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Le directeur, le chancelier, le secrétaire perpétuel

2. Aux États-Généraux, à l'Assemblée des Notables, au Parlement, le Cardinal avait eu l'occasion de prononcer divers discours, qui lui avaient fait une véritable réputation d'orateur.

de civilité, de majesté et de douceur, qu'il les ravit tous en admiration.

11 se fit laisser les statuts pour les voir et les renvoya quelque temps après, les ayant tous approuvés et signés, à la réserve d'un seul qui lui sembla trop à son avantage, par lequel chacun des académiciens promettait de révérer la vertu et la mémoire de Monseigneur leur Protecteur. Il désira que cet article fût ôté, et la Compagnie ordonna qu'il le serait, pour obéir à S. Ém., mais qu'il en serait fait mention dans les registres.

Il sera encore bon de remarquer ce qui se passa au remerciment que lui alla faire M. de Vaugelas, sur ce qu'il lui avait plu de lui commettre le principal soin du nouveau dictionnaire français, et de lui faire pour cela rétablir une ancienne pension de 2,000 livres dont il n'était plus payé. Car on dit que le voyant entrer dans sa chambre, il s'avança avec cette majesté douce et riante qui l'accompagnait presque toujours, et lui dit : « Eh bien, Monsieur, vous n'oublierez pas du moins dans le dictionnaire le mot de Pension ». Sur quoi Vaugelas, lui faisant une profonde révérence, lui repartit, avec autant de présence d'esprit que de ressentiment : « >>'on, Monseigneur, et moins encore celui de Reconnaissance ».

Dans l'opinion qu'il avait que les Lettres ne contribuaient pas moins à la réputation d'un État que les Armes faisaient à sa sûreté, il ne put souffrir qu'un Français comme M. de Saumaise1 fût l'ornement des pays étrangers, et qu'il y rendit le service qu'il devait à sa patrie. C'est pourquoi lui ayant fait offrir de grands appointements, en cas qu'il voulut revenir en France, l'on croit que M. de Saumaise les eût infailliblement acceptés, s'il eût pu être assuré de la continuation de la fortune et de la vie de notre Mécénas.

1. Un des grands érudits du xvue siècle ; il s"étaitfixé à Leyde à eau "pinions religieuse. .Mort eu I608.

Il ne savait point de personnes signalées, soit en la poésie, en l'histoire ou dans quelque art que ce fût, qu'il ne fût bien aise d'obliger, et à qui elfectivement il ne donnât 400, 600, 900, 1,000 et jusqu'à 1,200 livres de pension. J'en ai recouvré une liste assez exacte et y ai remarqué entre plusieurs autres MM. de Silhom, Chapelain, Faret3, Scudéryi, Colletet3, Baroe, Rotrou7, L'Esloile8, Tristan9, Corneille io, Benserade1', La Molhe le Vayer12, Du Chêne13, Mézerai'1, Durel15, Baudier16. Et certes, si autrefois les Lacédémoniens avant que de combattre sacrifiaient aux Muses, afin que leurs beaux exploits fussent dignement ('nits, il semblait que notre Cardinal eût à peu près la

1. Littérateur distingué et conseiller d'État, mort eu 1667. L'un des membres de l'Académie française.

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