JEU CRUEL DE MAZARIN
cent X pour la faire échouer à coup sûr, tant le pape était ulcéré contre lui à cause de la violente opposition qu'il avait faite autrefois à son exaltation au pontificat. La Rivière, plein d'une aveugle confiance dans le succès, s'était hâté d'entrer en négociations avec la signora Olimpia Maidalchini, belle-sœur du pape, alors en grande faveur. Il lui avait même fait offrir un présent considérable dans le cas où l'affaire réussirait promptement * .
On verra plus tard, par la correspondance de Retz avec l'abbé Charrier, que de tels moyens étaient alors très-usités pour obtenir un chapeau de cardinal. Le jour même où fut résolue la révocation de l'abbé, Mazarin, afin de détourner son attention et d'entretenir sa confiance, se donna le cruel plaisir de lui faire essayer des étoffes rouges qu'il venait de recevoir d'Italie « et de les approcher de son visage, pour voir ce qui y revenait le mieux, ou de la couleur de feu ou du nacarat » .
* Mazarin écrivait à ce propos à Paolo Macaranii son agent tecret à Rome : « Le dir6 ancora confldentemente che il signore abbate fa negotiare à parte con la signoraD. Olimpia et ofTerirle regalo coasiderabile se per opéra sua il negotio succède prontamente.» (Saint- Qermain, 12 octobre 1 648. Arch. du ministère des affaires étrangères.)