‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 22 sur 218 · ENTREVUE DE RETZ ET DE MAZARIN · texte numérisé non relu

ENTREVUE DE RETZ ET DE MAZARIN

mienne, à vous le faire savoir... » De son c6té, le coadjuteur céda aux instances du duc d'Orléans et de M. de Senneterre, un ami de la cour, et consentit à se rapprocher du cardinal , au moins pour le présent. Accompagné de M. de Senneterre, il se rendit auprès de Mazarin.

Écoutons le récit de Tentrevue de la bouche même de notre spirituel conteur : « M. le cardinal, nous dit Retz , m'embrassa avec des tendresses qu'il faudrait un bon cœur comme le sien pour vous les exprimer. Il mit son cœur sur la table, c'était son terme ; il m'assura qu'il me parlerait comme à son fils, et je n'en crus rien ; je l'assurai que je lui parlerais comme à mon père, et je lui tins parole. »

Et ici , les explications que donne Retz de sa conduite et de sa position à l'égai^d de Mazarin sont un chef-d'œuvre de diplomatie et d'hypocrisie : « Je lui dis que je le suppliais de me permettre de m'expliquer pour une bonne fois avec lui ; que je n'avais au monde aucun intérêt personnel , que celui de sortir des affaires publiques sans aucun avantage; mais qu'aussi, par la même raison, je me sentais plus obligé qu'un autre à en sortir avec dignité et avec honneur; que je le suppliais de faire réflexion sur mon âge, qui, joint à mon incapacité, ne lui pouvait dotmer aucune jalousie à l égard de la première place; que je le conjurais en même temps de considérer que la dignité que j'avais dans Paris était plus avilie qu'elle n*était honorée par cette espèce de tribunat de peuple, que la seule nécessité rendait supportable; et qu'il devait juger que cette considération toute seule serait capable de me donner impatience de

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