‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 152 sur 218 · FRAYEUR A DONNER AU PAPE · texte numérisé non relu

FRAYEUR A DONNER AU PAPE

apparence de pouvoir faire faire la promotion devant Noël. Vous pouvez expliquer au pape votre créance en la manière que Son Altesse Royale vous marque par la lettre qu'il vous écrit. Si vous voyez que le pape soit absolument résolu à ne pas la faire devant Noël, vous ne devez vous servir, à mon sens, de ladite lettre de Son Altesse Royale au pape que pour faire une instance pressante et pour lui demander de la part de Son Altesse Royale une explication claire et nette sur le temps de la promotion, les incertitudes de la cour de Rome étant si fort contraires à mes intérêts dans Tétat présent des afTairen de France, que Son Altesse Royale s'en trouve extrêmement embarrassée et pour le public et pour ce qui me regarde. Vous avez beau champ en cette matière, que vous étendrez selon que vous le jugerez à propos sur les lieux. Je vous répète encore que vous ne devez pas porter au pape ce que Son Altesse Royale vous mande sur le cardinal Mazarin que dans le temps où vous verrez le pape in*ésolu et balançant. De sorte que, s'il était absolument déterminé à ne pas faire la promotion devant Noël, il serait plus à propos de ne lui parler de cela qu'après le premier jour de l'an, qui est le temps le plus proche de faire la promotion, en cas qu'il ne la fasse pas devant Noël. Enfin, servez-vous de ce moyen (la crainte du retour de Mazarin) dans le temps que vous croirez qu'il pourra porter coup et ne remployez pas devant ce moment-là, et surtout prenez votre résolution selon que vous voyez les choses sur les lieux ; car moi qui n'y suis pas, je ne sais s'il n'y a pas de péril de faire paraître au pape que le cardinal Mazarin soit

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en état de revenir. Prenez votre parti sur cette matîferfl comme vous le jugerez plus à propos. C'est un moyen que j'ai cru vous pouvoir mettre en main pour vous en servir autant qu'il vous plaira. Vous voyez qu'il est délicat, mais vous êtes prudent, politique et sage. J'ai cru qu'il pouvait être de si grande conséquence en de certains moments, que c'est ce qui m'aobligé dévoua dépécher ce courrier exprès... « J'écrivis hier par l'ordinaire à M. le marquis del Baffalo et à M, Chigi... J'écris aussi à M. le cardinal Pamfîlio et à M. l'ambassadeur. Vous fermerez les lettres et les rendrez, s'il vous plfdt... J'espère que cette lettre pourra en quelque manière contenter votre curiosité. Je suis bien f&chéque, dans l'humeur où vous êtes de les trouver trop courtes, elle ne soit écrite d'un chiffre encore plus long et plus difficile... Afin que vous soyez moins on peine, je vous dis encore que j'ai lieu de croire que le cardinal Mazarin ne sera pas si fol que de revenir, au moins de quelque temps assez considérable ; j'ai des lumières assez certaines de cela... Il est cinq heures du matin, et je travaille depuis six heures du soir ; excusez les fautes du chiffre et de l'écriture... Je prie Dieu que le pape donne bientôt des indulgences plénières à votre épaule '... » (Paris, le 2S novembre 1651.)

< L'abU Charrier était atut doute rhumatîiant, et te coadjuteur ne trouvait rien de mieui que de tenniner la lettre par cetia plai-

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