‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 50 sur 218 · RETZ A SOUPES CHEZ GHATEAUNBUF · texte numérisé non relu

RETZ A SOUPES CHEZ GHATEAUNBUF

phlets du temps, ayant noué une intrigue galante avec le coadjuteur, elle fit si bien qu'elle parvint à le réconcilier avec Châteauneuf , malgré Tabominable tour que celui-ci lui avait joué à Fontainebleau. Comme au fond Châteauneuf souhaitait ardemment la ruine de Mazarin, et que Retz savait sacrifier les petits ressentiments aux grands, il se laissa mener à souper chez le vieux garde des sceaux. La politique offrait alors de ces étranges spectacles. M'avait-on pas vu à Bordeaux La ftochefoucauld et Mazarin dans le même carrosse après les troubles de la Guyenne?

Toutes les mesures les plus prudentes et les plus habiles furent concertées entre les partisans de la vieille et de la nouvelle Fronde pour tromper la cour et ne lui donner aucun soupçon, car, au moindre indice, Mazarin eût pris Tinitiative de délivrer les princes, afin de s'en faire un mérite auprès d'eux. Ostensiblement, les amis des princes et les frondeurs continuèrent donc à feindre des défiances réciproques et à tenir des propos hostiles comme par le passé. Une telle conduite aveugla si bien la cour, qu'elle n'apprît leur alliance secrète et leurs projets qu'au moment où il n'y avait plus moyen d'y porter remède. M"* de Rhodes avait mis le coadjuteur en relation avec la princesse palatine. « Je la vis la nuit, dit Retz, et je l'admirai. Je la trouvai d'une capacité étonnante, ce qui me parut particulièrement en ce qu'elle savait se fixer, qualité très-rare, particulièrement parmi les femmes... Après deux heures de conférence, dans lesquelles nous convînmes de tout, elle me dit : <c Je vois bien que nous serons bientôt de même

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