Depuis cardinal de Sourdis et amiral
2. Les soldats étaient payés tous les neuf jours avec un fort bon ordre (Lettres et papiers d'État, II, Toi).
3. De la grande place de Saint-Martin de Ré, qu'ava it iK'fendue si vaillamment le maréchal de Toiras.
ville fut entourée de lignes de circonvallation de 16 kilomètres d'étendue. La place était imprenable autrement que par la famine et se défendit longtemps. Louis XIII, fatigué et ennuyé de ce long blocus1, laissa le commandement à Richelieu en lui donnant les pouvoirs les plus étendus, avec le titre de général de l'armée du Roi devant la Rochelle et provinces circonvoisines.
Excepté ses aides de camp tirés du clergé, quelques rares généraux et quelques officiers, tout le monde n'avait dans le service qu'une mollesse et une lenteur qui étonnaient et irritaient le Cardinal ; il avait beau les presser, les exciter, beaucoup n'apportaient pas plus d'activité à l'accomplissement du devoir. C'était alors comme de nos jours : aller ferme de l'avant et sans relâche est le privilège de quelques généreux esprits, intelligents et dévoués ; le reste est toujours disposé à prendre la moindre difficulté pour une impossibilité.
Pendant toute sa vie, Richelieu ne trouva pas de plus grande difficulté à vaincre que de faire marcher les généraux, de les décider à agir et à accomplir entièrement leur lourde tâche. Pour réussir, il faut que Louis XIII soit présent et ordonne. Le Cardinal l'accompagne, veillant sur tout, pressant tout le monde, et sans cesse, ne craignant pas de dépenser ce qui est nécessaire, et ordonnant une fois de faire une chose « à graisse d'argent* ».
1. Voir plus loin la mercuriale que Richelieu adresse à sou maître sur ce départ malencontreux.