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LE BAILLI DE GONDI

point d^empêcher ma nomination, par les raisons que je vous ai déjà mandé. Je crois même que ceux qui leur ont parié pour moi d'office et sans que je m'en sois voulu mêler leur ont marqué la conduite que je vous dis, à laquelle ils se sontdétermiués, non pas à dessein de me nuire, mais pour donner aux partisans de M. le Prince toutes les apparences nécessaires pour conserver Tétroite union qui est entre eux. Quoi qu il en soit, et quand même leur véritable dessein serait de ruiner mes affaires, il n'y a pas d'autres mesures à prendre pour l'intelligence de M. le bailli de Gondi et de l'ambassadeur de Toscane, qui sont leurs amis, et qui feront à mon sens tout leur pouvoir et peut-être assez pour détourner cet orage. Je ne doute pas que vous ne leur en ayez déjà communiqué, si vous l'avez jugé nécessaire. Cependant je continuerai de ma part à prévenir, autant que je pourrai par mes amis, le mauvais effet que pourrait produire cette opposition... »

a Je suis aussi bien surpris que vous, ajoutait-il, de la lenteur du pape, après les bonnes paroles qu'il m'a fait donner depuis si longtemps par les lettres du cardinal Panzirole, dont vous ne parlerez point, si vous ne le jugez à propos, sans nécessité, et si ce n'est par forme de plainte à lui-même, et en cas que la promotion passât Noël. Si vous le faites, il faut que cette plainte paraisse plus de M. le duc d'Orléans que de moi. Je ne sais pas de moyen d'abréger ces longueurs que par les pressantes sollicitations de Son Altesse Royale duquel je pourrai peut-être lui envoyer (au pape) une lettre par un courrier extraordinaire... Si je le fais, ce même

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courrier vous portera la créance de ce que vous aurez à lui dire, et vous Taurez reçue avant celle-ci. Comme je n'y suis pas tout à fait déterminé, n en soyez pourtant pas en peine. C'est le seul biais, à mon avis, pour pénétrer le fond des intentions du pape et le véritable principe de cette lenteur qu il semble affecter.

« J'écris, lui disait-il enfin, à M. Chigi S ci-devant nonce à Cologne, et à M. le marquis del Buffalo, mais je n'ai pas jugé qu'il fallût prodiguer les lettres de Son Altesse Royale, attendu même ce que vous me mandez du peu d'affection que la eour de Rome a pour ce marquis. Vous fermerez les lettres avant que de les donner. »

Pendant ce temps, quelle était en Franco la position respective des trois principaux personnages qui se disputaient le pouvoir, et quels moyens mettaient-ils en œuvre pour se nuire ou se jouer Tua de l'autre?

Condé, après avoir quitté Paris, s'était rendu à Bordeaux, où il fut accueilli à bras ouverts par le Parlement et par ses amis. Le comte Du Dognon, gouverneur de Brouage, un de ses anciens compagnons d'armes, avait déserté la cause royale et étail venu lui offrir, avec ses services, sa petite année, dont les garnisons occupaient toute la cAte depuis la Rochelle jusqu'à Royan. Le maréchal de La Force et ses amis de Guyenne s'étaient déclarés pour lui ; le duc de Richelieu lui amenait des levées

^ Fabio Chigi, depuis pape sous le nom d'Alexandre VU, alors simple moiisigûore et secrétaire (('État d'Innocent X en remplacement de Panzirolo.

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