PREMIÈRE PARTIE
RETZ AVANT LA FRONDE
(De 1614 à 1647.)
Naissance de Retz. — Sa famille. — Son éducation. — Ses premières tendances. — Ses premiers travaux littéraires. — Vie de César. — Histoire de la conjuration de Fiesqae. — Retz s'y révèle tout entier dès l'âge de dix-sept ans. — Forcé d'entrer dans le sacerdoce malgré lui, il cherche à s'y distinguer. — Ses succès en Sorbonne et dans la chaire chrétienne. — Il débute avec éclat comme prédicateur en présence de toute la cour. — Il porte ombrage à Richelieu, et sa famille le fait partir pour l'Italie. — Noble conduite qu'il tient à Rome. — Rentré en France, il s'associe bientôt aux mécontents et prend part à une conspiration contre Richelieu dans laquelle il ne s'agit de rien moins que d'assassiner le cardinal. — Quelques réflexions sur le système de ce grand ministre. — Cette première conspiration ayant échoué, Retz en ourdit une autre de concert avec le comfe de Sois-
sons et Mme de Chevreuse. — Ses menées au sein de la capitale. — La mort du comte de Soissons déjoue les plans des conjurés. — Fixé pour toujours dans l'état ecclésiastique, Retz vise à l'archevêché de Paris. — Il soutient une controverse contre le ministre protestant Mestrezat et il opère une conversion. — Il ne réussit pas néanmoins à dissiper les préventions fâcheuses que Richelieu avait conçues contre lui. — Après la mort de Richelieu, Louis XIII accueille Retz avec bienveillance ; causes de cette bienveillance. — Retz est nommé coadjuteur de l'archevêque de Paris par Anne d'Autriche, devenue régente, à qui Louis XIII l'avait recommandé en mourant. — Mazarin, premier ministre. — Complot des Importants. — Retz refuse d'y participer, à cause de la faveur qu'il venait de recevoir. — Il se prépare à son sacre par une retraite au séminaire de Saint-Lazare. — Affligeante révélation qu'il nous fait lui-même des sentiments dont il était animé. — Ses tristes confessions comparées à celles de saint Augustin. — On le voit constamment préoccupé du soin de sa popularité, dès qu'il est installé coadjuteur de son oncle. — Il commence bientôt à inspirer de la défiance à Mazarin. — Assemblée du clergé de 1645. — Part que Retz y prend. — Dans plusieurs circonstances, il a de sérieux démêlés avec Mazarin. — Retz est chargé par l'assemblée du clergé de haranguer le roi avant la clôture de la session. — Cette harangue est d'une vigueur qui va jusqu'à l'audace. — Mazarin en est justement blessé. — Profonde inimitié qui divise les deux rivaux. — Tableau de la situation de ia France pendant les quatre premières années de la régence d'Anne d'Autriche Pa^es 9 à 105