ENTRÉE EN FRANGE DE BIAZARIN
L'agitation est extrême, les motions les plus violentes éclatent de toutes parts. Enfin survient un arrêt qui ordonne que le cardinal et ses adhérents, ayant contrevenu aux défenses contenues dans la déclara*tion du roi, avaient par cela seul encouru les peines qui y étaient portées, comme criminels de lèsemajesté et perturbateurs du repos public ; qu'il leur serait couru sus par les communes, et que les maires et échevins des villes s'opposeraient à leur passage ; que la bibliothèque et les meubles du cardinal seraient vendus pour que Ton prélevât sur la vente la somme de 150,000 livres, laquelle serait offerte en récompense à quiconque le livrerait mort ou vif. Enfin l'arrêt ajoutait que celui qui rendrait un tel service à la France serait absous de tous les crimes qu'il aurait pu antérieurement avoir commis, hors celui de lèse-majesté. Secrètement, Retz était l'un des principaux instigateurs de cet acte sauvage, digne de l'Italie du xv* siècle.
Tandis que Mazarin ne cessait d'écrire à la palatine pour lui affirmer que le coadjuteur n'avait pas de meilleur ami que lui, Retz faisait tous ses efforts pour exploiter de son mieux à son profit les événements. « On appréhende, écrivait-il à Charrier le i" décembre, que M. le Prince ne se raccommode avec le Mazarin. Gela et mille autres choses qui peuvent arriver par la longueur du temps font que je suis d'avis qu'au nom de M. le duc d*Orléans, duquel vous vous pouvez servir pour toutes les créances qu'il vous a envoyées, et au mien, vous fassiez expliquer le pape le plus nettement qu'il se pourra, et que vous-lui représentiex que, si, par quelques rai-