L EXIL. — LE CHAPEAU DE CARDINAL
(Avril 1G17. — Avril 1624)
Après la mort de Concini, Richelieu n'avait pas hésité à se réunir aux nouveaux ministres ; mais il reçut du Roi l'ordre de se retirer et de ne plus « s'entremettre de ses affaires ». il dut se résigner à suivre la Reine-Mère dans son exil à Blois, attendant avec sa protectrice des temps meilleurs pour eux.
La présence d'un homme de la valeur de Richelieu auprès de Marie de Médicis inquiéta bientôt Louis XIII et M. deLuynes; aussi l'évèque de Luçon reçut-il l'ordre de quitter Blois et de se retirer dans son diocèse. Il alla passer quelque temps dans son prieuré de Coussay, et s'occupa activement de controverse. Quatre ministres protestants ayant publié un ouvrage sous le titre de : la Défense de la confession des églises réformées de France, en réponse à un se?"mo?i prononcé devant le Bol par le P. Arnoux, Richelieu répondit à l'ouvrage des protestants par un livre intitulé : les Principaux Points de la foi de r Église catholique défendus contre l'écrit adressé au Roi
par les quatre ministres de Charenton\ lequel livre plaça l'évêque deLuçon au premier rang des controversistes* En septembre 4617, il écrivit au Roi :
Sire, je ne manquerai pas d'observer religieusement les commandements de V. M.; je les ai reçus en ce lieu, où j'ai été retenu jusqu'à présent par un travail que j'ai entrepris contre l'hérésie. En quelque part que je sois, V. M. recevra des preuves de mon affection et de ma fidélité, n'ayant jamais eu ni ne pouvant avoir autre but devant les yeux que son service. Je sais bien, Sire, que quelques-uns qui me veulent moins de bien que la sincérité de mes intentions ne le requiert, tâchent de vous persuader le contraire ; mais je suis assuré que, V. M. daignant considérer mes actions, ils ne viendront pas à bout de leur dessein.
Lors, Sire, qu'il vous plut prendre le gouvernement de votre Etat, V. M. me fit l'honneur de rendre de moi les témoignages qu'un fidèle serviteur devait attendre de son maître. Ensuite elle me commanda de suivre la reine sa mère, pour demeurer près d'elle. Y étant, quelques-uns qui avaient dessein de m' éloigner de la confiance qu'elle me faisait l'honneur de me témoigner, tâchèrent de lui persuader qu'elle se devait défier de moi, parce, disaient-ils, que j'élais trop passionné pour le service de V. M. et pour ceux qu'elle aime le plus3; mais tant s'en faut qu'ils pussent parvenir à leurs fins, qu'au contraire la reine votre mère, n'ayant autre intention que de vivre en repos sous votre obéissance, s'affermit davantage par cette rencontre à me vouloir du bien et à se confier en moi.
Quelque temps après, ces personnes eurent recours à d'autres moyens et entreprirent de me rendre suspect à ceux