‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 133 sur 218 · LES ESPAGNOLS ET LE CUÂPEAU DE RETZ · texte numérisé non relu

LES ESPAGNOLS ET LE CUÂPEAU DE RETZ

choses sont assez délicates ; faites-les comme vous le jugerez plus à propos sur les lieux... » Le coadjuteur, à ce moment, avait encore tant d'espoir dans sa promotion, que, par celte même lettre, il indiquait à Tabbé le moyen le plus prompt de lui en faire parvenir la nouvelle. « Vous avez à Rome, lui disaitil, le frère de M. Chevalier, chanoine de Notre- Dame, qui est im jeune garçon fort vigoureux. Si vous ne voulez pas vous donner la peine d'apporter la première nouvelle de la promotion, si elle se fait,... je vous prie de (la) lui laisser porter, s'il le souhaite ; vous obligerez son frère, et je serai bien aise, m'ayant servi en quelque rencontre, que vous le dépêchiez vers moi pour me l'apporter... »

Il se préoccupait très-vivement du rôle que joueraient à Rome les Espagnols dans raffaire de son chapeau, et il se berçait de l'espoir qu'ils garderaient au moins la neutralité, s'ils avaient conscience de leurs véritables intérêts, et si de plus le bailli de Gondi intercédait auprès d'eux en sa faveur. « Pour ce qui regarde l'indifférence des Espagnols, dont vous me parlez, écrivait-il à son confident le â4 novembre, je Tavais toujours bien prévue et je la tiens fort assurée, même en quelque façon de concert avec M. le Prince, quoique l'abbé de Barclay m'ait écrit que leur ambassadeur a pressé fort la promotion avant son départ pour la Sicile. Il pourrait bien être qu'ils seraient bien aises de témoigner à ceux des partisans de M. le Prince qui sont à Rome quelque espèce de complaisance extérieure et publique, et que pourtant, dans le secret, ils ne me fussent pas tout à fait contraires, leurs véritables intérêts n'étant

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