Hortorum libri quatuor, Cramoisy, 1666, iu
2, Piganiol de la Force.
trouve encore d'autres figures qui achèvent de mouiller ceux qui ont passé au milieu de tous ces effets d'eau ». — La grotte de rocaille, d'ordre toscan, se composait d'un enfoncement fait en niche, accompagné de chaque côté de deux colonnes et d'une niche. — La grande grotte, située à l'un des bouts du canal, se composait d'un corps d'architecture consistant en un avant-corps et deux arrière-corps, décorés de niches, de fontaines, de statues et de bas-reliefs, le tout terminé par un entablement toscan.
L'arc de triomphe, dont l'arc du Carrousel semble être la reproduction, était situé près de l'orangerie. Il se composait de trois portes, celle du milieu étant fort exhaussée. Il était décoré de quatre colonnes d'ordre corinthien, de bas-reliefs, de sphinx, de médaillons, de niches, de statues et de trophées.
La perspective, due au pinceau du célèbre Jean Le Maire, était des plus belles : le ciel y était peint avec des couleurs si naturelles, qu'on assure, dit Piganiol, qu'il y a eu plusieurs oiseaux qui s'y sont trompés, et qui croyant voler en plein air s'y sont tués ou tout au moins cassé le bec. La perspective était à droite et à gauche de l'arc de triomphe.
Gomme l'indique son nom, la grande cascade était fort considérable : elle se composait de marches, au haut desquelles il y avait trois fontaines ; le bas était terminé par une balustrade d'un très bel effet. Le tout orné de statues.
De toutes les pièces d'eau, celle du Dragon avait le plus de renommée. Au milieu d'un bassin dont
les eaux formaient cascade, un dragon sur son piédestal lançait, à l'occasion, un jet d'eau horizontal qui mouillait les visiteurs auxquels on voulait faire une surprise.
Toutes les eauxdeRuel étaient d'une grande pureté. Le Cardinal avait fait capter les sources des plateaux de Buzenval et de Garches; on avait amené leurs eaux à Ruel à l'aide de galeries souterraines, qui conduisent encore aujourd'hui les eaux aux fontaines de Ruel'.
Dès 1624, le château de Ruel était le théâtre d'unévénement digne d'être rapporté. La disgrâce de M. de la Vie u ville y fut résolue entre Louis XIII et sa mère*. — En 1632, le maréchal de Marillac fut jugé au château de Ruel. La terreur des juges était grande, Marie de Médicis et Gaston pouvant reprendre un jour le pouvoir et se venger. « Richelieu prit sur lui le danger possible et futur. Il rassura les juges en leur laissant l'excuse de pouvoir dire plus tard, s'il le fallait, qu'il les avait forcés. Il fit faire le procès chez lui-même, à Ruel3 ». Le maréchal fut condamné comme prévaricateur : il était coupable en effet d'avoir pris pour lui l'argent destiné aux vivres de l'armée. De Ruel le condamné fut conduit à Paris, où il fut décapité en Grève, le 10 mai 1632, devant plus de cent mille Parisiens.
Quand le Roi et la Cour étaient à Saint- Germain, le Cardinal, pour se rapprocher du Roi, venait à Kuel.
1. Ces galeries sont soigneusement entretenues par la municipalité.