REFUS DE RETZ DE TRAITBR AYEC CONDÉ
affaire, que je tiens plus mal en la cour de Rome qu'en ceUe-ci, ne croyant pas que ma nomination soit sitôt révoquée, au moins selon les apparences, et de la manière dont je me gouverne.
« Je suis toujours fort bien auprès de M. le duc d'Orléans, lequel est présentement ami de M. le Prince, mais à des conditions qui produiront peu de chose ou qui lui donneront bientôt sujet de s'en dégager, n m'a fort pressé de me raccommoder avec M. le Prince, sur les instances qui lui ont été faites par les gens qui sont ici ; mais, après avoir témoigné quelque résistance, il m'a donné un peu de relâche. Quoi qu'il en puisse arriver, je ne puis jamais prendre ce parti, et je veux faire voir à M. le duc d'Orléans qu'il est du bien de son service que j'en use de la sorte.
« Nous sommes assez en repos à Paris ; jusques à présent les affaires no s'y disposent pas, à mon sens, à la guerre, si ce n'est que M. le Prince y voulût venir, encore lui pourrait-il bien arriver la même chose que cet été\ Le Parlement s'assemble quelquefois, mais il ne fait pas grand'chose. M. de Rohan s'est déclaré dans Angers contre la cour. Vous savez que c'est un homme de grand mérite et qui a beaucoup de crédit. On traite d*un raccommodement entre (M. de Chavigny) et moi ; cela doit être fort secret et, si je m'y résous, ce n'est que pour le détacher de M. le Prince, et parce que cela peut faire impression sur M. le duc d'Orléans.
< Le coadjutenryoulaitdire par là qu'il pourrait bien, une seconde foii, forcer M. le Prince à quitter Paris.
444 GAZETTE DU JOUB.
Je me déclare ouvertement dans Paris contre le Ma* zarin et contre M. le Prince... »
Le 9 février, le coadjuteur, tout en donnant à l'abbé des nouvelles du théâtre de la guerre, lui annonçait que sa nomination au cardinalat ne serait pas révoquée tant qu'il ne serait pas réconcilié avec Condé. Elle ne tenait plus en effet qu'à cet unique fil, et il est plus que probable que Mazarin préféra voir Retz cardinal que raccommodé avec M. le Prince.
« Je suis toujours fort bien avec M. le duc
d'Orléans, disait le coadjuteur à Charrier. Les gens de M. le Prince l'ont fort pressé de faire mon accommodement avec M. le Prince ; mais n'ayant pas voulu, il n'en vit pas plus mal avec moi, et leur a nettement déclaré que, nonobstant cela, il ne romprait jamais avec moi quoiqu'ils l'en importunassent fort.
, « M. de Ghàtoauneuf a quitté fort honorablement la cour à l'arrivée du cardinal, et vous pouvez en ce rencontre faire voir que tous ceux qui sont accusés d'être mazarins ne le sont pourtant pas. Au surplus, il ne se passe rien ici de nouveau, tout y est assez calme. L'on a détourné , par un arrêt du conseil, les rentes de l'Hôtel de Ville ; mais le Parlement a fait défense de l'exécuter, et a rendu tous les ordonnateurs responsables de ce divertissement.... Je ne crois pas, comme je vous Tai déjà dit, que la nomination soit sitôt révoquée, au moins tant que je ne serai pas d'accord avec M. le Prince. On n a pbintde nouvelles de l'armée de M. le Prince; les troupes de Monsieur sont ensemble auprès d'Orléans,