‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 181 sur 203 · Labilis, fragile, fugitive · texte numérisé non relu

Labilis, fragile, fugitive

2. Renaudot écrivait ceci au moment où Richelieu faisait signer la paix entre la Suède et la Pologue, et allait lancer Gustave- Adolphe sur l'Autriche.

Ainsi V. M. va prendre le même plaisir (mais a meilleur titre) qu'autrefois Énée se voyant mêlé parmi les autres princes, dans les tableaux que je vais peindre de ses victoires, et ce pendant lui offrir en toute humilité ce recueil de toutes mes Gazettes de cette année, laquelle je finirai par mes prières à Dieu, qu'autant que sa protection est assurée à cet État, elle accompagne partout V. M., qui en est la vie et le bonheur inséparable. Sire, ce sont les vœux et l'espérance de cinquante millions d'àmes1, et entre elles

Du très humble, très fidèle et très obéissant serviteur et sujet de Votre Majesté,

Théophkaste Renaudot.

Richelieu et Louis XIII dirigeaient réellement la Gazette; ils donnaient leurs ordres à Renaudot pour parler ou pour se taire2.

En 1636, le Roi lui ordonne de ne rien dire de ce qui se passait à Corbie, qu'il assiégeait ; en effet, Richelieu travaillait à un mémoire sur ce siège, et le Roi devait le corriger3. Le mémoire parut le 15 novembre 1636 dans la Gazette. Le numéro du 17 août 1640 contient une relation succincte du siège d'Arras. qui est aussi l'œuvre du Cardinal*. En 1610, Renaudot adressa une requête au Roi3 pour le prier de commander à ses généraux et officiers de le tenir mieux averti. Il espère, dit-il, que le Roi, qui fait tant d'actions dignes de' l'immortalité, ne refusera pas les moyens nécessaires pour

Page 1