M"** DE RHODES
était fort g^ueux et jaloux, dit Tallemant des Réaux, elle d'humeur fort galante, elle Tobligea de consentir qu'elle vit le grand monde, lui persuadant que c'était le moyen de subsister et d'avoir les bienfaits de la cour. » Depuis quelque temps la princesse s'était prise d'une grande passion pour le chevalier Henri de La Yieuville, fils du marquis deXaVieuville à qui le prince de Coudé avait fait espérer la surintendance des finances. La princesse espérait pour elle et pour ses amis de très-grands avantages de la délivrance des princes, et elle s'était entièrement dévouée à leurs intérêts. C'était chez elle que se réunissaient la nuit les chefs de leur cabale : le duc de Nemours (de la maison de Savoie), le président Viole, le mestre de camp Isaac Arnauld.
La palatine était liée étroitement avec M"** de Rhodes, veuve de M. do Rhodes, ancien maître des cérémonies de la cour, laquelle était fille naturelle du cardinal Louis de Lorraine, ancien archevêque de Reims. M"* de Rhodes n^était pas moins dévouée que la princesse Anne aux intérêts des princes, et elle était en ce moment la maltresse adorée et toutepuissante du garde des sceaux, bien que le bonhomme eût plus de soixante-dix ans. Ce fut M"** de Rhodes qui fut chargée par la palatine de faire au coadjuteur des ouvertures en faveur de la délivrance des princes. Elles eurent lieu, comme nous l'avons vu, avant l'arrivée de la cour à Fontainebleau, et le coadjuteur, sans prendre alors d'engagement positif, s'était bien promis de souscrire au projet si le cardinal rejetait sa demande du chapeau. Intrigante à un degré supérieur, et, s'il faut en croire les pam-