‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 130 sur 203 · Gazette, 1635, p · texte numérisé non relu

Gazette, 1635, p

i. Histoire <Ui Théâtre français.

et quand, après quelques aventures invraisemblables, tout se découvre, Aglante et Cléonicc se marient.

Voltaire ' raconte, à propos de cette comédie, que le Cardinal avait arrangé lui-même toutes les scènes de la comédie des Tuileries. « Corneille, plus docile à son génie que souple aux volontés d'un premier ministre, crut devoir changer quelque chose dans le troisième acte qui lui fut confié. Cette liberté estimable fut envenimée par deux de ses confrères, et déplut beaucoup au Cardinal, qui lui dit qu'il fallait avoir un esprit de suite. Il entendait par esprit de suite la soumission qui suit aveuglément les ordres de ses supérieurs ». C'est. peut-être l'origine du mauvais vouloir de Richelieu envers Corneille.

L'année suivante, 1636, le 27 janvier, Richelieu donna à la Reine, à Gaston, à Mademoiselle, au prince et à la princesse de Condé, à la comtesse de Soissons, à la duchesse de Lorraine et à toute la Cour, la représentation de la Cléoriste, comédie de Baro, jouée par la troupe de Bellerose. « Après la comédie, il y eut ballet entrelacé d'une double collation : l'une, des plus rares fruits; l'autre, de confitures, que dix-huit pages dansant présentèrent, en de petits paniers, tous chargés de rubans d'Angleterre tissus d'or et d'argent, aux seigneurs qui les distribuèrent aux dames" ».

Le 5 février suivant, on joua une seconde fois la Cléoriste, devant le Roi, !a Reine et toute la Cour. Les

Page 1