ARRIVÉE DES PRINCES A PARIS
Le coadjuteur et Châteauneuf frappés par cet acte en même temps que Mazarin. — Situation du vainqueur de Rocroy et de Lena. — Le gouvernement de Guyenne promis à Condé par un traité, souscrit par Lionne, en échange de son gouvernement de Bourgogne. — Refus de Mazarin de souscrire à ce traité. — Sa lettre patriotique à la reine. — Ressentiment de Condé. — Le coadjuteur fait offrir ses services à la reine par M"« de Chevreuse. — Lettre politique de Mazarin à la reine par laquelle il lui conseille d'accepter les offres du coadjuteur. — Position de Retz entre Mazarin exilé et Condé brouillé avec la cour. — Il forme le dessein de les détruire Tun par Tautre et de se frayer un chemin au poste de premier ministre. — Son double rôle. — Répulsion de la reine pour le coadjuteur. — Elle la surmonte pour le gagner à sa cause. — Entrevue secrète de Lionne et du coadjuteur. — Retz propose Tassassinat de Condé à la reine. — Il soutient dans ses Mémoires que ce fut la reine qui lui fit cette horrible proposition. — Invention de Retz lorsqu'il prétend que le maréchal Du Pleasis, au nom de la reine, lui offrit le poste de premier ministre. — Prétendue lettre de Mazarin fabriquée par le coadjuteur. — Dans aucune des dépêches de Mazarin à cette date il n*est question de donner au coadjuteur le pninistère et lechapeau. — Scène arrangée par Retz avec un art infini. — Son entrevue avec la reine. — Reti poursuit sa comédie. — La reine lui fait espérer le cardinalat, s*ii veut contribuer au retour de Mazarin. — Preuves qu'il prit cet engagement, contrairement à ce qu'il dit dans ses Mémoire» pour mettre à couvert sa bonne foi en défaut. — Promesse qu'il fait aussi à la reine de tenir en échec M. le prince.
Condé, le prince de Conti et le duc de Longueville, sortis de prison le 13 février 1651, faisaient leur entrée à Paris, le 16, en triomphateurs, dans le carrosse du duc d*Orléans, ayant à leurs côtés les deux chefs de la Fronde , Bcaufort et le coadjuteur. M. le Prince pressa Retz sur son cœur, comme s'il eût perdu le souvenir qu'il était le principal auteur de sa captivité, et le soir, à table, au Luxembourg, il lui renouvela ses serments de bonne amitié.
A la nouvelle de l'arrivée de M. le Prince, tout fit