INVESTITURE DU ROYAUME DE NAPLES
Ut de la question ponr bien faire comprendre le rôle du cardinal de Retz dans cette affaire. Jeanne II, de la maison d'Anjou, reine de Naples, iûslilua pour son héritier René d'Anjou, et cette institution fut confirmée par la noblesse et par le peuple. En 4436, René d'Anjou reçut l'investiture (fu royaume de Naples des mains du pape Eugène IV, ^l choisit pour son successeur son neveu Charles d'Anjou, duc de Calabre et fils du comte du Maine. ^•nfin, Charles institua pour son héritier Louis XI, '^i de France, et tous ses successeurs rois de Franco. LéO royaume de Naples leur appartint jusqu'à François I", qui dut y renoncer pour lui et pour ses suc- ^ss€urs, en 1526, par le traité de Madrid*, en 1529, P*r le traité de Cambrai*, et en 1544, par le traité ^^ Crespy*. Henri II confirma cette renonciation P«U- le traité de Câteau-Cambrésis, en 1559 \ et "©un IV de nouveau par le traité de Vervins en *îi98*. Enfin cette même renonciation était impli- ^^tement contenue dans deux articles du traité des Pyrénées*, et il faut remarquer de plus que, dans *^ contrat de mariage de Louis XIV avec Maric- *hérèse, Philippe IV prit le titre de roi des Deux- ^•Cîiles et Louis XIV simplement celui de roi de *^^ance et de Navarre. Il est donc incontestable ^^^en 1665 le roi de France n'avait plus de droits
* Article 7.
^ Article 2.
* Article 12.
* Articles !•' et 7.
Article» !•', 22 et 30.
« Articles 89 et 108.
personnels sur le royaume de Naples, pt qu'il ne poiivaii iuvoqutïr que les droits évculucls do. lu reiuo Marie-Thérëse, provenant do lanulliLédn ses renonciations, dans son contrat de mariage, pat' suit» du non-payemout do la dot, nullité qui avait été prévue et stipulée pour cette cause.
Ce qui est incompréhensible, c'est que lo rardinai de Retz et M. de Bourlemont, en examinant cette question complexe, ne se soient pas doutés de l'existence de toutes ces renonciations depuis François I", et que Lionne, qui savait mieux que personne h quoi s'en tenir, n'ait pas jugé k propos de les éclairer sur ces points essentiels. Retz, dans les nombreux Mémoires qu'il lui adressait sur cette question, s'est excusé de son ignorance, en ce qui touchait les droits du roi, sur l'nhsence de tout document do ce genre dans les archives de l'ambassade. Mais on se demande comment il a pu négliger, à défaut des documents manuscnts, tant d« li%Tc» d'histoire imprimés qui lui eussent pliMucment fait connaître l'élat des choses. Malgré rette lacune si importante qui existe dans ses dépêches, ce qui est certain, c'est qu'il agit, dans toute cette afTaire de l'investiture, avec autant de prudence que d'habileté et qu'il n'abandonna jamais rien au hasard. Voici quelques-uns des fragments les plus intéressants de la correspondance de Hetz et de Lionne sur cette alTaire de l'investiture : « Il y a quinze jours, écrivait le cardinal an ministre le 33 décembre 1665', que je vous mandai l'avis que l'on m'avait donné
' T. XXII de la Corretpon'Iance ilt Lionne.