Lettres et papiers d'État, IV, 305, note
est le père Rapin1 : «Voyez, dit-il, le parc de Ruel, ce monument de la munificence du grand ministre ; il s'occupait à l'embellir, pendant que, chargé du poids des affaires, il tenait dans ses mains les rênes de l'État» . Le jardin, selon Piganiol de la Force, était dans le goût italien et des plus magnifiques. Au bout des parterres de broderies et de leurs ronds d'eau ou bassins, se trouvaient la cascade, le canal et enfin le parc. Partout les plus beaux arbres, des statues, des bassins avec jets d'eau, et çà et là l'orangerie, la vieille grotte, la grotte de rocaille, la grande grotte, l'arc de triomphe, la perspective, la grande cascade et de nombreuses pièces d'eau entourées de hautes charmilles ou de beaux treillages.
L'orangerie était très belle; c'était un grand corps de bâtiment, où l'on entrait par un pavillon carré, le tout décoré d'un grand ordre dorique2.
Les grottes étaient alors fort à la mode. Ruel en avait trois. La vieille grotte, d'un bel effet, représentait un rocher, au milieu duquel était une caverne. « On trouve, dit Piganiol, dans ce petit antre de quoi s'amuser. Lorsqu'on veut mouiller quelqu'un, il sort de terre une infinité de petits jets d'eau ; des figures de bêtes de toutes les espèces soufflent l'eau de tous les côtés ; et quand on veut sortir pour éviter toutes ces eaux, les portes se trouvent fermées par de grosses gerbes d'eau ; et après être sorti de cette grotte , on