LA PRINGBSSE DE ROSSANO
veuve depuis peu, et si connue sous le nom de princesse de Rossano, il se dépouilla de la pourpre et l'épousa, malgré Topposition de sa mère et du pape. C'est de cette princesse qu'il est plus d'une fois question dans les Mémoires du cardinal de Retz; elle était quelque peu sa parente et lui fut d'un très* grand secours au moment de sa faveur dans l'affaire du chapeau. La princesse était jeune, belle, riche de toute la fortune de Clément YIII et de la maison Aldobrandini ; elle était généreuse, magnifique, pleine d'esprit et de grâce. C'était plus qu'il n'en fallait pour qu'elle portât ombrage à la signora Olimpia, et celle-ci, dans la crainte qu'elle ne prit plus d'empire qu'elle sur Tesprit du pape, l'avait fait autrefois exiler de Rome, ainsi que son propre fils don Camille. Depuis lors Olimpia avait donné pleine carrière à son ambition et à son avidité. Elle avait établi une garde rigoureuse autour du pape, afin qu'il n'apprit rien que par son entremise de ce qui se passait au dehors et au dedans du palais. Pendant plusieurs années, elle avait balancé l'influence du cardinal Panzirolo, premier ministre d'Innocent, homme d'une haute capacité et d'une habileté rare, qui s'était poussé si avant dans la confiance du pontife, qu'il resta en pleine possession du pouvoir jusqu'à la fin de sa vie. Plus d'une fois Olimpia le força à plier, elle parvint même à se faire donner communication par lui de toutes les afi'aires de l'Ltat, mais elle ne put jamais le déraciner, malgré tous ses efforts et ses plus insidieuses manœuvres. Panzirolo eut même assez de crédit et de puissance, quelques mois avant sa mort, pour entraîner la disgrâce de la favorite.