‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 153 sur 218 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Intrigues de Tarch^éque de Paris François de Gondi contre son neveu le coadjuteur. -^ Echange qu'il lui propose de l'archeyÂché de Paris pour sa nomination au cardinalat. — Sourdes menaces de Retz contre la cour de Rome. — Envoi à Rome par Condé de Mathieu de Montreuiil et des pères Boucher et de Lingendes, de la compagnie de Jésus, pour empêcher la promotion du coadjuteur.

— Portrait de Montreuil ; de quelle façon il est traité par Tambassadeur de France. — Peu de succès de sa mission. — Bon accueil fait par le pape à la nomination du coadjuteur au cardinalat. — Lettre de recommandation en faveur de Retz adressée par Mazarin au bailli de Valançay, ambassadeur de France à Rome.

— Perfide conduite du bailli à l'égard du coadjuteur; ses insinuations contre lui dans une lettre à Brienne. — Causes du retard de la promotion des cardinaux. — Instructions du comte de Brienne, secrétaire d'Etat des affaires des étrangers, contre Retz^ adressées au bailli de Valançay. — Démêlé du bailli avec le pape.

— Le bailli cesse de se rendre aux audiences d'Innocent X. —

— L'abbé Charrier joué par le bailli. — Conseils donnés à la cour de France contre le pape par le bailli de Valançay. — Mauvaise foi de Mazafin à l'égard du coadjuteur. — Le bailli se retire dans sa tente. — Ses ordres rigoureux contre Montreuil. — Double jeu de Mazarin; son insigne perfidie à l'égard du coadjuteur; son dernier appel à la concorde. — La reine et son favori. — Projet de retour de Mazarin, — Envoi de Bartet par la reine auprès du coadjuteur pour l'engager à se rendre auprès d'elle. — Artificieux refus du coadjuteur.

François de Gondi qui, de longue date, nourrissait une profonde jalousie et une haine mal déguisée.

376 MANGEirVRES DE FRANÇOIS DE GONDI.

contre son neveu, dont la supériorité roffusquait, avait trouvé fort mauvais que eelui-ci , n*étant que simple coadjuteur, eût été nommé cardinal, tandis que lui, archevêque de Paris, ne Tétait pas. A partir de ce jour, toutes les mesures de bienséance furent rompues entre eux et ils ne laissèrent échapper aucune occasion de se traiter en ennemis. L'archevêque, sans la moindre vergogne, écrivit au pape pour faire échouer la promotion de son neveu, et voici comment celui-ci para la botte, tout en se jouant : c( Madame de Montbazon, écrivait-il à Charrier, a mis dans Tesprit de M. de Paris, par le moyen de sa sœur dont il est amoureux, qu'il devait écrire au pape pour lui représenter qu'il n'est point à propos qu'un coadjuteur soit cardinal, l'archevêque ne l'étant pas, et pour s'opposer à ma nomination. . . La lettre n'est pas encore partie... J*ai fait insinuer à M. le nonce que M. de Paris est un esprit faible et que l'on traite comme un enfant. » (Lettre du 5 octobre 1651.) Si la lettre fut jamais remise au pape, il ne parait pas qu'elle ait fait sur son esprit la moindre impression.

A quelque temps de là, François de Gondi fit offrir son archevêché à son neveu en échange de la pourpre, et voici comment Retz parlait de cette offre à l'abbé Charrier : « M. de Paris m'a fait proposer l'échange de son archevêché avec mon chapeau, c'est-à-dire ma nomination. Voyez adroitement les sentiments du pape là-dessus, et, si cela pouvait faire peur au pape, vous pouvez lui en faire dire quelque chose. Je m'en rapporte à vous et vous remercie de tous vos soins. » (19 janvier 1682.) Retz voulait dire par cette

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