LETTRES DU COADJUTEUR A CUARRIËR
sons dans lesquelles vous n*entrerez pas par respect, il est obligé de ne pas faire la promotion, au moins il ne me doit pas refuser la grâce de ne me pas amuser dans des temps où il m'est important de ne pas prendre de fausses mesures. Je ne vous marque que ce plan sur lequel vous voyez bien ce qui se peut dire. Il est important, à mon sens, de n y rien omettre. Je vous envoie une lettre de mon frère (le duc de Retz), que j'ai ouverte. Je ne vous dis pre3qu6 rien par cet ordinaire, parce que je vous écris toutes choses au long par le coumer extraordinaire que je vous dépêchai samedi dernier, qui vous porte des lettres de M. le duc d'Orléans avec des instances tout à fait pressantes pour faire expliquer le pape... •>
« Pour mes affaires, disait le coadjuteur à Charrier dans une lettre du 8 décembre, si elles ne sont pas encore faites quand vous recevrez cette lettre, je vous prie de parler avec vigueur et de faire connaître que, si ces longueurs continuent, je me pourrai lasser d'être prétendant. Vous savez comme vous devei traiter cette atfaire. Mais; par tous les avis que me donnent c(5ux qui connaissent en ce pays la cour de Rome, je crois qu'il y faut prendre les choses avec quelque hauteur. Vous voyez les choses de plus près que nous; c'est pourquoi je vous les remets. J'écris à M. le duc de Bracciano et à M. Tambassadeur, auquel vous ferez de ma part tous les remerciments que je dois aux bontés qu'il a pour moi. L'on va demain au Parlement contre le cardinal Mazarin , & cause des commerces que Ton prétend qu'il a dans le royaume. Quoique je ne me sois pas Inuivr au Parlement dans les ail'aires de M. le Prime.
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pour ne pas être son juge, je ne laisse [pas d'y aller demain, où je ferai paraître que je ne suis point changé sur ce sujet... »
Une telle assurance ne pouvait être que fort utile au coadjuteur auprès du pape, et désormais il ne s'en fera pas faute. Il était ballotté sans cesse entre là crainte de sa révocation et TeSpérance de sa promotion. Le 15 décembre, il écrivait à son correspondant : (K Je crois que ce que je vous mande présentement pourra être inutile, par les apparences que vous me donnez par la vôtre du 20* du passé, du succès de mon affaire. Si pourtant elle n'était pas encore faite quand vous recevrez celle-ci, ce que nous saurons dans peu de jours, je me résoudrai dé prendre l'expédient que vous me mandez avoir concerté avec M. l'ambassadeur, ou quelque autre du quel vous serez toujours promptement averti, car, si le pape a passé les fêtes sans faire la promotion , il pourra encore la reculer jusques au carême. Si cela est, je puis croire qu'il y a eu quelque raison particulière dans son esprit qui l'aura fait tenir cette conduite, laquelle continuera encore jusques après les fêtes et que je ne puis apparemment vaincre. Je crois aussi qu'en ce cas les affaires et les changements de la cour ne pourront pas me mener jusque-là et que vous serez obligé de baiser les mains à Sa Sainteté. Cependant il est à propos que, sous le nom de Son Altesse Royale, vous témoigniez au pape et aux autres qui sont dans les affaires de ce pays que Monsieur croit que Ton le maltraite et moi aussi... »
Le coadjuteur n'ignorait pas la haine profonde d'Innocent X contre Mazarin. Il avait calculé avec
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