FAVEUR DE LA PRINCESSE DE ROSSANO
Parmi les cardinaux, plus d'un a porté les armes au service soit du pape, soit de l'empereur ; tels sont les Savelli, les Grimaldi,les Trivulce, les Mazarin, les Barberini. Ces derniers ont fait la guerre avec la férocité du moyen âge. Plus d'un membre du sacré collège semble plutôt appartenir au xv* qu'au xvii* siècle. Le cardinal Brancaccio, évêque de Gapuccio, dans le royaume de Naples , ayant eu un différend avec un capitaine d'infanterie espagnole, fait expédier son homme d'un coup d'arquebuse. Tel autre fait mourir aux galères un de ses ennemis à coups de nerf do bœuf; il en est qui se contentent d'une simple bastonnade. Je vois dans quelques documents de Tépoque que les galanteries de Mazarin, pendant qu'il était au service du pape, lui attirèrent plus d'un duel et qu'il reçut plus d'une estafilade. La relation ajoute qu'il était fort méchant joueur, ce qui confirme ce qu'a dit Retz sur ce chapitre. Enfin, dernier trait,- vraiment caractéristique : parmi les hommes instruits du sacré collège, il en est qui cultivent en secret l'astrologie et qui ne sont pas plus croyants que le coadjuteur de Paris. Tel était le sacré collège au moment où Retz se donnait tant de mal pour en faire partie.
Panzirolo, comme nous l'avons dit, était parvenu, quelques mois avant sa mort, à éloigner du palais la signora Olimpia. Pendant cette éclipse de faveur, plus apparente que réelle , la princesse de Rossano étaitpairvenue à rentrer en grâce auprès du pape, ainsi que son mari don Gamillo. Bientôt elle s'insinua si avant dans le cœur d'Innocent par sa douceur naturelle^ par se3 préveuauoes, par son esprit