INSTRUCTIONS DE RETZ A CHARRIER
dout VOUS devez vous servir pour avancer vos affaires, sans pourtant en rien faire que je ne vous le mande.
« M. le Prince est en si mauvais état que l'on appréhende qu'il ne s'accommode avec le Mazarin. Ce n'est pas que mon sentiment soit tel, et je crois avoir des lumières contraires à cela, mais, si vous le jugez à propos, je m'imagine qu'il pourrait être bon d'en inspirer quelque pensée au Pape et de lui faire voir, si cela arrivait, dans la résolution où je suis de ne pas consentir à son retour, que ce changement pourrait troubler ma nomination, ce que je ne doute point qui ne lui fût désagréable, et par la bonté qu'il me témoigne et par la douleur qu'il aurait d'avoir contribué par sa longueur à la révocation d'une chose que je n'ai particulièrement acceptée que sur les paroles que le Pape m'a données, depuis deux ans, par Panzirole, de la souhaiter avec ardeur; et il est vrai qu'il en a si hautement publié sou désir, et à tant de gens, que l'on commence à s'étonner fort ici comme la chose n'est pas encore faite... »
La menace du retour de Mazarin, tel était donc le puissant ressort qu'à un moment donné l'abbé Charrier était invité à faire jouer pour forcer le Pape dans ses derniers retranchements et lui arracher la promotion.
« J'ai reçu la vôtre du onzième du passé, lui écrivait le coadjuteur le 8 janvier 1652, qui a un peu diminué les mauvaises pensées que votre courrier du 13' m'avait données du succès de mon affaire. Je vois bien que vous n'aviez pas mis encore en jeu le retour du Mazarin, et je ne doute point que vous ne vous
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