ENVOI DE RUBANS
particulière de la lettre de crédit qui vous a été envoyée, adressante au sieur Bouvier *, parce que l'on a eu peur que, sur les sommes de ladite lettre de crédit, il ne vous donnât pas tout ce dont vous auriez besoin. On a jugé que cette sorte de lettre de crédit était plus sûre et plus commode que celle de lettre de change, y ayant ici peu de banquiers à qui on puisse confier de si grandes sommes. Si pourtant vous étiez d'un autre avis, on suivrait ponctuellement vos ordres quand vous Taurez mandé. On vous envoie quantité de rubans pour la princesse de Rossano, suivant les avis de M. Tabbé Tinti (ministre du grand-duc de Toscane près la cour de France)... Nous avons ici 80,000 écus argent comptant, entre les mains, et assurés aussi d'encore autant'. C'est pourquoi ne vous laissez manquer de rien et tirez hardiment ici sur le correspondant dudit sieur Bouvier, ou autre, et Ton fera tout Thonneur à vos lettres. Je vous répète que, si vous jugez à propos que Ton vous fasse tenir l'argent par lettre de change, on hasardera tout pour le faire. Surtout n'épargnez rien pour faire réussir l'affaire, et en baillant, baillant, car vous connaissez les fourbes du pays... ))
Nous glissons sur de nombreux détails relatifs à ces lettres de change et à ces lettres de crédit, nous bornant à l'essentiel.
Les cadeaux se multipliaient. Le 15 octobre, c'était un nouvel envoi de rubans pour la princesse de Rossano, par un courrier extraordinaire, et notez
* Expéditionnaire à la cour de Rome, agent secret ducoadjuteur. ' Environ 3,600,000 francs de nos jours.