YESTITURB DU ROYAUME DE NAPLES
louchant Tinvestiture du royaume do Naples : on me Va confirmé de bon lieu et il est certain que la consultation a été faite secrètement, mais il n'est pas possible que les Espagnols y aient trouvé, comme ils ont dit, qu'ils ne peuvent avoir besoin du pape ÇQ aucun cas. J'ai enfin vu la bulle de Jules II, ^î porte expressément que Tempire et le royaume sont incompatibles de tout point dans une même Personne, et elle exprime même clairement et net- ^^ï^ent le cas de la succession d'un empereur qui au- ^^ épousé rhéritière devant qu'elle le fût. Il n'y a ^^U de plus positif, et ce que les Espagnols ont dit, à ^® que Ton m'a assuré, du résultat de la consulta- "^n, me ferait soupçonner que le premier bruit 9u*il y a eu de leurs instances sur ce sujet auprès ^^ pape ne fût véritable ^ » Mais le roi et Lionne *^ Souciaient fort peu au fond de toutes les bulles ^^ Saint-Siège, et ils estimaient que le droit du plus *^rt devait primer tous les autres droits, a Monseigneur, écrivait au cardinal de Retz le ministre, en **^te du 25 décembre *, j'ai reçu la lettre dont il a ï**tt à Votre Éminence de m'honorer du premier de mois où le roi a vu l'avis qu'on avait donné à ^^tre Émicence que les Espagnols travaillaient au- ""fes du pape pour faire annuler l'incompatibilité de ^*iipire et du royaume de Naples. Sa Majesté a été ^^ — ^^essus du même sentiment que Votre Émi- ^^xice, que c'est un bruit jeté par les politiques de ^^^^me et peut-être un artifice du Palais même pour
T. XXII de la Correipondance de Lionne. Ibidem.
8M LB CÂBIIUIU BI Vnt.
nous foire entrevoir que le pape a aujourd'hui ^^ main le moyen de faire un grand coup à 1 avautagc ^ la maison â'A.utriche ou de lui cau^ier un grand pc= judice par refus de cette instance. Le nonce n — souvent insinué la même chose par de certaine i'î^ cours auxquels je foisaÎB semblant de no pren^^ pas garde. Âprfes tout, ce ne sera pas ce que
yspo fera ou ne fera pas, touchant les inveatilui
qui décidera sur la possession du royaume Naples. Je crois que de bons canons et de bon. épées vaudraient mieux que des bulles en cas d^B taqne... »
Le cardinal de Retz, qui était à la recherche
toutes les bulles d'investiture des papes en faw^»- — car de Charles-Quint et de ses descendants, avait:^ t,,, M procurer celle de Léon X qui dispensait />CT~^::^eco7f. neUetnent ce prince de la clause d'incompatil^ Ji. Vji^ de l'Empire avec le royaume de N^ea ; et ^~
de Jules m en faveur de Philippe II, et de
ment VIII en faveur de Philippe III, qui
la même dispense. Retz faisait observer avec
que la clause d'exception en foveur de ces
princes ne détruisait en rien la bnlle de Jal^*« JI
qui établissait l'incompatibilité de l'empire et: du royaume de Naples sur la même tête, attendu <jue les trois descendants de Charles-Quint dont on vi«nt de parler n'étaient pas empereurs.
Cependant le pape Alexandre VII, ayant été averti des démarches que faisaient les représenlanLA <'* Louis XIV pour étudier la question de succe»»»*" du royaume de Naples, en avertit secrètement «* Espagnols et les engagea à demander le plus '<^'
^^^B INVKSTITUHK ntt ROVAUMl-: Dbl NAPLb:S. 385 I
possible l'inveslilure pour le jeune Charles II ', Pour couper court, la relno régente d'Espagne adressa 3.U cardinal Sforza, en l'absence de l'ambassadeur dou Pedro d'Aragon, une procuiation pour qu'il demandftt promptemciit au pape cette investiture*. iîicn que les Espagnols eussoal laissé expirer le délai de six mois à partir de l'avéuoment de Charles II, délai pendant lequel ils étaient obliges de former la aemande de l'invesliture et d'en prêter le serment, 'g pape, dans un consistoire, accueillit favorahle- •^«înt la procuration dont lo cardinal Sforza était ™*u.ni et il mit l'affaire en délibération'. Dans une ^ougjégation cousis toriale qui fut tenue au milieu **^ J uin, il fut décidé que, le roi d'Espagne étant mî- 'ïotir, il n'yavait pas lieu de repousser la demande ^ l'investiture, mÊme après l'expiration du délai ^^ six mois établi par les bulles. C'est ce que le •^ **-i^c3inal do Retz apprenait à Lionue. dans une lel- *^*^ datée du 15 juin 1666', Dans cotte même lettre, *■ Sans tenir compte des renonciations successives ^ ^ ^ rois do France sur le royaume de Naples faites '^tkuis François I", le cardinal proclamait comme **-iit encore fort légitimes les aucions droits qu'ils -j^^*> aient du tostamont do Charles, comte du Maine. ^^^is il ajoutait quo ces droits n'avaient h pas étâ ^^ez tenus en vigueur par les ambassadeurs et par
^ Le cardinal Je Reti; 6. Lionne. Romer 1" juin 1666, T. SXV
la Correipondonce ite Lionne.
* Ihidem.
^ * Le cardinal de Rets à Lionne, 8 Juin 1666. T. XXV da la Cor- ^jmndance de Liunne, 1
"* T. XXV de la Corresponilan'^e de Lionne. 'M
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lea ministres do Sa Majesté pour prétendre avc=i ^^ fondement de les y pouvoir soutenir par des acte j —m^ plus forts et plus positifs 4]uo par des clauses géné^^bi^ rnlost:t par les exceptions communes du droit '^'■'■— - ^^^
Irui. » « Ce n'est pas. ajuutail-il, qu'il ne nous pari!!^- ,
très-rude, à M. de Bourlemout et à moi, de vo -«z^^^a renouveler en notre présence dans le consistoii: .^^j une investiture directement conlraire à eelle do- -m^^^n la France lire ses Ji'uilâ sur la couronne de Naplez^^^^g sans y pouvoir apporter d'autre remède que ce^ — rjtf exception du droit d'uutrui, qui passe, parmi lo^^^^us les juriscoosuttcs, pour être une clause de ni^^^n. \\^ valeur, quand elle n'est pas générale... Quelle ^i
parence, disait-il, faute d'ètro éclairé sur les rmn — — f uciatiuns des rois do France, quelle apparence de
s'opposer à une investiture que le pape est obli j-. \é, par les bulles de ses prédécesseurs, de donner roi d'Espagne, anssitOl qu'il la lui demande Quelle conduite à ces mêmes cardinaux d 'engage/" ^~ Il liorn du roi, non-seulement sans son ordre expri mais sans aucun exemple do ceux qui nous ont pr»" cédés, puisque nous n'avons pu trouver aucun ve ■• tige d'aucune opposition I »
La question était bien simple pourtant, et il uiC-V ' suffi au cardinal de Helz d'ouvrir un volume il- 4^^' l'histoire de France pour se rendre compte des eau*-* , ses de l'abstention de nos ambassadeurs depuis plu: -*-' d'un siècle. Peut-être aussi conuaissait-il mieur *-* qu'il ne le dit le fort et le faible do la question ce^ *"' qu'eu lin courtisan il jugeait plus sage de ne pas er ^^ parler. Quoi qu'il en soit, avec sa justesse de f:o\i.f-^^S d'œil habituelle, il rentrait bien vite dons le t
, «viV
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pratique de k question lorsqu'il ajoutait: « Quel inconvénient d'agir au nom de la France contre une investiture qui peut demain donner au roi la couronne de Naples par la mort d'un enfant de quatre aiw tt malsain, pour n'en tirer aucun avantage que celui d'empêcher que l'on ne donne atteinte, au moins de notre consentement, à de vieux droits dont il n'y a pas d'apparence que Ton ait occasion de se «©rvir sitôt que F on la pourrait avoir d'autre part ? Et sur le tout, quel rapport de l'avantage que le roi peut tirer de ses droits anciens, à celui qu'il trouve dans une investiture qui, étant postérieure à la re- ■^oncîation prétendue de la reine, contribue encore ^ Tinvalider au moins à l'égard du royaume de Naples? » Retz était dans le vrai, il touchait au ^^ceud de la question; si Louis XIV pouvait avoir d^s droits sur le royaume de Naples, ce n'était as- *^irément pas des droits passés, mais des droits éventuels, du chef de sa femme. A ce dernier point d« vue, Retz ne se dissimulait pas les difficultés qui Pourraient surgir du côté de la cour de Rome si ** Huccession de Charles II venait à s'ouvrir. N'était- *' pas à craindre, en effet, que le pape, ennemi de '* France, ne soutint la validité des renonciations ^^ ^arie-Thérfese et pour cette raison ne lui refusât ^^vestîture? Et, en ce cas, que pourrait-on oppo- *^** au pape ? Suivant Retz, en ce qui touchait le ''^>'"aume de Naples, la renonciation de Mario-Thé- ^^« était nulle, lors même qu'au moment de son ?^^^riage, l'infante eût été majeure, parce que, dit-il, ^e pouvait être en son pouvoir de changer, « sans ^ consentement du pape et du sacré collège. Tordre
IJSft Lb: CAUIMNAL Ui: I
do l'itivestiture qui l'appelle immédiatement après le roi son frërc, le seul mâle qui reste de la maison d'Autriche, qui est l'empereur, étant incapable de cette succession fit l'impératrice ne l'étant [las moins -^ors^ par celte même raison... » L'avis de Retz était donc .=;i»-
que les cardinaux de la faction française, non-seule -^^
meut ne dovaiout pas s'absenter du ronsisloire ai^L.^^^ moment où l'aiTaire serait discutée et no formcivr ^c=^ aucune opposition coutre l'investiture, mais encore»— ^^ qu'ils devaient déclarer que le roi, tout on réservan^c^^^ses anciens droits, en acquérait de nouveaux pa-^^^K, cette nouvelle investiture'. A quelques jours de l^^^ ^ lo pape mit l'alVairn en délibération, en demandac^^ ^ h chaque cardinal son opinion. Lorsque ce fut ^^^^^b^ tour du cardinal de Retz, il fit celte déclaration '^^—^ ^ lalin : u Je suis d'avis que l'un peut accorder le rciup~ •^^^uvellemejii de l'iuvestiUire, pourvu que fort sauveçar- ^^-^jg les droits qui appartiennent ou qui pourront appam-. '^^Brtenir au roi trèschrétieti. " Tous les cardinaux c^ de lafaction française, ils n'étaient que cinq, opiuèreK ^at daus le mémo sens, sans que le cardinal Sforz&~=Ka, porteur de la procuratiou de la reine régente d'Ess ^s~ pagne, soulev&t la moindre protostation. L'inveslâ -*liture fut donc voléo par tout le sacré collège.
Ce qu'il y eut d'étrange, c'est que le cardina.^^ *"' Sfoi-za n'opposa point aux cardinaux français les.«^-^* renonciations des rois de Franco. Comme uous l'a— .^> *" vons dit, il était pour le moins inutile que le cardi— ■ **" nal de Retz défendit des droits anciens qui n'cxis — -s
< Le cardinal (le Retz à Lionne, 15 Juin l$eS. T. XXV di* la Cor rttpondance de Lionnt.
niYBSTITUBE DU ROYAUME DE NAPLES. 389
t^entplus, mais il eut soin, ce qui était fondamental, e réserver lés droits éventuels qui pouvaient fc^'oovrîr en faveur de Marie-Thérèse et du roi. « Vous royex par mon vœu, écrivait-il à Lionne, en se réunissant d'avoir opiné ainsi, que les anciens droits iLcquis au roi sont réservés comme par une manière e protestation et qu'ils le sont pourtant d'une faqui établit même le nouveau que Sa Majesté quiert par l'investiture, en cas de la mort du roi €3'Espagne... » Il exprimait le regret de ne pouvoir faire insérer dans la bulle d'investiture les réserves c]u'il venait de faire en faveur des droits du roi et en même temps que l'ambassade n'eût pas d'archi- "ves qui lui eussent permis de connaître les précédents en pareille manière. Il disait en finissant, avec autant de franchise que de bonne grâce : « Étant^ comme je suis^ le plus mauvais jurisconsulte de France et d'Italie, je m'imagine que vous trouverez dans ma lettre beaucoup de termes et beaucoup <1 'expressions fort peu justes et même fort impropres... »
A quelques jours de là le cardinal Sforza prêta, ftn Dom de son maître, le serment de Tinvestiture, ci le pape reçut la haquenéc, tribut annuel du roi d'Espagne.
Betz avait si bien plaidé la cause du roi, quoiquTl n'eût en main qu'un dossier fort incomplet, que Lionne lui adressa des remercîments tout P^ï^iculiers par l'entreprise du duc de Chaulnes, le Nouvel ambassadeur du roi à Rome : « Sa Majesté, ^aaît-ii au duc, désire que vous disiez à tous mes- Meurs les cardinaux nationaux qu'elle vous a par-
liculièrcmcnt chargé de leur témoigner de sa p qu'elle leur sait beaucoup de gré de ce qu*ils fait paraître en ce rencontre pour le bien de service, mais principalement et avec une grande tinction pour M. le cardinal de Retz, lequel a t dirigé avec des lumières qui n'appartienneut (^ une suffisance comme la sienne ^ » Lionne ne contenta pas de ces compliments. Le même joim i voulut écrire au cardinal pour lui exprîmeKprofonde satisfaction que le roi avait éprouvée toute sa conduite si habile et si prudente dans ceaffaire.
« Monseigneur*, le roi a apporté une singulie attention à la lecture de Tample et importai dépêche de Votre Éminence du 15* de Tauti mois, et je Tai jetée dans mes papiers comme ui pièce, avec la précédente, à laquelle il faudra avoî recours, si jamais il est question de traiter avec W cour de Rome, au ailleurs, des droits du roi sur li royaume de Naples, tant de son chef que de cela ^ de la reine. Cependant je puis dire à Votre Emi-^^ neuce, pour sa satisfaction, que dans lalfaire où \% était question du renouvellement de Tinvestiture^ dudit royaume, que les Espagnols demandaient aiu^ pape, non-seulement il y a pas eu une seule cir-^* constance dans la conduite de Votre Eminence que ^ le roi n'ait fort approuvée et louée, mais que, dans-^ toutes les résolutions que Votre Eminence a prisée et fait prendre, à son exemple, à MM. les autrcîï^
* Lionne au duc de Chaulnes, ambassadeur de Louis XIV ^^ Rome, 10 juillet lOGO. T. XXVI de la Correspondance tle Lionnr's^
* 10 juillet. T. XXVI de la Correspoîi (lance de Lionne.