LA FRONDE PARLEMENTAIRE
Considérations générales sur la Fronde. — Retz a présenté sous un faux jour les tendances des premiers Frondeurs.
— Ce qu'il faut voir dans son prétendu libéralisme. — Préliminaires de la Fronde parlementaire dont les premiers symptômes se manifestent en 1647. — Rôle que joue Retz dans ces préliminaires. — Union des quatre compagnies souveraines. — Déclaration de la chambre Saint- Louis. — Manœuvres de Retz pendant les débats de la cour et du parlement. — Le 25 août, veille de la journée des barricades, Retz prononce devant la cour le panégyrique de saint Louis. — Esprit de ce panégyrique. — Mérite littéraire du prédicateur. — Journée des barricades.
— Retz est l'âme de l'insurrection. — Ses véritables mobiles. — Retz conçoit le premier la pensée de tendre la main à l'Espagne. — Il l'encourage à continuer la guerre et l'empêche de signer le traité de Westphalie. — Condé devenu l'arbitre de la situation. — Retz et Mazarin se le disputent. — Entretiens de Retz avec ce prince. — Son éloquence ne peut vaincre l'aversion de Condé pour le parlement. — Après le départ de la cour, Retz, mandé à Saint- Germain, fait organiser par ses aftidés une manifestation populaire qui l'empêche de sortir de Paris. — La guerre civile étant de nouveau déclarée, Retz cherche des alliés dans les rangs de la haute aristocratie. — Mme de Longueville, le prince de Conti, la Rochefoucauld, le duc d'Elbeuf, le duc et la duchesse de Rouillon se joignent à lui. — Il préside aux préparatifs de la lutte et il lève luimême un corps de troupes qu'on nomme le régiment de Corinthe. — Pour frapper l'imagination du peuple, il conduit triomphalement à l'hôtel de ville de Paris Mme de Longueville et la duchesse de Rouillon. — Il appelle à Paris le duc de Reaufort. — Conti, choisi par lui pour commander l'armée de la Fronde, inaugure son commandement par la prise de la Bastille. — Retz se conduit noblement envers Henriette de France, femme de l'infortuné Charles Ier. — La cour annonce la convocation des états généraux pour le 15 mars. — Retz garde un silence significatif sur cette convocation. — 11 se multiplie pour entretenir l'agitation des esprits par des prédications et par des pamphlets. — Il excelle dans cette guerre de plume. — La cour défend sa cause. — Pamphlets des deux
partis. — Légèreté des Frondeurs pendant le siège de Paris par l'armée de Condé. — Retz sort de Paris à la tète du régiment de Corinthe dont la déroute est plaisamment appelée la première aux Corinthiens. — Après le combat de Charenton, il cherche par toutes sortes de subterfuges à retarder le moment de la conclusion de la paix. — Son alliance avec le gouvernement espagnol. — Il ourdit une abominable intrigue pour compromettre le parlement dans cette alliance. — Ses conversations avec le duc de Bouillon qui veut recourir aux moyens violents contre le parlement. — Habileté qu'il y déploie. — Il finit cependant par y mettre le fond de son cœur à nu. — Retz ne peut empêcher le parlement de traiter avec la cour. — Il s'efforce vainement de faire de la paix générale la condition de tout accommodement. — Ne pouvant y réussir, il organise une émeute dans l'intérieur du palais. — Noble attitude de Mathieu Mole, très-bien appréciée par Retz lui-même. — Retz se résout à laisser faire la paix avec la cour, tout en ayant l'air de s'y opposer. — Négociations des généraux de la Fronde avec Mazarin. — Tandis que les généraux se disputent les libéralités royales, Retz se tient à l'écart. — Ce qu'il faut voir dans son apparent désintéressement. — Malgré la haine dont il est animé contre Mazarin, Retz s'oppose à ce que sa bibliothèque soit vendue à l'encan, et il réussit à la sauver. — Appréciation de la conduite de Retz pendant cette période de la Fronde. — Frappant contraste qu'elle forme avec celle de Vincent de Paul, son saint précepteur Pages 407 à 307.
LA FRONDE NOBILIAIRE. — PREMIERE EPOQUE. (De 1649 à 1651.)
Caractères particuliers de la Fronde nobiliaire. — Licence qui règne dans la capitale après la paix de Saint-Germain. — Excès des libellistes et folies des jeunes seigneurs de la Fronde que Retz est impuissant à contenir. — Scènes du jardin de Renard. — Retz reçoit un curieux message du
comte de Fuensaldagne. — Sa réponse à ce message singulièrement interprétée par M. de Saint-Aulaire. — Nouvelle alliance de Mme de Chevreuse et du coadjuteur. — Mlle de Chevreuse. — Différends de Mazarin et de Condé.
— Arrogance de ce prince. — Triste spectacle que présente la situation générale du pays. — Tous les gens de bien désirent que la cour rentre dans Paris. — Le coadjuteur veut se donner l'honneur d'un retour qu'il regarde comme inévitable et se présente à Compiègne. — Quand la cour est rentrée dans Paris, il va offrir ses hommages au roi à la tête de son clergé. — Les chansons continuent et les Frondeurs se montrent plus fiers que jamais. — Exigences incessantes de Condé. — Affaire des tabourets. — Retz essaye de mettre à profit ce nouveau ferment de discorde ; mais Mazarin fait comprendre à Condé qu'il faut céder.
— Condé comble bientôt la mesure en soutenant ouvertement le marquis de Jarzé. — Mazarin ayant de nouveau confié la direction des finances à d'Emery, les Frondeurs persuadent aux rentiers dénommer des syndics chargés de leurs intérêts. — Comédie imaginée par Retz pour exciter les esprits. — Prétendu assassinat de Guy-Joly. — Mystérieux événement du Pont-Neuf. — Accusation portée par Condé devant le parlement contre Retz, Beaufort etBroussel. — Habileté de Retz qui change cette accusation en triomphe.
— Sermon qu'il prêche le jour de Noël. — Piquante raillerie du duc de Beaufort sur le bréviaire de M. le coadjuteur. — La perte de Condé est résolue par la régente et par son ministre. — Anne d'Autriche a plusieurs entrevues avec Retz. — Retz obtient tout ce qu'il lui plait d'exiger pour ses amis; il ne demande alors rien pour lui-même. — Explication de sa conduite. — L'arrestation de Condé, du prince de Conti et du duc de Longueville est décidée. — Us sont emprisonnés à Vincennes. — Leurs amis cherchent à pousser les Parisiens à la révolte ; mais Retz a bien vite calmé l'effervescence populaire. — Lâche conduite du duc d'Orléans dans cette circonstance. — Accord apparent de Mazarin et de Retz. — Nouvelle Fronde. — Mme de Longueville. — Troubles en Guienne. — Entretien de Retz et de Mazarin à ce sujet. — Clémence de Maillé,
princesse de Condé, et le parlement de Bordeaux. — La mère de Condé et le coadjuteur. — Avant de partir pour la Guienne, Mazarin veut consolider son alliance avec les Frondeurs. — Retz se tient sur la réserve et se contente de gouverner sous le nom du faible Gaston. — Quelques particularités de la guerre de Guienne. — Revirement dans le parlement de Paris en faveur de Condé. — Le parlement intervient dans les affaires de Guienne. — Manœuvres des anciens Frondeurs. — L'impopularité les atteint, quand on les voit agir de connivence avec Mazarin. — Retz et Turenne. — Les princes sont transférés à Marcoussis, malgré l'opposition de Retz. — Discours que Retz adresse au duc d'Orléans sur la translation des prisonniers. — Mazarin rentre à Paris très-irrité contre Retz, à cause des cabales qui ont eu lieu pendant son absence. — Difficultés de la tâche que Retz avait à remplir après son alliance avec la cour. — Le caractère du duc d'Orléans ajoutait encore à ces difficultés. — Retz tente d'emporter d'assaut la barette rouge; elle lui est refusée. — Il rompt ouvertement avec Mazarin et tend la main aux partisans de Condé. — Il se concerte avec Anne de Gonzague, après avoir obtenu l'approbation du duc d'Orléans. — Il travaille à opérer la coalition des deux Frondes dans le parlement. — Il y détruit l'heureux effet produit par la victoire de Rhétel. — Apre langage de Mathieu Mole qui, au nom du parlement, plaide auprès d'Anne d'Autriche la cause des prisonniers. — Les libellistes qui reçoivent de Retz le mot d'ordre ne restent pas inactifs. — Apologie des Frondeurs , pamphlet attribué par Orner Talon au coadjuteur. — Anne d'Autriche se voit contrainte de promettre la liberté des princes. — Mazarin fournit lui-même à ses ennemis l'occasion de lui porter un coup mortel. — Retz en profite. — Accusé à son tour devant le parlement de menées coupables, il se tire d'embarras par sa merveilleuse présence d'esprit. — Tout conspire contre Mazarin. — Arrêt du parlement qui le bannit, mais qui, pour Retz, dépasse le but en excluant du ministère les cardinaux. — Mazarin se détermine à sortir de Paris. ■ — Pour empêcher Anne d'Autriche d'aller le rejoindre à Saint-Germain avec le jeune roi, Retz fait en-
vahir le Palais-Royal par le peuple. — Malheureuse tentative de Mazarin pour se réconcilier avec Condé. — Les princes sortent de prison, et le coadjuteur va au devant d'eux jusqu'à Saint-Denis. — Pamphlets odieux ou ridicules par lesquels les ennemis de Mazarin célèbrent leur victoire Pages 307 à 41 6