. — On relève dans le rapport du délégué français à la Troisième Conférence Internationale d'Utilisation du Bois qu’un tel service aurait été organisé également au Ministère, possédant en particulier sur la question du gazogène un nombre considérable de dossiers, établis de façon aussi moderne que rationnelle, et tenus à l’entière disposition du public. Ce service de renseignements, s’il a jamais effectivement fonctionné, n'existe plus aujourd’hui.

Depuis la suppression du Sous-Secrétariat à l'Agriculture, les anciennes attributions des deux organismes précédents sont confiées à la « Commission des gazogènes » qui dépend des eaux et forêts. De plus, comme par le passé, la Station d’Essais du Ministère de l’Agriculture s'occupe de la mise au point technique des gazogènes.

Société Nationale pour l’encouragement à l’utilisation du gaz des forêts. — Malgré son titre, il ne s’agit pas ici d’une société commerciale, et moins encore d’un établissement public. La Société Nationale pour l’Encouragement à l’Utilisation du Gaz des Forêts est une simple association privée déclarée, soumise à la loi de 1901.

Elle a été créée en 1937 dans les buts suivants, précisés par ses statuts :

19 Etude des perfectionneemnts techniques des gazogènes à bois, à charbon de bois, et leurs procédés d'emploi.

20 Propagation de l’usage de ces gazogènes.

30 Equipement du pays en dépôts de carburants d’origine forestière.

4° Propagation de ces carburants.

Il convient de parler de cette société à propos de l’action du Ministère de l'Agriculture parce qu’en fait, bien que simple association privée, elle a travaillé en étroite collaboration avec le Sous-Secrétaire d'Etat qui en est actuellement le Président d'honneur,

D'ailleurs la quasi totalité de ses ressources proviennent du produit d’une taxe créée en 1935 et dont il faut dire quelques mots.

Taxe de Revalorisation des produits forestiers. — Un décret-loi du 9 août 1935 a créé une surtaxe de 2 % sur les adjudications de bois, dont le produit est destiné à la revalorisation du bois :

ARTICLE PREMIER. — « Il est perçu en supplément de la taxe forfaitaire de 10 %, due par les adjudicataires de coupes de bois dans les forêts soumises au régime forestier une taxe de 2 % dont le produit, inscrit dans un chapitre spécial du Ministère de l'Agriculture, sera affecté à la revalorisation des produits forestiers et à la recherche des débouchés nouveaux pour les bois.

Le montant de ce chapitre sera employé en subventions et en primes diverses par le Ministre de l’Agriculture, après avis d’une commission de revalorisation des bois, siégeant au Ministère de l’Agriculture. »

Bien qu’elle soit destinée à profiter à l’ensemble de la production forestière, cette taxe ne porte donc pas sur les ventes faites par les propriétaires privés. Par ailleurs les importateurs de bois ont consenti à verser bénévolement une certaine somme par tonne de bois importée. Fixée d’abord à 1 fr. 50 par tonne, cette redevance a été portée à 3 fr. 50 par un arrêté du 29 mars 1937 (1). Elle est perçue par le Comité Interprofessionnel des importateurs de bois, qui en reverse désormais une partie dont le montant est fixé chaque année à forfait par le Ministre de l'Agriculture.

L'arrêté du 7 septembre 1935 a nommé les membres de la Commission de Revalorisation du Bois, chargée de surveiller

(1} J. O. du 4 avril 1937,

l’emploi de la taxe. Elle se composait de 13 membres, dont 4 parlementaires, 2 agents supérieurs des Eaux et Forêts, 5 représentants des industries du bois, un représentant du Ministère des Finances, et un représentant du Ministère de l'Intérieur.

Depuis lors, des arrêtés du 24 décembre 1935, 14 août 1936, 30 décembre 1937, 3 janvier 1938, et 17 janvier 1938, ont modifié la composition ou complété l’organisation de cette commission.

Un décret du 12 septembre 1938 (1) vient enfin de la remanier complètement.

Désormais, la Commission de Revalorisation du Bois comprend, sous la présidence du Ministre de l'Agriculture, 50 membres, soit : 9 représentants du Parlement, 16 de la production, 8 de l’utilisation, 11 des ministères, 6 de l’enseignement.

Un secrétariat administratif permanent est créé, qui est « chargé, sous l’autorité du directeur général des Eaux et Forêts, de toutes les opérations administratives de préparation des programmes à soumettre à l’examen de la commission et à l’approbation du Ministre de l’Agriculture ».

Des sous-commissions spécialisées pourront être éventuellement créées.

Bien qu’elle soit une nouvelle atteinte à l’ancienne règle de non affectation des deniers publics, la création de cette taxe modérée, pesant sur ceux-là mêmes qui sont appelés à profiter d’une revalorisation du bois, se justifiait bien par la grande utilité de ses buts.

Cette taxe rapporte annuellement plusieurs millions ; un rendement de 4.600.000 fr. est prévu pour 1938.

Une large part du produit de cette taxe a été affectée depuis 1936 en subvention à la Société Nationale d’'Encouragement à l’Utilisation du Gaz des Forêts, qui a d’ailleurs le même secrétaire que la Commission de Revalorisation.

D'autres Sociétés, la Société Nationale d’'Encouragement à l’Utilisation des kois français, en particulier, également subven-

J. O. du 21 septembre 1938.

Mazonter. Carburant. 16

tionnées au moyen de la taxe de 2 %, ont également leur siège social à la même adresse que la Société d’Encouragement.

Celle-ci a eu une activité assez importante depuis sa création. Elle a fait éditer diverses brochures de propagande. Elle subventionne plusieurs journaux forestiers, dont l’un est rédigé à son siège social.

I1 semble toutefois qu’un large travail lui reste à accomplir pour la constitution d’un centre de statistiques détaillées et de renseignements précis sur les différents aspects de la question du gaz des forêts. C’est ce but que le service d’archives, de documentation et de renseignements, créé au Ministère de l’Agriculture, s'était sans doute proposé. Il semble toutefois qu'un tel service, qui doit être largement ouvert au public, rentre mieux dans les attributions d’un organisme privé. Il s’agit là, 1l est vrai, d’un travail considérable, étant donné le manque de statistiques sérieuses en France. Mais c’est un travail nécessaire. Bien des gens hésitent à acheter un camion à gazogène, car ils ignorent si la technique en est véritablement au point, s'ils pourront se ravitailler en carburant, de quelles exemptions d'impôts ils jouiront, comment établir un prix de revient complet.

IIT. — Action du Ministère de la Guerre :

A. Utilisation de gazogènes pour ses services. — Dès la fin de la guerre, l’armée a donné l’exemple de l'emploi du carburant forestier.

De nombreux gazogènes ont été achetés et adaptés aux camions utilisés par certaines unités du train. Il y en a actuellement 600 à 700 en service, dont beaucoup sont anciens.

Leur utilisation a donné parfois certains méeomptes, dus moins à Fimperfection de l'outillage qu’à l’inexpérience des conducteurs du début.

C’est ainsi que les mêmes camions qui en 1929 avaient été jugés peu satisfaisants ont obtenu d’excellents résultats lors de la tournée de propagande de 1936 parce qu'entre temps on s'était préoccupé de la formation des chauffeurs.

Le 122e escadron du train de Metz est en particulier entièrement équipé de camions à gazogènes. Bien qu'ils fussent en service depuis sept ans, ils ont joué un rôle, désormais historique, au 7 mars 1936, lors de l’occupation de la Rhénanie par les troupes allemandes. Alertés en pleine nuit, ces vieux camions réussirent à transporter en un temps record troupes et matériel sur la ligne Maginot, prouvant ainsi qu’on pourrait légitimement compter sur eux pour la défense nationale.

Néanmoins, les milieux militaires ont été souvent partagés, non sur la nécessité du développement du carburant forestier dans le pays, mais sur l’opportunité de leur utilisation par l’armée.

Aussi une certaine hésitation s’est-elle marquée à acheter dès le temps de paix des véhicules à gazogènes, et l’on à eu tendance à préférer l’achat de gazogènes amovibles, qu’on pourrait éventuellement installer lors d’une mobilisation sur des véhicules à essence réquisitionnés.

Une telle formule, techniquement mauvaise, ne saurait constituer une véritable politique du gazogène. Il faut nettement prendre parti pour ou contre son emploi militaire. |

C’est ce qu'ont fait le Maréchal Pétain et le Général Maurin, interprètes, semble-t-il, des conceptions de FEtat-Major.

Le Maréchal Pétain, en particulier, dans un article de la Revue Hebdomadaire du 25 avril 1936, où il apportait toute son autorité à l’appui de la cause du carburant forestier, demandait que le département de la Guerre orientât sa politique de marchés «non pas vers la fabrication d’appareils gazogènes amovibles qui ne donneraient qu’un mauvais rendement technique, mais vers l’achat de véhicules à gazogène proprement dits ».

B. Attributions de primes. — [L'article 103 de la loi de finances du 28 avril 1910 autorise le Ministère de la Guerre à attribuer des primes aux propriétaires de véhicules automobiles de certains types. Il s’agit essentiellement de camions et tracteurs de gros tonnage qui seront réquisitionnés en cas de guerre, et dont le Ministère de la Guerre a intérêt à soutenir l’emploi dès le temps de paix.

Un arrêté du 2 septembre 1921 a organisé l’attribution de ces primes qui se faisait en deux étapes. Tout d’abord les constructeurs devaient faire agréer leurs madèlestypes par une commission dite «commission centrale militaire », et qui comprenait une majorité de membres militaires nommés par le Ministre de la Guerre et quelques membres civils, représentants des constructeurs et délégués des ministres de l’Agriculture et des Travaux Publics.

Les propriétaires de véhicules, conformes aux types déclarés aptes à être primés, devaient ensuite faire une demande à une «commission régionale » composée de 3 officiers, à laquelle ils devaient soumettre leurs véhicules pour vérification.

Les primes accordées étaient de deux sortes : il y avait une prime d’achat, et des primes d’entretien annuelles versées pcndant les trois années qui suivaient l’achat, à condition que le propriétaire prouvât le bon état d’entretien du matériel acheté.

Un nouvel arrêté du 24 décembre 1925 a modifié ce système et augmenté les primes, qui, pour un camion porteur de 7,5tonnes, pouvaient s'élever à 6.500 fr. pour la prime d’achat et à 2.500 fr. pour la prime annuelle d'entretien, soit au total en 4 ans à 14.000 fr.

Une part importante de ces primes, qui intéressaient tous les poids lourds, a été attribuée aux propriétaires de camions à gazogène. Des primes ont été données également aux constructeurs, à la suite de concours militaires richement dotés, qui eurent lieu en 1927, 1928, 1929 et 1931.

Depuis le 1er janvier 1935, le département de la guerre n’attribue plus de primes. On y a renoncé à la fois à cause de leur efficacité insuffisante et de la difficulté du contrôle, mais surtout parce que le régime fiscal institué en 1933 avantageait par ailleurs les véhicules à gazogène.

Le nombre total des primes attribuées à des camions à gazogène en vertu de l’arrêté ministériel du 24 décembre 1925 aurait été de 450 (1).

(1) Chiffre fourni à la date du 20 février 1935 par le Ministre de la Guerre en réponse à une question écrite n° 11516 de M. Rucart.

L’appui financier de l’armée, tant en primes qu’en achats, a donc été important, et supérieur à celui de toutes les autres administrations. Le Maréchal Pétain l’évalue dans son article à 45 millions.

C. Rallyes. — L'armée a libéralement apporté son concours aux diverses manifestations de propagande pour le carburant forestier. Elle en a elle-même organisé plusieurs.

Elle a prêté ses conducteurs et ses camions dans de nombreuses occasions, et le Ministre de la Guerre a souvent désigné des généraux pour suivre les manifestations en faveur du gaz des forêts. Elle a participé effectivement, en particulier, aux rallyes organisés annuellement par l'A. C. F.

On se bornera à citer quelques-unes de ces interventions les plus importantes et les plus récentes.

Au rallye international Rome-Bruxelles-Paris de 1935, le Ministère de la Guerre avait délégué le Général Pegay, Inspecteur général du matériel automobile, et toute une équipe militaire chargée de suivre le rallye comme contrôleurs.

A l’occasion de la participation du 122 escadron du train automobile aux manœuvres du $S. E. et du N. O., le Ministre de la Guerre organisa, d'accord avec le Ministre de l'Agriculture, un rallye uniquement composé de camions à gazogène. 147 camions militaires firent à travers 27 départements un périple de 4.000 kilomètres.

Par ailleurs, les Services de l’Artillerie et du Train ont apporté leur contribution à la mise au point des gazogènes pour des essais d'endurance et des essais au banc, rigoureusement contrôlés, faits en particulier par la Commission d’Expérimentation du Matériel Automobile à Vincennes.

C’est donc en parfaite connaissance de cause que les milieux militaires autorisés se sont montrés de plus en plus favorables au développement des gazogènes.

Il n’est pas de manifestation importante où n’assistent à titre officiel des officiers généraux. Tout récemment encore, une nouvelle preuve de l’intérêt que porte l’armée à la question a

été donnée lors du congrès-rallye de Limoges-Clermont-Ferrand, par la présence du général Maurin, ancien ministre de la Guerre, et le général d’Aboville, Inspecteur général du Matériel Automobile, et représentant le Ministre de la Défense Nationale.

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