TENTATIVE D* ASSASSINAT SUR LE DUC DE BEAUFORT
Opposition du clergé, travaillé par le coadjuteur. — Bfise en suspens de Tarrét. — Nouvelles supplications du parlement pour l'éloignement de Mazarin : la reine tlnit par céder. Refus du duc d'Orléans de rendre visite à la reine. La reine consent enfin à la délivrance des princes. — Le coadjuteur fait garder les portes de Paris pour empêcher la reine et le roi d'aller rejoindre Mazarin. Les Parisiens en armes. La reine prisonnière. Ordre qu'elle donne de délivrer les princes. — Mazarin, pour se faire un mérite de leur délivrance, court le premier au Havre. — Il quitte la France et se réfugie aux bords du Rhin.
Dans le même temps que le correspondant de Mazai'in, Le Tellier, accusait le coadjuteur des plus criminels projets contre la personne du premier ministre, les frondeurs accusaient hautement Mazarin d'une tentative d'assassinat sur le duc de Beaufort. Dans la nuit du 29 au 30 octobre, le carrosse du prince avait été arrêté par quelques hommes armés, et un de ses gentishommes, qui s'était mis en état de défense, avait été poignardé. En apprenant cet attentat contre son idole, Texaspération du peuple fut à son comble ; il ne manqua pas de l'attribuer au cardinal, il se répandit contre lui en imprécations et, en divers lieux, le pendit en effigie à des potences, avec Tinscription infamante d'un arrêt de mort simulé.
Le coadjuteur déclarait hautement qu'il ne visiterait point le ministre abhorré lorsqu'il rentrerait à Paris, où son retour était considéré comme un malheur public, et il préparait sourdement de nouvelles machinations pour précipiter sa chute.
Cependant le cardinal, après avoir réduit Bordeaux à l'obéissance, s'était mis en marche vers Paris. Chemin faisant, afin d'empêcher une réconci-