De rassemblée du Clergé
la France, « le plus magnifique ballet dont on ait mémoire », dit la Gazette1.
Leurs Majestés, le nonce et les ambassadeurs, toute la Cour, après avoir assisté, au Louvre, au contrat de mariage, se rendirent au Palais-Cardinal et assistèrent au ballet, après lequel il y eut un grand bal « dont la magnificence et les présents faits à la Reine, aux princesses et aux dames, répondirent à tout le reste ». On lit dans les Mémoires de l'abbé de Marolles2, qui assista à cette brillante soirée :
Quelque temps après (Mivame), on dansa le ballet de la Prospérité des armes de la France, où les mêmes machines de la comédie furent employées, avec de nouvelles inventions, pour faire paraître, tantôt les campagnes d'Arras et la plaine de Casai, et tantôt les Alpes couvertes de neiges, puis la mer agitée, le goufre des enfers, et enfin le ciel ouvert, d'où Jupiter, ayant paru dans son trône, descendit sur la terre... Ce ballet, avec toutes ses machines et toute sa magnificence, ne fut pourtant pas une chose si ravissante qu'on se le pourrait imaginer, parce que l'invention n'en fut pas exactement suivie et que les habits et les actions de plusieurs danseurs ne se trouvèrent pas assez convenables au sujet, outre que les chars de triomphe qui s'y présentèrent n'étaient traînés de rien, contre la vraisemblance, bien que cela se put faire fort aisément. Les récits de l'Harmonie, de l'Italie, d'Apollon et des Muses furent assez agréables ; mais ce qu'il y eut de plus exquis furent les sauts périlleux d'un certain Italien, appelé Cardelin, qui représentait la Victoire en dansant sur une corde cachée d'un nuage, et parut s'envoler au ciel.