ATROCE PAROLE DU COADJUTEUR
Il portait en même temps contre Retz une accusation des plus graves : il affirmait que le garde des sceaux lui avait assuré tenir de bonne part que « le coadjuteur avait dit, en parlant des sûretés qu'il était obligé de prendre contre Son Éminence, qu'il 71 y en avait point de meilleure ni de plus certaine que tassassinat » . Le Tellier ajoutait w qu'il ne pouvait pas comprendre (^u'un homme de la naissance et de la profession du coadjuteur pût faire chose qui l'exposât à être soupçonné d'avoir formé ou trempé à an assassinat pour quelque raison que ce fût ». Retz, dans ses Mémoires, rend compte très-brièvement de son entrevue avec Le Tellier et de Vultimatum qu*il lui posa : « Je lui dis familièrement et en bonne amitié que j'étais bien fâché que l'on m'eût réduit malgré moi dans une condition où je ne pouvais plus être que chef de parti ou cardinal, que c'était à M. Mazarin à opter. » Retz, dans ce récit, oublie un point essentiel et qui ne pouvait tourner qu'à sa honte : ce sont les reproches de manque de foi et de trahison que lui adressa d'un ton si sévère son interlocuteur. Retz avoue d'ailleurs, dans ses Mémoires^ qu'il eut tort de ne pas laisser agir seule M"* de Chevreuse auprès de Le Tellier, et qu'il commit une grave faute en usant de trop de précî pitation.