‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 124 sur 218 · VLAISANTEBIE PROFANE DE RETZ · texte numérisé non relu

VLAISANTEBIE PROFANE DE RETZ

que ces courriers devaient coûter des sommes folles Le plus piquant, c'est que le coadjuteur, afin que ses lettres ne fussent pas saisies par les partis des princes qui tenaient la campagne, les glissait dans les paquets du nonce, de concert avec lui.

Un jour, Retz, se trouvant en verve et en belle humeur, écrivait à Tabbé, dont les mœurs, parait-il. étaient tout à fait semblables aux siennes : a Je vous envoie des gants d'Angleterre garnis et des étuis pour présenter à qui vous voudrez, même à quelques-unes de vos maîtresses*... » Puis il ajoutait : « Quand les lettres de change que vous tirerez seraient de 50,000 écus, elles seront promptement et ponctuellement acquittées. C'est pourquoi n'épargnez rien, quand ce ne serait que pour avancer l'affaire d'un quart d'heure... Souvenez-vous aussi, je vous prie, de faire bien croire à Rome que rargent qui est entre les mains de M. Géricot " n'est que pour les dépenses des courriers et pour la vôtre. Prenez aussi garde que les négociations que vous faites avec les banquiers de Rome soient si cachées que que cela ne fasse pas paraître que vous avez tant d'argent à donner. Vous savez que cela aurait plusieurs conséquences. Si l'on tire quelque lettre de change fort considérable, tâchez d'en donner avis auparavant... »-—«... J'ai eu avis par un de mes amis, disait'il à l'abbé Charrier, dans une lettre en date du 25 novembre, que M. Chigi ' a témoigné quelque bonne volonté pour moi. Je lui écris une

' Lettre du 7 novembre 1651.

• Un banquier de Lyon.

'* Fabio Chigi, le nouveau ministre du pope.

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