FAVEUR DE LA PRINCESSE DE ROSSANO
toujours cru qu'il en avait par des conversations assez fréquentes avec M""' la princesse de Rossano, femme de son neveu, qui, quoique très-spirituelle, n'approchait pas du génie de la signora, mais qui en récompense était beaucoup plus jeune et beaucoup plus belle. Elle s'acquit effectivement du pouvoir sur son esprit:.. Ma nomination tomba justement dans le temps où la faveur de M*"' la princesse de Rossano était la plus forte , et il parut en cette occasion que la fortune voulut réparer la perte que j'avais faite en la personne de Panzirole. C'est le seul endroit de ma vie où je l'ai trouvée favorable. Je vous ai dit les raisons pour lesquelles j'avais lieu de croire que M*"* la princesse de Rossano me le pouvait être, et, sans comparaison, davantage que la signora Olimpia, qui ne faisait rien qu à force d'argent, et vous croyez aisément qu'il n'eût pas été aisé de me résoudre à en donner pour un chapeau,.. • Rapprochez ce dernier passage des fragments de lettres que nous venons de citer, et par là jugez à quel point Retz a voulu en imposer à ses lecteurs. « L'abbé Charrier,. pour.suit-il, trouva à Rome tout ce que j'y avais espéré de M"' de Rossano, et le premier avis qu'elle lui donna fut de se défier au dernier point de Tambassadeur, qui joignait aux ordres secrets que la cour lui avait donnés contre moi la passion effrénée qu'il avait lui-même pour la pourpre. L'abbé Charrier profita très-habilement de cet avis, car il joua toujours l'ambassadeur en lui témoignant une confiance abandonnée, et en lui faisant voir en même temps la promotion très- éloignée. La haine que le pape avait conservée depuis long-