UIS CADEAUX DU COADJUTEUR
trouve vérifié par la correspondance même de Retz avec Charrier, et que son récit contredit les Mémoires de Retz lorsque celui-ci soutient qu'il n'envoya pas d'argent à Rome pour acheter le chapeau. Dès que Retz fut en possession de ces sommes considérables, il expédia sur-le-champ à Tabbé Charrier courriers sur courriers pour lui porter, eo même temps que ses nouvelles instructions, de nombreuses lettres de change, avec ordre de semer For à pleines mains, mais sur bonnes promesses étayées des garanties les plus solides. Retz savait parfaitement à quoi s'en tenir sur la puissance de Tor dans la cour de Rome, mais il ne voulait le répandre qu à bonnes enseignes ^ En même temps, il expédiait à Tabbé quantité de bijoux, de montres, de bagues enrichies de pierres précieuses, do coffrets, de rubans, d'éventails, etc., le tout destiné à la princesse de Rossano, à la signora Olimpia et autres belles dames qu'il supposait, à tort ou à raison, toutes-puissantes dans le consistoire. Dans son impatience fiévreuse, tournée en véritable frénésie, vivant sans cesse dans la crainte du retour de Mazarin et d'une révocation, il passait les nuits et les jours à combiner de nouvelles ruses et de nouvelles manœuvres pour abréger les délais et hftter sa promotion. A l'abri d'un chiffre fort compliqué, composé de quatre alphabets de signes différents, de nombres ayant uu sens convenu et de caractères sans aucun sens, sorte de chevaux
* Il n'était pas sans connaître ce dicton, qui depuis longl^mp^ circulait en Italie :
Chi va a Roma e porta un buon boraotto Diventa abbate o vetcoTo di botto.