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Lettres et papiers d'État, III

qui ne furent payées qu'en 1633 et années suivantes'. Ce petit château ne pouvait suffire au Cardinal, qui le fit rebâtir, augmenta la propriété, y fit de nombreux embellissements, de splendides jardins, et finit par y dépenser 772,000 livres, auxquelles il faut encore ajouter les 250,000 livres que la duchesse d'Aiguillon, devenue propriétaire de Ruel, y dépensa à son tour.

Tout étant complètement détruit aujourd'hui, à Ruel, ce sont les Estampes de Perrelle, d'Israël Sylvestre et d'Aveline, qui seules peuvent nous permettre de revoir la résidence favorite du Cardinal. C'est encore au Cabinet des estampes qu'il faut aller pour retrouver Ruel ainsi que tant d'autres merveilles de l'ancienne France, puisque, dans ce singulier pays, héritiers, architectes, ingénieurs, révolutions, détruisent tout sans pitié.

Le château, construit par Le Mercier, était entouré de larges fossés. Il se composait d'un étage avec attique et mansardes. Du côté du jardin, entre les deux ailes en avant-corps, et à hauteur du premier étage, il y avait une terrasse avec balcon. Quant aux appartements et à leur ameublement, nous ne savons rien, sinon que Vouet y avait fait des peintures2.

Les auteurs anciens qui ont parlé de Ruel n'ont laissé de détails que sur les jardins, dont la beauté était renommée. « Les eaux, dit d'Expilly, en étaient fort belles ». Le premier qui ait célébré les jardins de Ruel

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