‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 186 sur 203 · Lettres et papiers d'État, VU · texte numérisé non relu

Lettres et papiers d'État, VU

ennemis avec la môme assiduité et la même énergie, ne se laissant jamais abattre. Louis XIII allait souvent tenir le conseil chez le Cardinal, autant pour lui épargner une fatigue que ses incommodités auraient rendue plus grande, qu'afin d'être plus libre1. En 1629, Richelieu a des fièvres d'accès, qui étaient alors si fréquentes. On voit, quand il demandait à se retirer, en 16292, à cause de sa santé, que ce motif était sérieux. En 1632, il fut atteint de la gravelle, à Bordeaux, et faillit en mourir. Un chirurgien de cette ville, nommé Juif, avait le secret de faire des sondes en bougie de cire cannelée : il sauva le Cardinal en faisant cesser la rétention d'urine. Un abcès, la fièvre, des rhumatismes qui le faisaient souffrir en même temps que la gravelle ne disparurent qu'à la fin de l'année, mais la gravelle et les rétentions d'urine le tourmentèrent encore plus d'une fois.

Les veilles et les travaux d'esprit rendirent malade le Cardinal, en octobre 1633, pendant qu'il était en Champagne, mais la maladie n'arrêta pas un instant son travail. « De sorte, dit la Gazette, que les ennemis de la France n'ont guère à choisir de le voir sain ou malade ». Louis XIII se montra fort en peine de l'état de son ministre et plein d'affection pour lui: il lui envoya un chirurgien qui le guérit d'un coup de lancette, et quand le Cardinal rétabli put revenir à Ruel, le Roi alla au-devant de lui (3 janvier 1634), à Rochefort,

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