Lettres et papiers d'État, VI
Au siège de Corbie (1036), il écrit qu'il a été «chasseavant », c'est-à-dire, ajoute-t-il, capable de faire en un jour, par diligence, ce qui d'ordinaire ne se fait qu'en deux ou trois. Au siège du Câtelet, il déploie la même activité. Quand la maladie l'empêche d'aller aux armées surveiller les opérations, il y envoie des hommes sur qui il peut absolument compter : M. de Marcillac, évêque de Mende, général des munitions du Roi, homme très actif; M. de Beauvau, évêque de Nantes, chargé surtout des approvisionnements2; l'évêque d'Auxerre, avec mission de hâter les travaux du siège de Hesdin5. Un autre évêque est envoyé auprès du vieux maréchal de Châtillon « devenu immobile4 ».
Richelieu avait le génie de la guerre ; à coup sûr il eût fait un grand général. En 1639, il écrit au cardinal de la Valette, qui commandait avec beaucoup de succès l'une de nos armées : « Souvenez-vous, je vous supplie, que la diligence, la fermeté aux résolutions et la hardiesse à exécuter sont l'âme des affaires de la guerre r' ». Toute l'essence de l'art de la guerre est dans ces quelques mots. Le Cardinal complète sa pensée dans un mémoire écrit en 16396. Il examine toutes choses, prévoit tout, afin d'éviter d'être surpris par